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Marie becker, l'empoisonneuse du siècle

Au début du XIXe siècle, Marie Becker est arrêtée alors qu'elle se rend chez son amie, Madame Lamy, pour prendre le thé. Dans son sac, de la digitaline est retrouvée. Par la suite, les gendarmes découvriront qu'elle a commis onze meurtres et cinq tentatives d’homicides. Côtoyant les soirées mondaines, cette femme est devenue la première tueuse en série Belge, à l'âge de cinquante-quatre ans.



Marie Alexandrine Petitjean est née en juillet 1879. Celle que l'on surnomme « L'empoisonneuse du siècle » grandit chez ses parents, dans une ferme. Elle ne va pas beaucoup à l'école pour aider aux champs. Cependant, sa soif de savoir lui fait demander au curé du village quelques cours de lecture, de calculs et d'écriture.


À l'âge de seize ans, elle quitte la campagne pour aller vivre chez sa tante, dans la ville de Liège où elle devient apprentie couturière. En gravant les échelons, elle arrive à trouver un emploi dans une boutique de luxe et fréquente la haute bourgeoisie à qui elle donne des conseils de mode. C'est aussi dans cette ville qu'elle rencontre son futur mari, Charles Becker, qu'elle épouse à vingtsept ans. Elle devient alors Marie Becker.


Le couple emménage dans une maison se trouvant à côté de l'entreprise familiale, la scierie Becker. Mais Marie s'y sent mal. Elle ne s'entend pas avec sa belle-famille et se dispute beaucoup avec la mère et la sœur de son mari. Le beau-père de Marie Becker décide d'envoyer le couple tenir une charcuterie qu'il achète à quelques kilomètres de là. L'affaire ne marche pas très bien et, au décès du père de Charles, le couple revient vivre près de la scierie.


La couture manque à Marie et elle ouvre un atelier dans une des pièces de sa maison. Son atelier reçoit de plus en plus de clients et elle donne de nombreux conseils à ses clientes bourgeoises qui l'estiment beaucoup. Mais Marie a un rêve : ouvrir sa boutique de luxe. Celui-ci devient réalité après la Première Guerre mondiale. Elle ouvre son magasin à Liège qui obtient un tel succès qu'elle emploie jusqu'à quatre employées. À cause du krach boursier, son magasin fait faillite en 1929.


Trois ans après, en octobre 1932, Charles Becker décède d'un cancer. Marie, qui a toujours été une femme attirante, officialise sa relation avec Maximilien Houdy qu'elle fréquentait depuis quatre ans, bien avant le décès de son époux.


Maximilien se laisse complètement entretenir par la veuve Becker qui vie largement au-dessus de ses moyens. Marie Becker est à présent couturière pour de riches clientes et a besoin de plus d'argent pour combler ses dépenses liées à son train de vie. Elle devient garde-malade et dame de compagnie auprès de veuves qui ont beaucoup d'argent. Dans sa soif de richesse, Marie Becker commence à dépouiller ses clients : bijoux, argent, objets de valeurs, elle n'a aucun scrupule. C'est à partir de 1933 que la veuve Becker bascule et décide de se servir de la digitaline contre ses clientes fortunées pour pouvoir dérober la totalité de leurs économies.


La digitaline, extraite de plantes, est un médicament liquide utilisé contre les troubles cardiaques. À forte dose, cette substance devient un poison qui rend malade et tue après une longue agonie. Plutôt connue dans la culture populaire, la digitaline apparaît sous forme de poison dans plusieurs films et séries : Colombo, X-Files, Plus belle la vie, James Bond...


Liste des victimes de Marie Becker, la première tueuse en série Belge :




VICTIME 1 : Marie Doupagne-Castaldot

Marie Doupagne-Castaldot, avait gracieusement prêté de l'argent à son amie, la veuve Becker. Le 21 mars 1933, pour la remercier, Marie Becker l'invite au cinéma puis à prendre un verre. Agonisant durant deux jours, Marie Doupagne-Castaldot décède le 23 mars 1933.


Une lettre anonyme dénonçant un empoisonnement est reçue par le parquet. L'affaire sera classée sans suite.


