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Murder House Flip

Murder House Flip est la nouvelle série à sensation de la plate-forme de streaming Quibi. Le concept est simple, des particuliers font rénover leur maison par l'émission. Mais ces maisons ont la particularité d'avoir été des scènes de meurtres par leur passé. Or, ce show divise les spectateurs, s'agit-t-il d'une série sincère dans ses intentions ?



Image promotionnelle de Murder House Flip. © 2005-2019 /FILM

Quibi est une plate-forme états-unienne accessible uniquement sur téléphone portable et payante. Leurs émissions ne dépassent jamais dix minutes, se voulant ainsi être une application qui permet à ceux qui n'ont pas le temps de regarder des séries. Un concept intéressant à première vue, mais une fois que l'on passe les trois mois d'essai, on se rend compte que la qualité des émissions proposées est très basse. Ce qui est normal, proposer un contenu divertissant en dix minutes n'est pas aussi simple, et cela se ressent dans les statistiques de l'entreprise, 92% des utilisateurs ne s'abonnent pas après les trois mois d'essai.


C'est sans doute ce qui a poussé Quibi à proposer quelque chose d'inédit, un show de rénovation à l'américaine avec de vrais crimes. Et cela fonctionne, mais pas dans le sens qu'ils auraient voulu.


Cette série est produite par Josh Berman (Crime Scene Investigation), Chris King (Penny Dreadful) et l'auteur Katherine Ramsland. Les premiers épisodes sont sortis en avril 2020. Pour l'instant l'émission comporte douze épisodes, sachant que chaque maison à droit à trois épisodes de dix minutes. Dans la première partie sont racontés les meurtres qui se sont déroulés dans la maison en question, le ressenti des propriétaires par rapport à certaines pièces, ce qu'ils souhaiteraient voir changer. Dès le second épisode, il ne s'agit plus que d'un show de rénovation, où tous sentiments de respect vis-à-vis des victimes et des événements qui ont eu lieu restent très sommaires. Il n'y pas d'efforts de mise en scènes professionnelles, ce qui rend cette émission très bas de gamme.


Image tirée de la série, représentant une des maisons avec le positionnement des cadavres. © 2005-2019 /FILM.

La plupart des gens qui achètent ce genre de maison n'a pas beaucoup de moyens financiers, car aux États-Unis, on ne peut pas cacher à un futur acquéreur qu'il y a eu des meurtres dans une maison. Le prix baisse alors drastiquement, et dans des villes comme Los-Angeles, où la crise du logement fait fureur, cela peut-être une chance d'avoir une maison décente dans un quartier parfois très bien situé. Il n'aurait pas été mal venu d'aider ces propriétaires à moderniser leur maison, et à détruire ce qui rappelle les meurtres (par exemple baignoire etc.), car ce sont des travaux qui coûtent cher. Cela aurait un bon impact psychologique sur les familles qui sont souvent atteintes par ce qu'il s'est passé auparavant. C'est d'ailleurs le but que revendique les producteurs.


Mais la manière dont cette émission est présentée est presque malsaine. C'est ce qui pose problème pour la majorité de l'audience et du monde du journalisme américain. Cette émission aurait pu être présentée plus respectueusement (en évitant les blagues de mauvais goût) et surtout aurait pu éviter d'exploiter les détails les plus sordides de ces histoires, pour faire la promotion de leur show.


Au final, la deuxième saison de cette série a été annoncée. On peut se demander ce qui différencie ce genre de série des documentaires sur des assassins etc... Cette série met mal à l'aise, car elle bascule ouvertement sur le sensationnalisme pour faire vendre, il s'agit bien là de faire le plus d'audience possible en essayant de trouver des détails des meurtres passés (du sang, des armes...), afin de maintenir en haleine le spectateur. Et ainsi, faire en sorte qu'il regarde le plus d'épisodes possible. Certes, on n’en arrête pas de vivre pour autant, mais il est possible de vivre, en respectant la mémoire des victimes. Ce que font les familles qui vivent dans ces maisons, mais ce qui n'est pas le cas de cette émission.


Eloïse