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Les Reclus de Monflanquin : une famille sous emprise

Les reclus de Monflanquin. Une expression qui a fait le tour de la presse pendant des années. Elle désigne en fait le calvaire d'une famille entière, coupée de la réalité sous l'influence un gourou : Thierry Tilly. Les De Védrines ont vécu sous sa coupe pendant plus de neuf ans.


Cette histoire rocambolesque commence de façon tout à fait banale. Une simple rencontre professionnelle. Nous sommes en 1999 à Paris. La Femme Secrétaire, une école de secrétariat, recherche un homme à tout faire. Cette école a récemment été reprise par des parents d'élèves et notamment Ghislaine De Védrines qui y est très impliquée. Un de ses amis, un avocat, lui recommande Thierry Tilly. Ghislaine et Thierry s'entendent bien, il est embauché. Il doit remettre en état l'école, redonner leur jeunesse aux locaux. Il est aussi doué en informatique ce qui arrange l'école. Petit à petit, Thierry Tilly devient le numéro deux de l'école, derrière Ghislaine De Védrines.


Thierry Tilly commence à découvrir sa patronne : son mariage, ses enfants, sa famille, mais surtout son château familial. En quelques mois, Thierry arrive au poste de directeur adjoint. Il transforme l'école en véritable forteresse : caméras de vidéo-surveillance et vigiles montent la garde. Thierry en apprend de plus en plus sur les De Védrines, jusqu'à s'y faire une place. Pendant l'été 2000, il dîne au château familial, le château de Monflanquin. Il y rencontre tous les membres de cette grande famille : frères, sœurs, enfants, parents. Thierry Tilly est passé en moins d'un an de parfait inconnu à membre de la famille.


S’il arrive à se faire une place facilement dans la famille, c'est parce qu’il s'est insinué dans la vie de ses membres. Thierry ne compte pas son temps pour aider chacun à régler ses petits problèmes personnels. Il a le cœur sur la main, mais il est surtout très convaincant. Ghislaine est la première auprès de qui il commencera à distiller d'étranges idées. Son emploi à l'école à ses côtés ne serait qu'une couverture. Une couverture de quoi me direz-vous ? Et bien, une couverture pour son rôle d'agent spécial au service de la France. Thierry aurait le bras long, le bras tellement long qu'il aurait des relations à l'OTAN.


À tous les De Védrines, il raconte la même histoire, la même menace. Les Francs-Maçons, tout comme les Rose-Croix leur en veulent. Ces deux mystérieux groupes les surveilleraient, les observeraient. Ghislaine est la première à tomber des nues devant ces affirmations. Mais, elle se met rapidement à penser que Thierry doit avoir raison. La sage mère de famille commence à porter des lunettes de soleil en toute occasion. En effet, elle a observé que des camionnettes la suivaient, tout comme des hommes avec des oreillettes. Ghislaine serait donc vraiment surveillée, peut-être même en danger depuis tant d'années ! Tous les membres de la famille commencent à croire à ces histoires : après tout, ils sont une famille de la haute société.


Photo de la famille De Védrines, non datée. Tout semble encore normal dans cette famille bourgeoise ! © © AFP Jean-Pierre Muller

À l'automne 2000, les membres de la famille amorcent un changement qui va bouleverser leur vie. Le frère de Ghislaine, Philippe De Védrines, change du tout au tout. Il devient nerveux, méfiant envers tout le monde. Thierry devient son maître à penser, celui qui a raison. À chaque visite dans le château familial, des éléments semblent avoir disparu ou s'être déplacés. Pour lui, ce sont des avertissements : quelqu'un leur en veut vraiment. Tous les membres de la famille De Védrines tombent peu à peu dans la même logique. La Terre entière leur en veut : les Francs-Maçons, les Rose-Croix, les pédophiles, les collaborateurs …


Jean Marchand, le mari de Ghislaine De Védrines, est le seul à rester lucide devant les histoires de Thierry Tilly. Thierry présente bien certes, mais ces histoires lui semblent trop grosses. Il observe le changement chez les membres de sa belle-famille. Un weekend de novembre 2000, il décide d'aller dans leur résidence secondaire, le château de Monflanquin. Il se croit seul sur le domaine, quand il est enfermé dans une pièce. Ce sont ces deux beaux-frères, les frères de Ghislaine, qui l'enferment. Il va rester quarante-huit heures sous leur surveillance, ainsi que celle de la grand-mère de la famille. Pour quel prétexte ? Jean Marchand serait en danger, il ne peut pas sortir de ce château. Heureusement pour lui, sa femme arrive et le libère, très peu préoccupée par cet étrange week-end et ce que ses frères ont fait à son mari. Jean décide de passer l'éponge : il veut préparer le mariage de sa fille dans les meilleures conditions possibles.


