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Lizzie et sa hache

Dans l’après-midi du 4 août 1892, une macabre découverte sera faite au domicile familial des Borden. Les deux parents seront retrouvés mutilés à coups de hache. Deux choses sont claires, il s’agit d’un meurtre, et le responsable de ce carnage possède envers eux une rage et une rancœur sans précédent. Mais qui est-ce ? De nombreux suspects sont possibles, et de multiples théories et mobiles de meurtres sont envisageables. Plongeons-nous dans les coulisses de cette riche famille qui, de toute évidence, possède quelques secrets bien gardés.



La vie de la famille Borden


La riche famille établie au 92 second Street, dans le quartier ouvrier de Fall River dans le Massachusetts mène une vie somme toute banale. Elle est composée d'Andrew Jackson Borden, père de famille strict et homme d’affaire aisé, marié à la sœur de son meilleur ami, Sarah Morse, avec qui il eut deux filles. Emma, l’aînée, née le 1er mars 1851 et Elisabeth, surnommée Lizzie, née le 19 juillet 1860. Toutes deux très présentes dans la vie paroissiale et filles de bonne famille, elles sont très appréciées des gens du quartier. Malheureusement, la mère des deux jeunes filles décède trois années plus tard, le 26 mars 1863. Suite au décès de sa femme, Andrew se remaria avec une femme dénommée Abby Durfee Gray en 1865. L’entourage de la famille et le quartier voient cette nouvelle union d’un mauvais œil. Beaucoup pensent qu’Abby n’est là que pour l’argent et le comportement d’Andrew à son égard ne fait que confirmer l’opinion de ses proches. Il couvre sa nouvelle femme de présents, si bien que les deux sœurs voient peu à peu leur héritage familial disparaître au profit de cette inconnue qu’elles continuent d’appeler « Madame Abby ». Ce sujet occasionne bon nombre de disputes au sein de la famille. Lorsqu’Emma décide d’en prendre son parti et de se détacher de ce conflit, Lizzie, elle, prend cette histoire d’héritage très à cœur. Une autre personne sans lien avec les Borden partage cependant leur vie commune : Bridget Sullivan, immigrée irlandaise de vingt-six ans. Celle que l’on surnomme « Maggie » est la bonne de la famille.



Photographie de Lizzie Borden © 2021 Smithsonian

Photographie de Andrew et Abby Borden ©VLamkin 2018-2024

Cependant depuis quelques temps, certains éléments viennent perturber la tranquillité déjà fragile de la famille Borden. Tout d’abord, le 24 juin 1891 un vol est commis en pleine journée chez les Borden, où argent et bijoux sont dérobés. Après quoi, les portes et fenêtres de la maison seront toujours verrouillées de l’intérieur. Même si l’enquête ne permet pas de trouver de coupable à ce vol, les soupçons se tournent tout de même vers Lizzie, déjà accusée de vol à l’étalage quelques mois auparavant.


En avril de l’année qui suit, l’horlogère de Abby rapporte à celle-ci une conversation dans laquelle Lizzie la traitait de « méchante vieille femme ». Le 21 juillet de la même année, ce qui devait arriver arriva, un différent familial plus intense que d’habitude éclate et les deux sœurs quittent la maison pour des « vacances » avant de revenir quelques jours plus tard.


Pour finir, le 2 août 1892, Andrew, Abby ainsi que Bridget, présentant tous trois d’importants soucis de santé furent diagnostiqués victimes d’une intoxication alimentaire. Étrangement, Abby était certaine d’avoir été empoisonnée. Ils durent cependant se remettre sur pied très vite car le lendemain, le meilleur ami de Andrew, John Morse, arrive au domicile des Borden pour y passer quelques temps.



La journée du meurtre


La journée du 4 août 1892 se déroula de la manière la plus banale qui soit. Les habitants de la maison des Borden prirent leur petit déjeuner vers sept heures. Autour de la table il y avait Abby, Andrew et son ami John. Puis une fois le petit déjeuner terminé, les hommes allèrent dans le salon et Abby s’attela aux tâches ménagères. Pendant ce temps, Bridget Sullivan se remettant avec difficulté de son intoxication alimentaire de l’avant-veille alla vomir à l’arrière de la maison, a l’abri des regards.


