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The Cecil Hotel : The NIGHT KILLER. #3

(Attention cet article dépeint des crimes et des violences sexuelles très violentes)



Durant l’année 1985, la ville de Los Angeles est secouée par un vent de panique alors qu’un serial killer , Richard Ramirez, commet une série de viols et de meurtres. Les hommes, les femmes, les personnes âgées et même les enfants complètent la liste des victimes de Ramirez qui n’épargne aucune âme. Il choisira de se réfugier au Cecil Hotel durant sa cavale : voici l’histoire de celui qu’on surnomme le Night Killer.

Ricardo Leyba Munoz Ramirez, dit Richard Ramirez, naît le 29 février 1960 au Texas. Il grandit dans une famille mexicaine assez pauvre qui compte sept enfants. Son père, Julian, travaille sur les chemins de fer et sa mère, Mercedes, est employée dans une usine. Très catholique, elle tente d’élever ses enfants dans les valeurs religieuses, mais Richard se montre insensible à ces croyances.

Alors qu’il est enfant, Richard subit de violents coups à la tête, le premier alors qu’il est âgé de deux ans : une commode lui tombe sur la tête, ce qui lui cause alors une commotion cérébrale importante et une déchirure au front. Le second à ses cinq ans,

lorsqu’il est assommé par une balançoire. Ces accidents auront pour effet de le rendre sujet à l’épilepsie.


Quand Richard a onze ans, son cousin Miguel rentre de la guerre du Vietnam et il commence alors à lui conter ses macabres exploits tels que ses meurtres et ses viols. Il lui montre également des photos de corps mutilés qu’il a lui-même pris.


En 1973, Miguel assassine sa femme d’une balle dans la tête en présence de Richard, qui se retrouve éclaboussé de sang. Malgré la violence du geste, le jeune homme n’est pas choqué et développe au contraire une fascination pour la mort.

Durant son adolescence, Ramirez, qui est très solitaire, est passionné par les arts martiaux, le heavy metal, le satanisme, et passe son temps au cimetière. Il commet plusieurs vols, et est condamné à effectuer des travaux d’intérêts généraux à plusieurs reprises. Il emménage chez sa sœur et son beau-frère. Ce dernier est un voyeur obsessionnel avec qui il participe à de nombreuses virées nocturnes.

À l’âge adulte, Ramirez continue ses cambriolages, et est arrêté à plusieurs reprises en possession de marijuana. Il effectue à nouveaux des travaux d’intérêts généraux pour échapper à une peine de prison. En 1980, alors âgé de vingt ans, il quitte sa ville natale pour la Californie ; vivant à Los Angeles il passe ses journées à se saouler dans les bars et à raconter des histoires sur le satanisme.

Il se vante auprès de ses amis de posséder un « pass » lui permettant d’ouvrir tous les modèles de voitures, et continue de cambrioler des maisons. Il se fait de l’argent en revendant de la drogue et les objets qu’il vole lors de ses cambriolages. On dit de lui qu’il est souvent habillé de noir, et qu’il a une haleine fétide et des dents affreuses, dus à son alimentation composée exclusivement de fast-food et de sucreries.

Condamné à une petite peine de prison, il partage sa cellule avec un homme vénérant Satan. En seulement deux mois, celui-ci l’initie à de nombreuses croyances sataniques. La vie de Ramirez prend alors un chemin différent : il décide d’idolâtrer Satan, estimant qu’il est le seul qui puisse accepter les actes qu’il commet au quotidien. Richard assiste même à une messe noire (cérémonie à la gloire du diable) qui a lieu dans un cimetière, mais cette expérience ne le satisfait pas car il est incapable de faire confiance à quiconque, pas même aux personnes qui partagent ses croyances.

Sa première victime, Jenni Wincow, est retrouvée durant l’été 1984 à son domicile dans la ville de Glassel Park. La vieille dame de soixante-dix-huit ans a été violée et poignardée à plusieurs reprises, ses blessures témoignent d’une violence extrême, puisqu’elle a presque été décapitée. Richard Ramirez a profité que Jenni ait laissé une fenêtre ouverte durant la nuit pour commettre le meurtre, et n’a laissé aucun indice pouvant mener la police jusqu’à lui.

