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Témoignage : mon intuition



Toute ma vie j'ai cru être normale tout en étant à la fois différente. Dans le sens où je pensais être une fille à part entière, comme toute les autres : féminine, qui aime mettre des robes et se maquiller. Seulement, j'étais aussi très réservée. Cette timidité me bouffait la vie à proprement parler. J'avais peur de tout. J'avais tendance, sans m'en rendre compte, à rejeter les personnes qui s'approchaient de moi.

Je me souviens que pendant ma période de troisième je me réfugiais au club de musique, qui m'aidait à m'exprimer, mais jamais pleinement. Il y avait aussi le club d'art plastique (le dessin faisant partie de ma vie depuis toute petite), c'était un endroit où je me sentais bien, d'autant plus que les personnes présentes dans ce club étaient des sixièmes et des cinquièmes. On peut imaginer que ces personnes étaient donc plus innocentes, gentilles et mignonnes que les élèves ayant mon niveau d'étude.

Le collège est une période difficile durant laquelle peut rencontrer énormément de gens hypocrites, pas toujours bienveillants, peu matures mais aussi égocentriques. Pour ma part, ces gens-là représentaient 90 % des collégiens. Dans les dix pourcents restants on y trouvait les gens normaux, qui avaient du cœur, qui se comportaient de manière respectueuse envers autrui, qui avaient de l'empathie. Et enfin, dans ce pourcentage, il y avait environ 2 % de personnes, probablement moins, qui ressentaient plus que de l'empathie pour leur entourage.

Je vous présente mon cas : une fille qui a du mal à s'intégrer, qui se sent rejetée, qui a peur du monde qui l'entoure, des gens, qui en ressent les ondes, une adolescente mal dans sa peau, susceptible, qui n'a pas confiance en elle. Très sensible aux remarques depuis sa plus tendre enfance. Garçon manquée en primaire et ne pensant qu'à jouer au foot avec les garçons qui, comme beaucoup de personnes le pensent, sont plus sincères et honnêtes que les filles. J’ai aujourd’hui encore tendance à me mettre en retrait dans la vie de tous les jours. Pourquoi me direz-vous ? Tout d'abord à cause de mon expérience avec les gens au collège et leur méchanceté constante, mais également à cause de ce défaut que j'essaye d'utiliser comme une qualité : mon hypersensibilité. Un corps qui me sert d'éponge et qui s'avère cacher une intuition très puissante dont j’ai découvert l’existence en allant chez un magnétiseur. Présente en moi naturellement et qui, pour le moment, me pourrit la vie.

À l'origine, je ne me doutais pas d'avoir ce don. Je croyais être une personne à fleur de peau, qui savait deviner les émotions des gens, et même les ressentir sans qu'on ne les laisse paraître. Pour vous donner une idée : j'avais un ami souvent énervé mais qui paraissait heureux et à d’autres moments, plutôt neutre. Seulement, un jour j’ai décidé de lui demander ce qu'il ressentait, s'il était heureux, triste ou en colère. Il m'a avoué ce jour-là qu'il était constamment énervé, et ce depuis plusieurs années, bien avant que je le connaisse. Cependant, dès le premier jour où j'ai fait sa connaissance, j'ai ressenti cette rage en lui.

Vous me direz peut-être que vous aussi vous êtes capables de ressentir les sentiments des gens. La question à se poser est surtout : savez-vous, avant même d'avoir parlé à une personne, en la rencontrant pour la première fois, ce que la personne pense de vous ? Quelle image cette personne vous renvoie par le biais de son esprit et que vous réceptionnez comme étant sa pensée sans pour autant lire dans ses pensées ou lire sur son visage.

Un autre moyen pour s’en rendre compte serait de se retrouver dans une salle d'examen et savoir ce que vous ressentez hormis votre propre stress. Pour vous donner une idée, je ressens de l’oppression, du stress qui m'entoure, le sentiment des personnes qui viennent passer leurs examens tout en se foutant royalement s'ils réussissent ou non, des gens sereins, des professeurs qui surveillent et qui sont totalement décontractés pour certains, d'autres surexcités, certains autres heureux.

L’intuition me paraît être encore un don difficile à expliquer. Ce que j’ai appris en revanche c’est que si on ne le possède pas et que l’on veut le développer, il faut prendre beaucoup de précautions. Ceux ayant fait l’expérience de l’ouvrir d’eux-mêmes racontent avoir été « assiégés » par des entités puisque cela crée, par la même occasion, une sorte d’aimant invisible. Les personnes l’ayant ouvert naturellement, sans le savoir, ont tendance à ne pas voir d’esprit puisque ce n’est pas soudain et cela n’attire donc aucun fantôme.

Ce que je sais aussi c’est que je peux développer mon don pour pouvoir lire l’histoire d’un objet en le touchant : la psychométrie. Je pourrais aussi développer des dons de voyance, pratiquer les voyages astraux, ainsi que la télépathie qui me paraît être un aspect plus compliqué que les autres « évolutions ».

Si je devais vous résumer mon don, il s’agirait en premier lieu d’un fardeau qui me complique la vie, qui me fait ressentir le monde qui m’entoure plus que la normale. C’est également une aide dans la vie de tous les jours qui, si je le décide, me permettra dans le futur de pouvoir aider un certain nombre de personnes.


Judy