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Lorsque Dracula n'est plus un mythe

Attention : cet article contient des faits de meurtres et de violences pouvant heurter les plus sensibles.


De 1976 à 1977, un des tueurs en série les plus dérangeants des États-Unis commet six meurtres aussi atroces les uns que les autres. Son motif ? Sauver son cœur. Ce tueur, surnommé « Le vampire de Sacramento », n’est autre que Richard Chase. Drogue, psychose paranoïaque, psychopathie, schizophrénie, comment un homme a-t-il pu en arriver là ?

Richard Chase naît à Santa Clara County, en Californie, le 23 mai 1950. Comme pour la plupart des tueurs en série, ce dernier n’a pas une enfance facile : mère paranoïaque au plus haut point, agressive et manipulatrice, ayant des soucis d’argent. Dès son plus jeune âge, l’homme vit dans des conditions difficiles. C’est un garçon assez solitaire, un élève relativement moyen. Vers l’âge de dix ans, il commence à développer un comportement particulièrement violent. Bien que celle-ci ne soit plus tout à fait à l’ordre du jour par la suite, Richard Chase développe la triade de sociopathie : il continue d’uriner très tard dans son lit, a des tendances pyromanes et manifeste de la cruauté envers les animaux. Durant son adolescence, Chase tombe complètement dans la drogue et l’alcool.

Jeune adulte, cet homme développe une hypocondrie de plus en plus forte : il est persuadé que son cœur s’arrête de battre et que son entourage souhaite l’empoisonner. Du fait de cette paranoïa, il quitte la maison familiale pour s’installer avec des amis ; colocation que ceux-ci regrettent rapidement. Consommation abondante de drogues et d’alcool, cruel manque de pudeur… , ils ne sont jamais au bout de leurs surprises. C’est alors que Chase commet ses premiers meurtres. Afin « de soigner son sang », Richard Chase enlève des animaux, les torture, les tue, les dévore crus et boit leur sang. Une boisson type du jeune homme : Coca et sang d’animal. Il a la conviction que, s’il ne boit pas ce sang, son cœur s’atrophie. Après s’être injecté du sang de lapin dans les veines, Richard est envoyé en hôpital psychiatrique. De là naît son surnom « le vampire ». Durant de son séjour psychiatrique, ce dernier boit du sang d’oiseau. Le personnel de l’hôpital est effrayé par le jeune homme, au point où il refuse de s’en occuper ; certains allant même jusqu’à la démission.



N’étant plus considéré comme un danger pour la société, Richard Chase est libéré en 1976. Il est alors confié à sa mère qui décide d’arrêter le traitement de son fils, décrétant que celui-ci le rend semblable à un zombie. Par la suite, Richard Chase recommence ses vices, le besoin de sang reste une obsession chez lui. Ainsi, il tue le chat de son voisin afin de récupérer son sang et de le consommer. Comme si cela ne suffisait pas, Richard Chase développe une nouvelle passion pour les armes à feu, ce qui n’est pas sans conséquences dans la suite des événements.

En 1977, un tas de choses aurait pu être évité : Richard Chase est aperçu avec un t-shirt imbibé de sang près du lac de Tahoe. Celui-ci s’en sort en expliquant que le sang n’est autre que celui d’un animal qu’il vient de chasser, qu’il n’y a aucune inquiétude à avoir. Le 27 décembre 1977, l’horreur commence, alors qu’il tire dans la cuisine de quelqu’un, Chase sent quelque chose se déclencher en lui. Ce jour-là, personne n’est blessé. Le 29 décembre 1977, Ambrose Griffin est abattu par le jeune homme alors qu’il aide sa femme à ranger les courses. Il est tué par balle de calibre .22. Le fils de ce dernier témoigne avoir vu un homme avec une arme à feu dans le quartier. Les recherches ne vont rien donner, le psychopathe s’en sort à nouveau. Il ne lui faut pas longtemps avant de retenter son expérience. Le lendemain, il tire sur un jeune homme, sans toucher sa cible cette fois.

Le 11 janvier 1978, il rentre dans le domicile ouvert de Teresa Wallin, jeune femme enceinte de vingt-deux ans.

