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Luka Rocco Magnotta : tuer pour devenir célèbre.

Si l’histoire du dépeceur de Montréal est aujourd’hui connue des foules, beaucoup ignorent encore que sa traque a débuté sur les réseaux sociaux. Après la publication d’une vidéo montrant un homme torturant des chatons, des utilisateurs de Facebook ont monté un véritable groupe de recherche afin d’identifier le criminel derrière ces actes abominables. Ils étaient loin de se douter que l’homme dans la vidéo était en fait Luka Magnotta.



Eric Clinton Newman, de son vrai nom, naît dans la ville de Toronto au Canada le 24 juillet 1982. Son enfance se veut mélancolique car il voit très peu son père alcoolique et schizophrène, et sa mère est décrite comme une dominatrice maltraitante qui n’a pas fait « un bon travail » après être tombée enceinte de lui à seize ans.


Luka est élevé par sa grand-mère tyrannique. Dès son plus jeune âge, il présente des troubles du comportement : il est perturbé, chétif et sans amis. Alors qu’il est scolarisé, il est pris à partie par les autres élèves, et très rapidement il est diagnostiqué schizophrène comme son père.


Il prend le nom de Luka Rocco Magnotta en 2006 et abandonne pour toujours son identité de naissance. Il commence une carrière en tant qu’escorte boy et tente de se faire connaître par tous les moyens. Son caractère très narcissique est poussé à l’extrême, il essaie également de faire carrière dans le porno gay, mais il ne connaît aucune notoriété.


Il fait parler de lui à plusieurs reprises lorsqu’il prétend être la cible de rumeurs, l’accusant d’être en couple avec la tueuse en série Karla Homolka. Le jeune homme a en réalité lui-même inventé ces rumeurs afin de devenir une vedette. Malheureusement pour lui, Luka reste ignoré du public jusqu’au meurtre de son petit ami Jun Lin.


Les premières activités de Magnotta sont repérées en 2005 par des utilisateurs de Facebook, moment où les témoins racontent être tombés par hasard sur des vidéos publiées sur le réseau social. La première met en scène un homme, il a le visage caché et la bande son d’une émission russe passe en fond. L’homme montre des chatons qu’il caresse avant de les mettre dans un sac de rangement sous vide et d’extraire l’air de celui-ci avec un aspirateur, laissant les chats agoniser jusqu’à la mort. A partir de ce moment, les internautes se lancent dans une chasse à l’homme virtuelle pour retrouver qui est l’auteur de ces vidéos macabres.


Malgré les nombreux faits qui incriminent Magnotta et les tentatives des internautes pour alarmer les forces de l’ordre sur le potentiel danger qu’il représente, Luka reste libre et hors des radars de la police.


En 2006, Luka Magnotta envoie un courrier au journal britannique le Sun, dans lequel il écrit : « une fois que l’on a goûté au sang, c’est impossible d’arrêter de tuer, l’envie est juste trop forte […] La prochaine fois que vous entendrez parler de moi ce sera dans un film que je suis en train de produire, et il montrera des humains, plus seulement des chatons... ».



Luka publie de nouvelles photos de lui en ligne, où on peut le voir accoudé aux escaliers de l’université McGill à Montréal. Au même moment, un texte macabre apparaît sur un forum, il présente Magnotta comme un tueur en série nécrophile et cannibale.


Le 29 mai 2012, le cadavre de l’étudiant Lin Jun est retrouvé par un gardien dans une valise près des poubelles devant l’immeuble de Luka Magnotta, cependant, sa tête ainsi que ses mains et ses pieds sont manquants. Les enquêteurs sont alors incapables d’identifier le corps et ils ne font pas le rapprochement avec l'affaire du tortionnaire de chatons qui habite pourtant dans l'immeuble.


Quelques jours plus tard, les restes du corps sont retrouvés, les mains et les pieds ont été envoyés au parti conservateur et libéral du Canada par colis ainsi qu’à l’école St George et le Conseil scolaire de Vancouver. Une vidéo du meurtre est mise en ligne et les internautes lancent alors l’alerte aux autorités. Dans celle-ci, on peut voir Magnotta poignarder sa victime avec une arme ressemblant à un pic à glace et le démembrer avec une scie.


Le service de police décide alors de travailler avec le FBI et un mandat d’arrêt international est lancé contre Magnotta. Luka se sait recherché, il abandonne donc une fois de plus son identité et utilise des noms factices pour pouvoir se déplacer, il décide de s’enfuir en Europe.


Magnotta est repéré par les caméras de l’aéroport de Montréal. Il tient dans sa main un billet d’avion pour Paris, c’est pourquoi Interpol Canada contacte immédiatement la police française et leur fait part de la dangerosité du fugitif qui voyage grâce à un faux passeport au nom de Kirk Tramell. Une brigade est dépêchée à l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle, mais aucune trace physique du fugitif. Cependant, en analysant les extraits de caméras de surveillance, ils voient Luka sortir de l’aéroport et prendre un taxi après avoir atterri.


A son arrivée dans la capitale, Luka prend un taxi pour se rendre dans un hôtel où il réservera une chambre dans laquelle il ne séjournera pas, la police française perd alors sa trace.


Les médias français commencent à s’intéresser à l’affaire et elle est relayée en masse. Tout le monde sait que le « dépeceur de Montréal » est en France, alors Luka prend peur, il sait qu’il est activement recherché et qu’il doit se réfugier dans un autre pays.

Il choisit alors de se cacher à Berlin en Allemagne, mais son ego va le pousser droit dans les filets de la police. Le 4 juin 2012, alors qu’il se trouve dans un cybercafé, Luka ne peut résister à l’envie de faire des recherches internet pour savoir ce qui se dit de lui, mais le gérant le reconnaît et contacte immédiatement la police.



Luka est finalement arrêté par des policiers en formation qui passent dans le quartier. Il est enfermé dans la prison du quartier de Moabit en Allemagne, et il fait face à cinq chefs d’accusation : « meurtre au premier degré », « outrage à cadavre », « publication de choses obscènes », « envoi par la poste de choses obscènes » et « harcèlement criminel ».


Il est extradé vers le Canada afin d’être jugé et il plaide non coupable lors du procès se tenant contre lui. Après huit jours de délibérations, il est reconnu coupable de tous les chefs d’accusation pesant sur lui, et il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.


Leyna