Tout comme Emma, John quitta le domicile vers neuf heures afin de rendre visite à des connaissances résidant non loin d’ici. Andrew, lui, s’en alla travailler dans la matinée emportant avec lui des lettres que sa fille Lizzie lui avait demandé de poster. Après le départ d’Andrew il ne resta plus qu’Abby, poursuivant ses tâches ménagères à l’étage et Bridget, qui alla nettoyer les carreaux à l’extérieur de la maison sur ordre de Lizzie prenant, elle, son petit déjeuner vers neuf heures trente.


Dans l’heure qui suivit, Abby qui s’affairait dans la chambre d’amis s’écroule sur le sol, dans une mare de sang, quelqu’un venait de l’assassiner. Puis Andrew rentre du travail à dix heures quarantecinq et s’allonge sur le canapé du rez-de-chaussée pour faire une sieste, ignorant que le cadavre de sa femme gît au deuxième étage. Après un laps de temps d’à peine quinze minutes, le corps d’Andrew est lui aussi retrouvé sauvagement mutilé. Lizzie, à l’origine de cette macabre trouvaille, appelle alors Bridget dormant au troisième étage. Alarmés par les deux femmes, les voisins et le médecin de famille sont rapidement dépêchés sur place. Pendant que la jeune Lizzie est prise en charge, Bridget monte les escaliers et découvre alors le corps de la maîtresse de maison. Avec désormais deux cadavres sur les bras, l’hypothèse du meurtre n’est plus à prouver.



L’enquête


Le 9 août 1892, une enquête pour homicide fut donc ouverte. L’analyse des deux corps mutilés révéla plusieurs choses. Andrew fut assassiné à l’aide d’une arme tranchante qui lui sectionna la boite crânienne en deux et lui arracha l’œil gauche. Après les onze coups violents assenés sur son visage, il est méconnaissable. Quant à Abby dont la mort précéda celle d’Andrew, elle fut victime de la même arme et mourut sur le coup. Son bourreau lui donna pourtant dix-huit coups supplémentaires dans le dos. Concernant l’arme du crime, une hache correspondant aux entailles fut retrouvée dans le sous-sol de la maison. Malheureusement le manche de l’arme a été sectionné, selon la police il s’agirait probablement du meurtrier qui aurait tenté de le dissimuler car il devait être maculé de sang. Nous pouvons donc de manière sûre affirmer que pour s’acharner sur eux de la sorte, leur assassin devait être empli d’une rage intense et d’une haine sans précédent à l’égard des deux victimes. Mais qui peut bien éprouver ces sentiments envers eux ?


Photographie de la scène de crime, à gauche le corps de Andrew et à droite celui de Abby ©VLamkin 2018-2024

Les enquêteurs partirent du principe que le meurtrier était externe à la famille et les réponses de Lizzie à leurs questions ne firent que les conforter dans cette idée. Elle affirma avoir été témoin d’une dispute entre son père et un étranger quelques jours auparavant. L’enquête de voisinage révéla également qu’un étranger aurait été vu près de la maison ainsi qu’une calèche de deux hommes. Cependant ces pistes n’aboutirent pas, l’étranger était un vagabond et les deux hommes étaient simplement perdus. Persistant dans leur hypothèse du meurtrier externe, les enquêteurs s’interrogèrent ensuite sur un possible suspect dans les affaires d’Andrew. Désormais sur la liste des suspects figurent un locataire d’une maison dont Andrew était propriétaire et un fermier avec qui il aurait eu une discussion relativement animée. Aucune de ces pistes ne sera pertinente. Les sœurs Borden proposent alors une récompense de cinq mille dollars pour toute information mais aucun témoignage fiable ne sera relevé.


La police décida alors de se rapprocher peu à peu de l’hypothèse d’un meurtrier au sein du foyer. Elle se focalisa alors sur John Morse, l’oncle de Lizzie, supposant que seul un homme pouvait être capable d’une telle barbarie. Cependant, John Morse possède un excellent alibi concernant le jour du drame, il est donc rapidement écarté de la liste des suspects, tout comme Emma.