Elle est sauvagement assassinée par le même calibre .22 de Richard Chase. L’horreur ne s’arrête pas là pour elle, même décédée elle subit les pires choses qui puissent exister. Son mari la retrouve avec ses genoux écartés et ses vêtements descendus, elle a été violée. Un de ses mamelons et son torse ont été coupés, ses intestins ont été arrachés. Comme si cela ne suffisait pas, Chase laisse des excréments d’animaux dans la bouche de la défunte. Mais cette expérience ne lui suffit pas. Deux jours plus tard, sa paranoïa l’amène à acheter des animaux afin de consommer leur sang.


Le 27 janvier 1978, les derniers, mais également les pires meurtres de Richard Chase sont commis. Quatre personnes vivent l’enfer : Evelyne Miroth, âgée de trente-huit ans, son neveu David âgé de vingt-deux mois, son fils Jason de six ans et son ami Dan Meredith âgé de cinquante-et-un ans.

Après s’être introduit dans la maison, Chase tue Dan Meredith, toujours de la même façon : par balle avec son calibre .22. Evelyne est la suivante. Tuée par balle, violée et mutilée. Cette femme est retrouvée avec l’abdomen coupé, les intestins arrachés et le cou tranché. Le médecin légiste prouve qu’elle a été sodomisée et poignardée par l’anus et l’utérus au minimum six fois. Jason est également tué de deux balles dans la tête. Alors que ce dernier est en train de mutiler cruellement le petit enfant de vingt-deux mois, il est dérangé par une fillette qui sonne à la porte. Chase décide de s’enfuir en emportant le corps de David. Une fois à son domicile, il continue ses atrocités en sectionnant la tête du petit, en lui enlevant des organes pour ensuite pouvoir les dévorer. Il termine en déposant vulgairement le corps de l’enfant près d’une église.

La petite fille, qui a remarqué Richard s’enfuyant avec la voiture de Meredith, a le bon réflexe, qui par la suite épargnera sûrement de nombreuses horreurs : elle appelle un voisin, qui lui, contacte la police. Une fois au domicile du meurtrier, la police reste effarée face au carnage qu’elle a sous les yeux : l’appartement est rempli de sang, une odeur à ne plus pouvoir respirer, des plats avec des restes d’êtres humains, de la chair humaine partout ; un moment que les policiers ne sont pas près d’oublier. Pour s’en sortir, le jeune homme tente encore une fois de dire que ce n’est pas de l’humain mais du chien. Manque de chance pour Chase, les preuves se sont accumulées, il ne peut plus nier.


Le procès de Chase se déroule en 1979, il est accusé de six meurtres. Dans son cas, il ne peut pas échapper à la peine de mort. Il invoque ses problèmes psychologiques, sa maladie mentale pour faire passer ses six crimes pour des meurtres sans préméditation et ainsi écoper de la prison à vie et non de la peine de mort. Le 8 mai, il est déclaré coupable de six meurtres avec préméditation et est condamné à mort par chambre à gaz. Chase fait appel et invoque à nouveau sa folie pour faire annuler sa condamnation. Une fois en prison, Richard n’est pas bien accueilli par ses codétenus, qui le poussent au suicide. Le 26 décembre 1980, il est retrouvé mort dans sa cellule après avoir fait une overdose d’anti-dépresseurs.

Richard Chase est un personnage marquant dans l’histoire des tueurs en série par sa folie. Cet homme, paranoïaque au plus haut point jusqu’à croire que la prison collaborait avec les nazis pour l’empoisonner ; était persuadé d’être un vampire. Il a dit un jour à un policier « Quand une porte est fermée à clé c’est qu’on n’est pas le bienvenu. Ça, tout vampire qui se respecte le sait bien depuis la publication de Dracula de Bram Stoker : il ne peut entrer dans une maison sans y avoir été invité au préalable ! ». Il justifie tous ses meurtres sanglants comme un moyen de survie. Il était sûr que sans boire du sang, il allait mourir, que son cœur allait cesser de battre. Le cas de Richard Chase est un cas de vampirisme clinique complet, c’est à dire qu’il est accompagné de nécro-sadisme, de nécrophilie et d’ingestion de sang. On observe aujourd’hui très peu de cas de vampirisme clinique complet, cependant ceux-ci semblent incurables et les personnes en étant atteintes représentent un très grand danger pour la société.


Emma