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Virus préhistorique : Future menace ?

L’année 2020 a été marquée par la pandémie de la Covid, virus meurtrier et pour cause les scientifiques ne cessent d’affirmer que leurs connaissances globales en biologie sont incomplètes tant la Terre a de mystères encore non trouvés. Avant cette catastrophe sanitaire, d’autres virus ont été découverts par des chercheurs français. Étions-nous prévenus ?


Le virus Pithovirus sibericum © 2021 KALMBACH MEDIA CO.

Plus les technologies évoluent, plus les chercheurs sont en mesure de découvrir de nouvelles choses dont notamment des virus. Si la grippe espagnole (de 1918 à 1919, qui en réalité vient d’Asie, a fait entre vingt et trente millions de victimes) ou encore la grippe asiatique (de 1956 à 1958 est la deuxième pandémie la plus meurtrière avec trois millions de morts dans le monde) semblent bien loin, nous comprenons malgré tout que nous ne sommes en rien immunisés contre de nouveaux venus microscopiques. La dernière pandémie en date faisait encore des victimes en 1968 et 1969, appelée la grippe de Hong-Kong, qui n'est pas sans rappeler l’origine de la Covid actuelle. Toutefois, cette dernière marque un passage important de notre Histoire : l’arrivée des premiers vaccins antigrippaux efficaces.


Les virus tendent à muter ce qui rend le travail bien difficile pour les biologistes; en parallèle, ces virus ne cessent de se transformer en maladies mortelles.


Mais bien avant que la première pandémie du XXIème siècle n'apparaisse, une équipe de chercheurs franco-russes ont trouvé un virus préhistorique sous la glace. En 2014, ils ont découvert un virus géant, appelé Pithovirus sibericum, gelé en Sibérie dans le pergélisol (permafrost en anglais, soit de la glace permanente comme on peut en voir en haute altitude par exemple) de trente mille ans. Il serait quinze fois plus gros que le virus de la grippe classique (si gros que les chercheurs peuvent le voir au microscope optique). Un an plus tôt, la même équipe trouvait un virus baptisé “pandoravirus” qui est maintenant à peine plus petit mais de la même forme que cette découverte préhistorique. Ils ont voulu savoir s’ils pouvaient le sortir de sa léthargie et, effectivement, il s’est bien attaqué à un hôte (une amibe, soit un être vivant unicellulaire) compatible. Ce virus, grâce à la glace, a pu survivre et peut donc infecter à nouveau à température ambiante.


Cela soulève une nouvelle problématique concernant le réchauffement climatique entraînant ainsi la fonte massive des glaces mais la question principale reste : peut-il s’attaquer à l’humain ? D’après les chercheurs, ce virus ne fait pas le malin face à des cellules humaines de grande taille, donc celui-ci ne semble pas dangereux pour nous comme pour les animaux. Ceci-dit, l’équipe franco-russe reste prudente; il n’est pas impossible que lors de futurs exploitations minières et énergétiques des régions circumpolaires des virus dangereux soient réveillés. La résurgence de virus potentiellement endormis pourraient contaminer des travailleurs sur place qui deviendraient alors des vecteurs.


"Ce scénario n'est désormais plus du domaine de la science-fiction" d’après les chercheurs du CNRS (Centre national de la recherche scientifique)


Le laboratoire “information génomique et structurale” surveille cette probabilité et effectue des études métagénomiques du permafrost afin d’éviter un scénario catastrophe. Un professeur de microbiologie affirme qu’il est peu probable que cela arrive sauf si un être humain infecté est découvert mais, dans tous les cas, la situation sera maîtrisée à temps. Il a toutefois été remarqué ces dix dernières années que des mammifères sont victimes de certaines bactéries découvertes uniquement dans ces régions-là. Ainsi les rennes domestiques dans le grand Nord sont, lors des étés particulièrement chauds, victimes de la maladie du charbon. Ou encore la mort de plusieurs centaines de phoques dans l’Atlantique Nord serait dû à une souche du protozoaire Sarcocystis (parasite infectant les mammifères, reptiles et oiseaux).


Les signaux d’alerte concernant le réchauffement climatique sont d’autant plus importants aujourd’hui voyant à quel point nous ployons facilement face à une pandémie. Les scénarios fous des films de science-fiction ne sont plus des fables ; il est tout à fait possible qu’une menace se cache sous la glace.


- Patricia