Mais si ce n’est pas un étranger, ni un locataire, ni un fermier, ni John Morse, ni Emma, il ne reste que deux noms figurant sur la liste : Lizzie Borden et Bridget Sullivan. Les enquêteurs commencèrent alors à s’interroger sur la véritable nature des deux filles et sur leurs intentions. Malheureusement, les seuls témoignages, provenant des suspectes, l’enquête est mise à mal par les multiples déclarations contradictoires de Lizzie. Celle-ci déclara tout d’abord avoir été dans la grange afin d’y trouver du fer dans le but de s’en servir pour confectionner des hameçons pour la pêche. Par la suite, elle assura s’être rendue dans la grange afin d’y manger quelques poires. Or un détail vient discréditer ses affirmations : ce jour-ci, la température était très forte rendant la grange inaccessible à cause de la chaleur insupportable. De plus Lizzie témoigne de choses que personne d’autre ne certifie. Même si l’incohérence de son témoignage peut être expliqué par le fait que le médecin de Lizzie lui ait administré de la morphine afin de la calmer, les suspicions déjà présentes dans tous les esprits mènent les enquêteurs à se concentrer sur elle. Cependant une chose reste énigmatique : deux meurtres ont étés commis dans cette demeure et Bridget, se reposant au deuxième étage au moment des faits, n’a rien entendu ? Il s’agit-là d’une chose difficilement concevable. L’investigation se tourne alors vers les nombreuses preuves ou éléments pouvant incriminer l’une des deux jeunes filles. Tout d’abord, les portes de la maison étant verrouillées à double tour de l’intérieur il est impossible que quelqu’un d’externe se soit introduit dans le domicile et les seuls responsables des crimes perpétrés dans la maison sont donc eux aussi des habitants de la maison. Ensuite, Lizzie semble complètement détachée de la situation, nous pouvons peut-être considérer cela comme un choc suite à la perte brutale de son père, mais il s’agit tout de même d’une réaction plus que douteuse. Rappelons également que l’avant-veille du meurtre tous les membres de la famille furent malades suite à une intoxication alimentaire sauf Lizzie et sa sœur, Abby supposait alors avoir été empoisonnée. Il s’agit-là d’une supposition peu banale. De plus, la veille du crime Lizzie se confia à l’une de ses amies concernant un poids pesant sur elle dont elle ne parvenait pas à se débarrasser.


Chaque indice incriminant de plus en plus Lizzie, la fille de la victime ne tarde pas à être officiellement désignée comme principale suspecte. Ce terme lui est attribué par le maire de la ville lui-même, le 6 août 1892, jour de l’enterrement des deux victimes auquel assistent plus de mille cinq cent personnes. Les accusations du maire de Fall River gagnent en crédibilité lorsque l’oncle de Lizzie, Hiram Harrington, témoigne d’une discussion trouble et douteuse qu’il eut avec la suspecte. Selon lui, lors de leur conversation Lizzie insistait grandement sur les gestes affectueux qu’elle eut envers son père le jour du meurtre. Cependant, les démonstrations d’affection à l’égard d’Andrew ne sont pas dans ses habitudes. Hiram affirme que Lizzie parlait des événements avec un grand détachement, ce qui corrobore avec les témoignages des enquêteurs. Néanmoins cela n’étonne pas Monsieur Harrington car il connaît bien Lizzie et celle-ci n’a visiblement jamais été très expressive. L’oncle de Lizzie voit néanmoins un motif qui aurait pu pousser Lizzie à commettre l’irréparable : l’héritage d’un demi-million de dollars qui était un sujet très sensible entre la jeune fille et son père.


Les témoignages à l’encontre de Elisabeth Borden se font de plus en plus nombreux et appuient avec force la thèse de sa culpabilité. Le lendemain de l’enterrement, la voisine des Borden, Alice Churchill fait part aux enquêteurs d’un fait étrange. Elle aurait vu Lizzie brûler la robe bleue qu’elle portait le jour des meurtres, trois jours après ceux-ci. Un second témoin rapporte que la jeune fille avait acheté une petite hache la veille du drame. Le 14 août, un dernier témoignage vient sceller le destin de la jeune fille, le pharmacien de la ville rapporte aux enquêteurs que Lizzie était venue lui acheter un dérivé de cyanure deux jours avant les meurtres, le 2 août, jour ou toute la famille souffrait d’une sévère intoxication alimentaire, la suspicion d’empoisonnement d’Abby tombe sous le sens désormais.



L’arrestation


La jeune Lizzie Borden est alors arrêtée le 11 août 1892 par le lieutenant Hilliard.