Un an plus tard, soit en septembre 2001, la grande fête du mariage a lieu. Jean Marchand est heureux, les noces se sont très bien passées et les jeunes mariés sont heureux. Jean décide de venir au château familial mettre un petit peu d'ordre après la grande fête. Au milieu de l'après-midi, sa femme Ghislaine et ses deux frères arrivent eux aussi au château. Ils ont l'air étrange, sont comme figés sur le perron de la bâtisse. Il décide d'aller à leur rencontre pour savoir ce qui ne va pas. Sa femme explose : elle lui lance un gant de jardin et un bouquet de fleurs séchées aux pieds. Elle sait ce que trame son mari, il fait parti d'une secte, elle l'a découvert ! Jean fait même partie d'un réseau maléfique ! Ses deux frères sont d'accord et sont surtout aussi hystériques que Ghislaine. Sa femme lui demande de faire ses bagages, il doit quitter la propriété tout de suite. Elle l'amène à la gare d'Agen sans un mot, sans une explication.


Jean Marchand est perdu : il vient de se faire expulser de la propriété familiale pour un motif fantaisiste. Jean sait bien qu'il ne fait partie d'aucun réseau maléfique ou d'une quelconque secte. Trois jours passent sans nouvelle. Dans un bureau de son domicile, il trouve un étrange e-mail. Il a été envoyé par Thierry Tilly à sa femme et explique sur le ton de l'instruction la scène de l'éviction dont Jean a été victime. Jean est troublé : ce mail explique en détail un plan pour l'évincer du domaine ! Il décide de porter plainte quand il s'aperçoit que ses comptes communs ont été complètement dépouillés.


Jean prend conscience que Thierry Tilly est vraiment un drôle d'individu. Il est le gérant de six sociétés, toutes en liquidation judiciaire. En 2000, il a même été condamné à une interdiction de gérer une entreprise après un procès pour abus de biens sociaux. Le plus inquiétant est encore à venir. Jean se rend compte que sa femme et ses deux frères ne sont pas les seuls sous la coupe de Thierry Tilly. Ce sont onze membres de la famille De Védrines qui semblent avoir sombré.


Le fameux château de Martel où la famille resta cloîtrée des années. © JEAN LOUIS AMELLA / MAXPPP

Un par un, ils sombrent dans la paranoïa. Au final, ces onze De Védrines s'installent à Monflanquin. On retrouve Ghislaine, ses deux frères, Philippe et Charles-Henri, et leur mère, Guillemette. Les deux frères embarquent aussi leurs femmes respectives. Les deux enfants de Charles-Henri et les deux enfants de Ghislaine sont aussi dans l'aventure. La fille de Ghislaine, qui venait de se marier, vient fêter Noël à Monflanquin, dont elle ne repartira finalement pas.


Tous les membres de la famille ne sont pourtant pas le type de personnes auquel on pense quand on imagine des gens tombant sous l’emprise d'un gourou. Les De Védrines font partie de la haute société protestante de Bordeaux. Charles-Henri par exemple, est un gynécologue-obstétricien qui rêve de politique. Il a même été sur la liste, non-éligible certes, d'Alain Juppé pour les municipales ! En un week-end, il abandonne tout : sa plaque de médecin est dévissée, ses valises faites. Il s'installe dans le château familial. Philippe lui est cadre dans l'industrie pétrolière. Tous sont très bien insérés, ont de l'argent et des amis.


Les De Védrines sont donc retranchés dans leur château. Nous avons beaucoup parlé de cette demeure, mais nous ne l'avons pas encore étudiée. Ce château se trouve dans la bourgade de Monflanquin, dans le Lot-et-Garonne. Située à deux heures de voiture de Bordeaux, cette ville compte alors moins de trois mille âmes. Tout le monde connaît donc la famille De Védrines, qui possède un des deux châteaux de la ville. On retrouve à Monflanquin le château de Roquefère, construit au XIIIe siècle, et le château de Martel du XVIe qui appartient aux De Védrines.


La petite ville est donc troublée quand elle voit que les De Védrines se confinent avant l'heure dans leur château. Ils sont encore plus troublés par leur étrange comportement. Ces nobles bien sous tout rapport et toujours polis accusent les villageois d'être des francs-maçons. Certains sont même victimes d'attaques verbales : l'une se fait traiter de ''salope'', quand on accuse un ami de la famille de messes noires et de participation à des parties fines.


La paisible bourgade de Monflanquin © AFP/Denis Caviglia

Le véritable coup de maître de Thierry Tilly ne s'arrête cependant pas là. Tilly n'apparaît plus après le printemps 2001. Il ne vient plus à Monflanquin. La famille n'est pas à son contact direct. Il donne ses ordres à distance, uniquement par téléphone, e-mail ou fax. Il monte les membres de la famille les uns contre les autres à distance. Ainsi, ils se surveillent et s'espionnent entre eux. Tous les ponts avec l'extérieur sont coupés. Les De Védrines vivent dans une bulle.


