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Témoignage : Le passé de ma maison

Bonjour ! L’histoire que je vais raconter date d’il y a maintenant plus de 10 ans. Aujourd’hui j’ai 20 ans et je vis dans le sud de la France, mais durant toute mon enfance, de mes 2 ans jusqu’à mes 10 ans à peu près, je vivais en Picardie.


J’habitais une vieille ferme avec mes parents et mon grand frère. C’était une très grande ferme divisée en trois maisons, nous vivions dans celle du milieu et nos voisins habitaient les deux autres, aux extrémités. Cette ferme était très vieille et très jolie, avec beaucoup de charme, mais je n’ai pourtant que des mauvais souvenirs en repensant à elle.


Je vais raconter tout ce qui s’y est passé ou du moins, tout ce dont que je peux me rappeler vu mon jeune âge à l’époque. Je ne crois pas spécialement aux choses paranormales, j’essaie toujours de trouver des raisons rationnelles ; mais j'avoue que pour cette histoire, je n’ai pas d'explication.


Dans cette maison à trois étages, ma chambre était située au second et c’était la plus grande pièce. Juste en dessous de ma chambre se situait la cuisine. Je pouvais apercevoir par les trous dans mon plancher tout ce qui s'y déroulait. À chaque fois qu’on mangeait, ma famille et moi entendions des pas qui provenaient de ma chambre. Mes parents me rassuraient en me disant que c’était le plancher qui craquait, et comme je n’y croyais pas, ma mère a inventé un fantôme qu’elle disait être très gentil et qui s’appelait Arthur.


À chaque bruit de pas, je me disais donc que c’était Arthur et que je n’avais aucune raison d’avoir peur. Je me rappelle d’un jour où nous étions seuls avec mon frère. On jouait avec mon chien dans la cuisine quand d’un seul coup, sans aucune raison, il s’est mis à aboyer et à courir autour de la table, comme s’il poursuivait quelque chose que nous ne pouvions pas voir. Je me rappelle de notre réaction à moi et mon frère : on s’est regardé et on a rigolé d’un rire vraiment gêné, parce qu’à la fois nous trouvions cela drôle, et en même temps cela ne nous semblait absolument pas normal. Mais ce n’est pas tout.


Dans cette maison je faisais souvent des cauchemars terrifiants, mais l'un d’eux m'a particulièrement marqué. Dans ce cauchemar, j’étais une petite fille habillée en blanc, accompagnée d'une jeune femme et d'une autre plus âgée. Ces deux femmes, vêtues de noir, m’emmenaient dans mon grenier situé au troisième étage de ma maison. Une fois devant les escaliers qui menaient au grenier, je hurlais et me débattais de toutes mes forces, si bien que mes parents m’ont raconté qu’ils m’entendaient crier pendant que je rêvais. Les femmes ont finalement réussi à me faire monter au grenier : à ce moment je me suis totalement calmée. Je me sentais toute molle, comme si je flottais et que je ne pouvais rien faire. Dans ce grenier se trouvait une tombe devant moi. Je me suis ensuite réveillée un peu traumatisée, et c'est un cauchemar qui me hante encore aujourd’hui. Je dois préciser que durant toutes ces années où j’ai vécu dans cette maison, je n’ai jamais mis un pied dans le grenier. Je ne pourrais pas l’expliquer, mais je sentais que je ne devais pas aller là-dedans ; il y avait vraiment quelque chose qui me terrifiait sans que je ne puisse dire quoi.


Ma mère m’a raconté qu’un jour elle avait, elle aussi, fait un rêve étrange. Dans celui-ci, des soldats courraient dans la chambre pour monter dans le grenier, comme s’ils devaient échapper à quelque chose. C’était étonnant sans être terrifiant, jusqu'à ce qu'un vieil homme vienne chez nous. Il nous a raconté qu’il vivait dans cette maison, bien avant nous, quand il était enfant, durant la Seconde Guerre mondiale. Je ne peux pas me rappeler de tous les détails, mais il nous a raconté que sa famille cachait des soldats allemands à l’étage de notre maison. Je trouve cette histoire impressionnante, surtout que nos rêves avaient eu lieu bien avant que l’on connaisse cette histoire. De plus, quelques années plus tard, mon père a refait la chambre de mon frère qui se situe en dessous du grenier. Et quand il a refait les murs, il a retrouvé des écritures en allemand avec des graines de nourriture.


Ma mère m'a aussi raconté qu'un jour, je suis tombée dans les escaliers. Cette chute m'a conduite à l'hôpital, ce qui est plutôt normal. Ce qui ne l'est pas par contre, c'est le fait que je répétais à ma mère avoir senti quelqu'un me pousser du haut de l'escalier.


Image d'illustration. ©H. Lewandowski. RMN-Grand Palais

Depuis que j'ai appris toutes ces choses, je ne peux m'empêcher d'imaginer que les esprits des soldats sont restés dans cette maison. Mon père est toujours marqué par les mots qu’il a retrouvé écrits sur les murs, et il n'a jamais voulu nous en dévoiler la signification. Depuis, j'ai déménagé, sans jamais oublier cette maison.