Le lendemain de son arrestation, elle plaide « non coupable » et est emprisonnée à Taunton. Lors de son audience préliminaire, le juge Blaisdell semble avoir un avis bien tranché concernant la situation : elle est coupable.


Le 2 décembre, Lizzie est mise en examen et inculpée pour meurtre. Son procès se tiendra le 5 juin 1893 et elle bénéficiera des avocats Andrew Jennings, Melvin Adams et George Robinson, des avocats de renom.



Le déroulement du procès


Durant le procès, la stratégie déployée par l’accusation est exceptionnellement bien rodée. La séance s’ouvre avec le brandissement de la robe bleue à moitié calcinée que Lizzie Borden portait le jour du crime. Puis quelques minutes plus tard, l’accusation expose aux yeux de tous une preuve funeste : les crânes endommagés de Abby et Andrew. Coté psychologie, l’association successive de la robe brûlée incriminant la présumée coupable, suivie de l’image des crânes reflétant l’intensité du meurtre est sensée produire dans l’esprit des jurés et du juge un sentiment de culpabilité évidente de Elizabeth Borden. À la vue des deux crânes brisés, coup de théâtre, Lizzie s’évanouit. Le procès est donc suspendu. Lorsque celui-ci reprend, l’accusation montre désormais la hache retrouvée dans la cave afin de mettre en évidence l’atrocité et la violence inouïe du crime. Cette stratégie incriminant Lizzie à l’aide d’items la reliant aux meurtres est utilisée dans le but de déstabiliser et choquer les jurés car l’accusation a conscience qu’il n’existe aucune preuve formelle prouvant la culpabilité de Elizabeth. L’un des avocats de la partie civile ne manqua pas de décrire également les meurtres comme « non pas relevant d'une force masculine, mais de la main d'une personne qui n'était forte que par haine et le désir de tuer » afin de déconstruire l’idée que seul un homme pouvait être capable de telles atrocités.


Photographie du crane de Andrew Borden © 2021 Atlas Obscura

Photographie du crane d'Abby Borden © 2021 Atlas Obscura

Photographie de la potentielle hache ayant servit à commettre les crimes © 2021 Atlas Obscura

Après avoir exposé les différents objets reliés aux crimes, l’accusation espère convaincre de la culpabilité d'Elizabeth en faisant ensuite défiler les nombreux témoins : tout d’abord le pharmacien à qui Lizzie a demandé du cyanure afin de traiter les mites sur son manteau en peau de phoque mais le pharmacien ne fut pas dupe, la peau de phoque ne craint pas les mites. Il refusa donc de lui en vendre. Puis ce fut au tour de la voisine de Lizzie qui la vit brûler sa robe et enfin ce fut les enquêteurs, relatant le fait que Lizzie avait menti sur sa présence dans la grange au moment des faits, ce qui était impossible à cause de la chaleur extrême de celle-ci.


Malgré l’ingénieuse tactique de l’accusation ayant présenté les objets nécessaires et les témoins importants, il en fallut de peu pour retourner l’esprit des jurés. Un témoin de dernière minute affirmant avoir effectivement vu Lizzie sortir de la grange le jour des crimes suffit à prouver que la chaleur de celle-ci n’était pas si intolérable que les enquêteurs le supposaient. Par la suite, Emma témoigna également en faveur de sa sœur, sans étonnement, mais son manque de conviction lors de son témoignage fut bien visible.


C’est avec surprise que l’audience constata que le juge ayant auparavant eu un avis tranché concernant la culpabilité de Lizzie faisait désormais preuve de clémence et de neutralité. Il déclara le premier témoignage trouble de l’accusée comme irrecevable de par le fait qu'Elizabeth était alors sous morphine. Tout comme le témoignage du pharmacien car selon lui l’achat de produits toxiques ne consiste en rien en une volonté d’atteinte à la vie d’autrui. En quelques minutes, le juge venait alors de détruire les deux arguments clés de l’accusation pour laquelle il ne restait que de vagues spéculations.



Le verdict


Dessin de Lizzie avant de rendre le verdict ©Design Pics Inc/REX Shutterstock

Le 20 juin 1893, le jury ne nécessita que d’une heure pour déclarer Elizabeth Borden non coupable. Cette affaire fit couler beaucoup d’encre et chacun se faisait son idée sur la culpabilité ou non de Lizzie Borden.