Moins d’un an après, Ramirez commet un autre meurtre, en mars 1985. Après avoir acheté un revolver, il tire sur Maria Hernandez, âgée de vingt-et-un ans, alors qu’elle sort de son véhicule garé dans le parking de sa résidence. Mais en se protégeant le visage machinalement, elle réussit miraculeusement à déjouer la balle avec ses clés de voiture. Maria s’effondre au sol et feint d’avoir été abattue. Robert vole alors son véhicule et quitte les lieux, la laissant pour morte. Après la terrible tentative de meurtre, Maria se rend à son appartement, où elle retrouve sa colocataire, Dayle Okazaki, baignant dans une mare de sang. Ramirez était déjà passé par l’appartement et avait sauvagement assassiné la femme d’une balle dans la tête.

Dans la même journée, le tueur abat Tsai-Lian Yu alors qu’il la croise dans son véhicule à un feu rouge, à Monterey Park, avant de la sortir en la sortant par les cheveux et avant de la tuer d’une balle dans la tête. Des témoins dressent le portrait suivant : le tueur est un homme grand, fin, aux cheveux frisés et aux dents pourries, peut-être d’origine hispanique.

Une casquette noire floquée du groupe AC/DC est retrouvée sur les lieux du crime. À cette époque, les groupes de métal et de hard rock sont pointés du doigts et le public les accuse de véhiculer des idées satanistes et sordides, pouvant encourager les tueurs. C’est d’ailleurs à ce moment que beaucoup de personnes se lancent à la recherche de messages cachés dans les musiques de hard rock, analysant les paroles et jouant les disques à l’envers.


Richard Ramirez est en effet un grand fan d’AC/DC, ce qui vaudra au groupe de se retrouver au cœur de la tourmente : leur chanson Night Prowler raconte notamment :

« Pendant que tu es là nu, comme un corps dans une tombe, alors que je me glisse dans ta chambre, je suis ton rôdeur de nuit, quel est ce bruit à ta fenêtre ? »


Durant de nombreux mois, le tueur s’introduit dans des maisons de Los Angeles, lorsqu’il croise des couples. Il tue les hommes avant de violer et de battre les femmes. Dix jours après le meurtre de l’étudiante taïwanaise Tsai-Lian, il s’introduit chez Maxine et Vincent Zazzara. Le couple est endormi devant la télévision. Ramirez tue alors le mari d’une balle dans la tête, puis abuse sexuellement de Maxine, avant de lui infliger des coups de couteaux à l’abdomen, au cou et sur les parties intimes. Il lui arrache également les yeux et les emporte avec lui.

Ses crimes suivent en général le même fil : il demande aux femmes de lui livrer des objets de valeur se trouvant dans leur maison, et les fait jurer sur Satan de ne pas crier.

À l’image d’un démon, Richard dessine des pentagrammes sur le corps des victimes ou encore sur les murs. Il se sent puissant lorsqu’il décide de choisir le destin de vie ou de mort de ses victimes. Il semblerait que Ramirez soit un tueur opportuniste, il ne choisit

pas ses victimes au préalable, mais s’introduit dans des maisons qui laissent accès à l’intérieur, soit par une porte déverrouillée ou par une fenêtre ouverte.

Les mois passent, le nombre de meurtres augmente, et semblent être de plus en plus violents. La police intensifie ses recherches et réussit à dresser un portrait-robot du tueur, grâce aux nombreux témoins : il est hispanique, grand, mince, a les cheveux noirs et gras, une peau terne et abîmée, des dents pourries, il a entre vingt-cinq et trente ans et porte des vêtements noirs. Durant ses crimes, Richard suit de près les informations et se tient au courant du déroulé de l’enquête le concernant. Comme d’autres tueurs en série, il séjourne à l’hôtel Cecil où sa chambre devient son refuge ; et même si son passage à l’hôtel reste bref, on ne peut s’empêcher de penser qu’il a joué un rôle dans la vie des assassins qui y ont posé leurs valises.

Malheureusement, les journalistes dévoilent trop de détails sur l’enquête, et Ramirez apprend que la police connaît sa pointure, ainsi que le modèle de ses baskets. De peur, il jette alors ses chaussures par-dessus un pont.


