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Une apparition dans votre miroir : la légende de Bloody Mary

Dernière mise à jour : 26 mai 2019

Souvenez-vous d’une histoire qui vous a probablement glacé le sang lorsque vous étiez enfant, vous obligeant à ne plus jamais vous retrouver seul devant un miroir. Cette histoire, c’est celle de Bloody Mary, une jeune femme qui apparaîtrait aux infortunés qui l’appellent.


Cette légende puise son origine dans le folklore occidental. Comme toutes les légendes, elle fut racontée à l’oral pour effrayer les plus petits. Elle s’est donc transformée au fil du temps et les versions de cette histoire peuvent varier. De plus, il en existe des variantes dans différents pays comme par exemple au Japon, où on raconte qu’un fantôme, nommé Hanako-San, hante les toilettes publiques et les salles de bains.


Le récit le plus connu qui met en scène Bloody Mary ou "Marie la sanglante", la présente comme une femme effrayante qui apparaîtrait à ceux qui l’appellent. Selon la légende, la personne qui voudrait l’invoquer devrait se retrouver seule devant le miroir de sa salle de bain éclairée seulement aux chandelles. Ainsi, il suffirait de fixer le miroir et de répéter « Bloody Mary » trois fois pour qu’elle se manifeste. Une autre version voudrait que l’on répète son nom treize fois, en tournant sur soi-même après chaque interpellation et en haussant la voix à chaque fois, jusqu’à crier. Apparaîtrait alors une femme terrifiante, dont le visage et les mains seraient recouverts de sang.


La légende liée au rituel pourrait tirer son origine d'une croyance du XXe siècle. En effet, on racontait qu'en se trouvant devant un miroir à la seule lueur d'une chandelle, une jeune femme pourrait voir le visage de son futur époux. En revanche, elle pourrait aussi voir apparaître une sorcière, ce qui voudrait dire qu'elle allait mourir avant son mariage. Cette croyance a été popularisée avec des cartes d'Halloween représentant le rituel.


Certains décrivent l'apparition comme une femme non violente et répondant seulement aux questions qu'on lui pose, sur son identité ou d'autres aspects de sa vie passée. Pour qu'elle continue de s'adresser à nous, il faudrait éviter de la regarder et fixer notre propre reflet dans le miroir. D'autres racontent en revanche qu'elle pourrait être très violente. En effet, en la provoquant avec la phrase « Marie, j'ai tué ton bébé », elle entrerait dans une rage folle et irait jusqu'à tuer la personne qui l'a appelée.


Quelle que soit la version de la légende, la mort de Marie est toujours apportée comme étant terrible. Ce serait d'ailleurs pour cela qu'elle continue de hanter les miroirs. On raconte alors qu'elle serait une mère infanticide, une femme morte en couche, une sorcière brûlée sur le bûcher…


Une autre légende raconte qu'il y a fort longtemps, Marie était une jeune femme atteinte d'une maladie incurable et extrêmement contagieuse : la diphtérie. Son père, le docteur Mumford, aurait tout tenté pour la soigner, en vain. Commençait alors à se répandre la rumeur que sa fille était une sorcière. Le père décida donc d'enterrer sa fille, vivante, pendant son sommeil. Alors que la mère de Marie était inquiète pour son enfant, elle décida d'attacher une cloche à son poignet, le reliant hors de la tombe. Ainsi, si la cloche bougeait, cela voudrait dire que sa fille s'était réveillée et on pourrait tenter de la sortir de terre. Mais la mère s'endormit sur la tombe pendant la nuit. Le lendemain matin, voyant que la cloche avait bougé, le docteur Mumford s'empressa de creuser pour sortir sa fille de sa sépulture. Lorsqu'il la déterra, il eut l'horrible vision des mains ensanglantées de Marie : à force de gratter sa tombe pour tenter de sortir, elle s'était arraché les ongles…


On peut aussi noter que Marie la Sanglante était également le surnom de Marie Tudor, reine d'Angleterre de 1553 à 1558. Celle-ci faisait régner la terreur par ses tentatives de restaurer la catholicisme suite au règne protestant de son demi-frère. Elle mena alors des persécutions religieuses où plus de 280 réformateurs furent brûlés vifs. Ce fut une répression très brutale et violente qui lui valut le surnom de « Bloody Mary ». De plus, les provocations concernant son bébé pourraient avoir un rapport avec le fait que Marie Tudor n'arrivait pas à avoir d'enfant pendant toute la durée de son règne. Elle enchaînait en effet les grossesses nerveuses et les fausses couches, certainement dues au stress de son règne.


Bien que cette légende soit ancrée dans le folklore depuis des décennies, ce sont ses adaptations au cinéma qui l'ont re-popularisée. On peut évoquer le film Candyman réalisé en 1992 par Bernard Rose. Dans ce film, Bloody Mary est remplacée par un homme surnommé Candyman qui apparaît dans le miroir de la personne qui l'appelle cinq fois de suite. Cet homme, un crochet à la place de la main, terroriserait la cité de Cabrini Green, un ghetto livré aux gangs et à la pauvreté, tuant principalement des femmes et des enfants. Cette affaire intéresse alors deux étudiantes, Helen Lyle et Bernadette qui rédigent leur thèse sur les légendes urbaines, elles vont donc enquêter sur cette partie de la ville…



Vous l'aurez compris, il n'a jamais été prouvé que cette légende soit vraie ou pas. On peut en effet apporter des preuves rationnelles à ces visions dans le miroir. Le fait de tourner en rond plusieurs fois, dans une faible luminosité peut parfois donner l'impression que notre propre reflet soit transformé. Seuls les plus audacieux sauront dire si la légende est réelle...


Constance