L’avis du grand public


Bien qu’elle soit considérée innocente aux yeux de la loi, les habitants possèdent un point de vue tout autre. Si elle a été acquittée, elle fut ostracisée de Fall River, les habitants ne voulant pas d’une meurtrière dans leur ville. Ce fait divers désormais dans toutes les discussions, une comptine fut même créée par les enfants du quartier. Traduite en français la comptine est la suivante : « Lizzie Borden prit une hache, et donna à sa mère quarante coups ; Quand elle a vu ce qu’elle avait fait, elle en donna à son père quarante et un. ». Les phrases qui la composent sont pour le moins équivoques concernant le point de vue du peuple sur la culpabilité de Elizabeth Borden.



La nouvelle vie de Lizzie


Faisant fi des railleries des habitants de Fall River, elle acheta avec la fortune de son père la villa Maplecroft. Située dans sur les hauteurs de la ville, elle y élira domicile avec sa sœur Emma. Par la suite, elle modifia son nom, se faisant désormais appeler Lisbeth Andrew Borden au lieu de Lizzie. En se créant une nouvelle identité et une nouvelle maison, c’est une nouvelle vie que Elizabeth compte se construire.


Malgré sa nouvelle accusation pour vol en 1897 ternissant encore plus sa réputation et attisant la haine des habitants de Fall River, Elizabeth donne de nombreuses soirées dans sa nouvelle villa et vit dans le luxe.


En 1904, elle refit parler d’elle à cause de sa proximité qui dura jusqu’à 1906 avec Nance O’Neil, une femme mariée et endettée qu’elle rencontra à Boston. La rumeur suppose que Nance soit lesbienne et entretienne une relation intime avec Elizabeth n’ayant jusqu’alors jamais été vue en compagnie masculine.


L’année suivante sa sœur décide de partir définitivement de Maplecroft. Après cet événement pour le moins inattendu elle ne reparla plus jamais à sa sœur. Les raisons de son départ restèrent cependant inexpliquées. Peut-être aurait-elle appris que Elizabeth était lesbienne et étant très religieuse cette annonce l’aurait choquée et aurait été le motif de son départ. Ou bien peut être qu’elle découvrit certaines choses reliant Lizzie au meurtre de son père et aurait décidé de couper tout lien avec elle.


Et ce, jusqu’à sa mort, douze ans plus tard le 9 juin 1927. Précédée de seulement 8 jours par Elizabeth qui tomba gravement malade et mourut à soixante-sept ans d’une pneumonie le 1er juin 1927, emportant avec elle tous ses sombres secrets. Peu de gens vinrent pleurer Lizzie, peut-être parce que son enterrement ne fut pas annoncé, ou peut-être parce qu’elle était détestée. Elle fut inhumée aux cotés de ses parents dans le cimetière d’Oak Grove sous le nom qu’elle avait choisi de prendre, Lisbeth Andrew Borden. Elle décida de léguer trente mille dollars à une association de protection des animaux, cinq cent dollars à l’entretien de la tombe de son père et le reste fut dédié à son ancienne domestique Bridget Sullivan qui mourut vingt ans plus tard. Sur son lit de mort, celle-ci déclara avoir menti sur ses occupations le jour du meurtre afin de protéger Lizzie. La mort des derniers protagonistes était certainement la seule façon de mettre fin a cette sordide affaire dont la majeure partie restera à jamais non-élucidée.



Analyses et recherches


Cependant, de nombreux passionnés, historien et enquêteurs de tous temps se sont penchés sur cette cold case en espérant un jour éclaircir ses parts d’ombres. Certaines théories pertinentes sont ressorties.


Tout d’abord, le motif de l’héritage discuté dès le jour des meurtres continua d’être exploité pendant de nombreuses années par la suite. Lizzie et son père entretenaient de mauvais rapports à cause du fait que celui-ci dilapidait une partie de l’héritage de ses deux filles dans les cadeaux faits à sa nouvelle femme. Selon les historiens, cette hypothèse très pertinente mettrait en avant la culpabilité d’une autre personne : Emma, compte tenu du fait que sa partie de l’héritage était également mise en péril par son père. Mais pourquoi Bridget Sullivan aurait elle décidé de couvrir les meurtres ?