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Les vampires en archéologie

Les vampires sont incontournables dans la culture mythologique actuelle et notamment grâce au cinéma. Il existe un grand nombre de films et de séries les représentant, ces œuvres ont souvent un grand succès auprès du public. Mais avant d'être un mythe, il s'agit d'une croyance trouvant ses origines dans de nombreux folklores à travers l'Europe. Pour preuve, la découverte de multiples tombes étranges, par des archéologues, qui pourraient s'apparenter à des tombes de vampires. Nos ancêtres croyaient-ils vraiment aux vampires au point de les enterrer de façon à ce qu'ils ne reviennent jamais ?


Squelette polonais, possiblement d'un vampire, avec une pierre dans la bouche et un clou dans la jambe. © 2020 Verizon Media.

Les vampires sont des êtres assoiffés de sang qui reviennent d'entre les morts pour se nourrir. Ce n'est qu'au XVIIIe siècle que le terme de « vampire » apparaît pour la première fois en Europe. Jusqu'à cette époque, les rares morts-vivants cités dans des textes sont décrits comme plutôt inoffensifs et peureux. La seule croyance se rapprochant du vampire (avant sa première citation) est celle des « morts-mâcheurs », que l'on entend grogner dans leur tombe car ils sont occupés à ronger leur linceul. La croyance veut qu'ils ne sortent pas de leur tombe, mais ce mythe évolue, jusqu'à affirmer qu'ils sortent pour manger des humains. Cette croyance germanique va se répandre dans toute l'Europe.


Avant cela, c'était surtout dans les pays slaves que certains morts-vivants pouvaient être dangereux, il existe un récit datant de 1492, où un village entier russe se serait fait attaquer et dévorer par des morts-vivants. Les vampires tels que nous les connaissons sont une construction littéraire du XIXe siècle, qui sont cependant inspirés des croyances des pays de l'Est.


En Europe de l'Ouest, on peut parler de vampires à partir du XVIIe et XVIIIe siècle. Avant cette époque, on parle surtout de morts-vivants, c'est dans ce but que les tombes retrouvées ont été éventuellement modifiées. Les exemples de tombes de vampires les plus probants se situent dans le nord de la Pologne à Drawsko. Puisqu'à la même époque, il existe déjà des croyances de revenants suceurs de sang à cet endroit.


Dans ce cimetière du XVIIe et XVIIIe siècle, six corps ont été enterrés de manière à ce qu'ils ne puissent pas sortir de leur tombe. Des pierres sont placées dans la bouche (sans doute pour éviter que l'âme ne retourne dans le corps), des faucilles mis sous la gorge (s’ils essayaient de se relever ils se trancheraient la gorge), et les jambes sont brisées afin qu'ils ne puissent plus marcher. Cependant, il est difficile d'affirmer avec certitude que ces tombes étaient bien celles de vampires. Du fait qu'il existait beaucoup de rites mortuaires différents, variables en fonctions des époques et des situations (épidémies, etc.).


Squelettes de Draskow, celui de gauche avec une faucille sous la gorge, celui de droite avait une pierre dans la bouche et une faucille au niveau du tronc. © Copyright Toronto Star Newspapers Ltd. 1996 – 2020

Il existe de multiples tombes avec les mêmes caractéristiques, d'époques différentes dans l'Europe de l'Ouest. Des squelettes ont été retrouvés avec des pierres dans la bouche, des clous plantés dans le crâne, les jambes brisées. Mais cela pourrait plus s'apparenter à une peur des revenants en général que celle des vampires puisque ces corps ne se situent pas dans l'ère géographique des mythes vampiriques (pour les squelettes antérieurs au XVIIe siècle). Par la suite, le mythe va se répandre et de plus en plus de sépultures seront édifiées pour répondre à cette peur.


Selon les thèses archéologiques, il semble compliqué d'affirmer l'existence ou la présence des vampires dans nos sociétés passées. Certains y croient, d'autres non, mais il est sûr que ces pratiques servaient bien à accomplir quelque chose en lien avec l'au-delà et, dans la plupart des cas, les revenants. Le problème étant de savoir lesquels.


Eloïse