Durant l’été 1985, c’est plus de deux-cents hommes qui sont mobilisés pour traquer le Night stalker , et c’est le 28 août de cette même année que l’identité de Richard Munoz

Ramirez est découverte. En effet, le tueur fait très attention à effacer toute trace de lui sur les scènes de crimes, mais après l’un de ses nombreux meurtres, il est aperçu, quittant une maison, par un jeune garçon qui le trouve étrange. Lorsque Richard prend la route dans sa Toyota, le garçon prend soin de noter sa plaque d’immatriculation et prévient la police. La voiture est très vite retrouvée sur un parking et les enquêteurs y découvrent l’ADN de Ramirez. La police fait alors une annonce à la télévision en s’adressant directement au tueur : « À présent nous savons qui vous êtes et bientôt tout le monde le saura, il n ’existe plus aucun endroit où vous pourrez vous cacher. »

Deux jours après cette annonce, le visage de Ramirez apparaît en couverture de tous les journaux et à la télévision. C’est à ce moment que les habitants de la ville, excédés, décident de faire des rondes la nuit pour appréhender le tueur. Ils connaissent son visage et sont déterminés à l’arrêter. Se sentant traqué, Richard décide de quitter la ville pour commettre de nouveaux meurtres ailleurs. Mais très vite, Ramirez décide de revenir à Los Angeles pour acheter de la cocaïne.

Dans la matinée du 31 août 1985, Richard se rend dans une épicerie, et une fois à l’intérieur, il voit son visage en première page du journal. Pris de panique, il quitte la boutique et s’engouffre dans la rue, mais pour le Night Stalker , la course est déjà finie car il a été reconnu par des clients et des passants. Très vite, une foule commence à se former, car en ce jour férié, les rues sont peuplées de monde. Le groupe poursuit Ramirez qui tente alors de fuir, les passants préviennent la police et rapidement une patrouille se joint à la course-poursuite. De façon très ironique, et à bout de souffle, Richard frappe à une porte au hasard et supplie la femme qui lui ouvre de le laisser rentrer. Mais, le reconnaissant instantanément, elle lui claque la porte au nez.

Il tente de voler une voiture en vain et plusieurs hommes se jettent alors sur lui. Il est battu et commence à crier aux policiers de lui venir en aide. Ainsi, le terrible Night stalker est arrêté par des agents de police à qui il doit la vie sauve.

La ville de Los Angeles est en effervescence et tous les habitants suivent de près le procès du tueur Richard Ramirez. Tous s’attendent à ce qu’il soit rapidement condamné à mort, mais malheureusement, son procès ne s’ouvre qu’en 1989. Le 20 septembre, il est reconnu coupable de treize assassinats, de cinq tentatives d’homicide, onze agressions sexuelles et pas moins de quatorze cambriolages. Lorsque le juge le condamne à mort, il se tourne vers les journalistes et utilise ses doigts pour faire des cornes au-dessus de sa tête. Ramirez ne montre aucun remord, il est même fier et se montre très cruel envers les familles des victimes. Son détachement émotionnel choque le juge et les journalistes qui avouent même être effrayés.


En prison, Ramirez se conduit très mal, il s'exhibe et se montre violent. Son comportement s’adoucit au bout de quelques minutes, il se ferme au monde et passe son temps à regarder la télévision ou à lire des revues sur lesquelles il peut regarder des femmes. Il choisit souvent des revues mettant en scène des asiatiques.


Le 3 octobre 1999, il épouse Doreen Lioy, une éditrice de magazine free-lance, après qu’elle ait essayé de le séduire durant onze années et qu’elle lui ait envoyé presque une centaine de lettres d’amour.

En 2009, il est reconnu coupable du meurtre de la petite Mei Leung qui avait été retrouvée morte en 1984, pendue à un tuyau dans le sous-sol d’un hôtel de Los Angeles. La petite fille, alors âgée de neuf ans au moment des faits, avait été violée et poignardée. Grâce à l’ADN trouvé sur les lieux, il a pu être mis en évidence que Ramirez était bien le tueur.

Richard Ramirez décède le 7 juin 2013 de causes naturelles à la suite d’une insuffisance hépatique à l’âge de cinquante-trois ans. Jamais il ne témoignera le moindre remord pour les crimes qu’il a commis.


Leyna