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Psychopathes et sociopathes

Dernière mise à jour : 6 sept. 2020

“Je suis venu du bout du monde dans un seul but : vous voir me fuir, Clarice. Laissez-moi fuir, d’accord ?” - Hannibal, Dr. Lecter.



Dans les médias et les séries, on a tendance à taxer certains personnages de “psychopathes” et plus rarement de “sociopathes” on peut notamment penser à Negan dans The Walking dead et à Dexter de la série éponyme. Souvent, ces “étiquettes” sont inoffensives bien que trop souvent utilisées pour justifier tous les comportements plus ou moins déviants des personnages. Mais parfois nous pouvons également caractériser certaines personnes réelles voir des proches de ces termes et faire preuve de sanisme (discrimination par rapport à un ou plusieurs troubles mentaux). Plongeons-nous dans les méandres de l’esprit des antisociaux...


Comment pouvons-nous caractériser ces deux troubles ? La réponse est loin d’être facile à formuler tant le champ de recherche est vaste et que certaines études ont tendance à se contredire. Je vais ici faire de la vulgarisation scientifique dans le but que tout ceci ne soit ni trop long, ni trop scientifique et relativement agréable à lire.


Nous pouvons citer comme différences principales, l'origine de ces troubles. Vulgairement, on dira souvent que la personnalité psychopathe est innée (de naissance) et que la sociopathie est acquise (au fur et à mesure), mais il est nécessaire de mettre quelques nuances entre ces termes, je vais me baser sur deux profils différents pour expliquer la différence entre ces deux pathologies.


En effet, la personne souffrant de la première pathologie, la psychopathie, sera caractérisée par l'apparition des premières caractéristiques très tôt et de façon assez spontanée, on constate que la plupart du temps il n’y a pas forcément d'événements déclencheurs comme une carence affective ou un traumatisme, généralement ce trouble est d’abord caractérisé par un manque d’empathie émotionnelle (s’identifier aux émotions d’autrui) mais à une bonne empathie cognitive (savoir déceler les émotions d’autrui). Les psychopathes sont d’excellents manipulateurs et utilisent leur intelligence assez élevée pour obtenir ce qu’ils veulent. Loin d'opter premièrement pour la violence (il ne faut pas les confondre avec les psychotiques). Le psychopathe cherchera par tous les moyens d’obtenir ce qui satisfera son désir personnel. D’un point de vue relationnel le psychopathe à peu ou pas de relations stables et accumule les relations de courtes durées, car il ne ressent que très peu d'intérêt envers autrui.


Le sociopathe, quant à lui, est caractérisé par une absence de la perception des dangers et une témérité sans limite couplée à une absence de compréhension des normes sociales. Ayant souvent pour racine une absence ou une carence affective non solutionnée dans l’enfance et un environnement familial déséquilibré, ce trouble concerne environ 4 % de la population mondiale. Le sociopathe est impulsif, mais pas forcément violent, il a une certaine éthique personnelle et suit certaines lignes de conduites propres à lui-même (certains n’auront aucun scrupule à faire mal, mais ne violeront jamais un enfant par exemple).


Ces deux troubles de la personnalité peuvent être rassemblés dans la personnalité antisociale, selon le manuel de diagnostics des troubles mentaux (DSM IV), les principaux critères de diagnostics doivent être posés après les 18 ans du sujet et si celui-ci a déjà eu des symptômes de troubles de la conduite avant l'âge de 15 ans (blesser ou tuer des êtres vivants, vols et agression par exemple) dans lesquels le sujet nuit de manière répétée aux droits d’autrui. Par la suite, on observe généralement des manipulations pour satisfaire leurs propres désires, de l’impulsivité, une absence de remords et une incapacité à se projeter dans son propre avenir. Étonnamment, les psychopathes s'intègrent très bien dans le monde professionnel: avocats, cuisiniers et PDG sont les postes où ils sont le plus nombreux. Quant aux sociopathes, on les retrouves souvent dans les milieux carcéraux dû à leur manque de perception des normes sociales, ils ont une prédisposition aux crimes.


Mais comment peut-on expliquer cet engouement soudain pour ces deux troubles psychologiques ? D’un point de vue purement personnel, je pense que les troubles de la personnalité sont utilisés dans les séries et film comme facilités scénaristiques. Bien que quelques films les utilisent de façon magistrale, il faut toujours garder en tête qu’il s’agit de fiction et que tous les malades ne sont pas des fous dangereux. Quoi que l’on en dise l’étrange et l’inconnu attire, et de ce fait le sujet du neuro-atypisme attire de plus en plus à une époque où l’on cherche à trouver l’origine de toute chose.


Manon