VICTIME 2 : Lambert Beyer

Lambert Beyer avait fait un testament dans lequel il était écrit qu'il léguait une partie de sa fortune à Marie Becker. Il meurt quelques jours après, le 2 novembre 1934, dans d'affreuses souffrances et de mystérieuses circonstances.


VICTIME 3 : Julie Bossy

Le 20 mars 1935, la propriétaire du logement dans lequel Marie Becker est installée meurt d'une indigestion. La dernière chose qu'elle a avalé est un thé aux plantes préparé par sa locataire.


VICTIME 4 : Catherine Beeken-Pairot

Ce 1er mai 1935, Marie Becker offre à son amie une bonne bouteille de vin. Elle décède quelques heures après.


VICTIME 5 : Aline Louis-Damoutte

Suite à un prêt d'argent pour son amie Marie Becker, Aline Louis-Damoutte décède après avoir bu un thé le 19 mai 1935.


VICTIME 6 : Marie Remacle

Cette amie de l'empoisonneuse venait d'ajouter son nom sur son testament. Elle décède mystérieusement le 15 septembre 1935.


VICTIME 7 : Marie-Louise Evrard-Crulle

À peine un mois après la mort de Marie Remacle, Marie-Louise décède dans les mêmes circonstances le 11 novembre 1935. Sa famille constate avec étonnement le nom de Becker, femme qu'elle connaît à peine, sur son testament. Une lettre est envoyée au parquet pour conter cet étrange fait et les circonstances mystérieuses de la mort de la victime.


Au même moment, un deuxième courrier anonyme est envoyé au Parquet pour dénoncer les empoisonnements de la veuve Becker, deux ans après le premier courrier. Cette fois, Marie Becker est mise sous surveillance.


VICTIME 8 : Marie Anna Stevart

Le 7 mai 1936 à l’âge de 47 ans, Marie-Anna décède. Elle avait prêté de l'argent à Marie Becker.


VICTIME 9 : Marie Willems-Bulté

Le 20 septembre 1936, suite à de violents vomissements, la victime est retrouvée morte, chez elle. Tous ses bijoux ont étrangement disparu.


VICTIME 10 : Florine Van Cauwelaert-Lange

Cinq jours après le décès de Marie Willems-Bulté, Madame Van Cauwelaert-Lange décède à 83 ans suite à de violents vomissements. Elle était la locataire de Marie Becker.


VICTIME 11 : Marie Luxem-Weiss

Le 2 octobre 1936, elle décède après une longue agonie. Sa mort est tout aussi mystérieuse que celles des dix autres victimes. Marie Becker l'avait invité à prendre le thé après l’enterrement de Madame Lange.


À toutes ces victimes s'ajoutent cinq tentatives de meurtres entre les années 1933 et 1936. La dose de digitaline n'étant pas assez élevée, les survivants ont tout de même été très malade.



Ces trois derniers décès, coup sur coup, interrogent la justice. De plus, une troisième lettre anonyme arrive au Parquet le 12 octobre 1936 pour dénoncer les agissements de Marie Becker. À ce jour, nous ne savons toujours pas qui a écrit ces lettres.


La police décide enfin d’enquêter plus sérieusement sur la veuve Becker et demande à une de ses amie, Madame Lamy, de les aider à la piéger. Le plan est simple : Madame Lamy invite Madame Becker à prendre le thé. Lorsque Becker arrive chez son hôte, la police l'arrête sur le pas de la porte. Dans son sac, ils retrouvent le poison mortel, la digitaline. Marie Becker prétexte une maladie du cœur. La police n'est pas dupe et l'empoisonneuse est incarcérée à la prison de Liège fin octobre 1936.


Son procès se déroule le 7 et 8 juin 1938 à Liège. La veuve Becker est condamnée à mort mais, cette peine n'étant plus appliquée depuis 1863 en Belgique, elle est donc condamnée à la perpétuité pour onze meurtres, cinq tentatives de meurtres, vols de bijoux et d'argent.


À l'âge de 68 ans, Marie Becker décède en prison. Ce 11 juin 1942, elle s'éteint en fin d'après-midi… à l'heure du thé.


Lotte