C'est dans ce contexte que les demandes d'argents arrivent. Tilly explique à la famille que c'est maintenant leur argent qui est en danger ! Il leur propose de mettre cet argent à l'abri, sur le compte de sa fondation humanitaire. Les De Védrines acceptent, ils vident tous leurs comptes. En 2000, un million sera transféré sur les comptes sécurisés de Thierry Tilly. La famille arrête même de payer ses impôts, alors que certains membres payaient l'impôt sur la fortune quelques années plus tôt.


En 2003, le fisc vient saisir les meubles de la propriété. Une preuve de plus que le monde leur en veut. Les onze De Védrines partent alors dans une autre propriété familiale proche de Monflanquin. Ils vivent dans une maison à Talade, volets fermés. La famille vit de rien, tout le monde s'occupe comme il peut à longueur de journée. La famille ne sort que quand elle y est obligée. Trois d'entre eux ne sont plus vus par personne.


Tilly tire cette fois les ficelles depuis le Royaume-Uni. Il réclame des notes de synthèse à la famille. Le huit-clos change de face quand Tilly fait venir les plus jeunes à Londres à ses côtés en 2006. Cela fait maintenant des années que la famille vit recluse. Les plus jeunes vivent à nouveau reclus, mais à Oxford. Le reste de la famille demeure encore en France.


Christine, l'épouse de Charles-Henri, devient l'élue : elle est choisie par Tilly pour une mission très spéciale. Elle est envoyée en Belgique, pour faire le tour des banques. Elle doit y récupérer une fortune léguée par les rois de France à sa famille. Évidemment, les banques belges n'ont jamais entendu parler de cet argent et n'en ont aucune trace dans leurs systèmes. Christine revient bredouille, terrifiée à l'idée d'être exclue de la protection qu'accorde Thierry Tilly à sa famille. Elle ne sera cependant pas bannie et restera encore des années sous emprise.


En 2008, la famille entière a migré de l'autre côté de la Manche. Pour subvenir à leurs besoins, mais surtout ceux de Thierry Tilly, la famille prend des petits boulots. Les uns deviennent jardiniers, quand les autres sont serveurs ou vendeurs. Tilly centralise les salaires, ou plutôt il les récupère sur son compte. Entre la vente des biens et le siphonnage des comptes, le gourou récupère entre quatre et cinq millions d'euros.


Ce n'est pourtant pas la fin. Christine, déjà envoyée chercher l'argent des rois de France, commence à avoir quelques doutes. Thierry Tilly réprime aussitôt ses pensées, et Christine le paye alors très cher. Il va convaincre tous les membres de la famille que Christine leur cache l'argent des rois de France. Pour qu'elle avoue ce mensonge, les siens vont la forcer à rester assise sur un tabouret. Christine est en fait attachée à ce tabouret, on l'empêche de dormir sous la surveillance des autres membres de la famille. Elle reste sur ce tabouret deux semaines. Elle ne peut pas aller aux toilettes, alors pour arrêter de s'uriner dessus, Christine décide de ne plus boire. Sa famille l'assomme ensuite de médicaments. Christine a vécu un supplice sur ce tabouret, sous les yeux de sa famille et de son mari.


Grâce à l'aide de son patron, Christine finit par revenir à la raison. Son patron est en fait un traiteur français, avec qui elle peut échanger et sortir des griffes du gourou. Elle lâche alors mari et enfants et fuit en France. Elle rejoint alors son beau-frère et sa compagne qui avaient aussi fui quelques mois auparavant. Christine rassemble un dernier élan de courage pour aller déposer plainte en mars 2009. Le juge bordelais en charge de l'affaire délivre alors un mandat d'arrêt européen contre Thierry Tilly.


Thierry Tilly, le terrible gourou sous ses airs sages. © Archives Fabien Cottereau

Thierry Tilly finira par être interpellé en octobre 2009 à Zurich, en Suisse. Il y est de passage pour déposer de l'argent sur un compte bancaire suisse. Ce compte, c'est celui de la Blue Light Foundation, une drôle d'association humanitaire sur laquelle nous reviendrons plus tard. Car, même si Tilly est interpellé puis écroué, les De Védrines sont toujours enfermés. Sans leur gourou, la menace est encore plus grande : plus personne ne peut les protéger.


Les membres de la famille déjà sortis de cette prison mentale aident à préparer une véritable opération d'exfiltration psychologique. Grâce à un psychanalyste et un criminologue, la famille retrouve peu à peu la raison. En décembre 2009, les membres sortent enfin de cette prison mentale qui les gardait captifs. Les De Védrines sont enfin libres, mais totalement détruits et ruinés.


Revenons maintenant sur la fameuse Blue Light Foundation, et remontons le temps. Nous sommes de retour en 1999. Cette année là, Thierry Tilly est en train de devenir un des membres de la famille De Védrines. Il a aussi rencontré Jacques Gonzales. Cet homme est un ancien importateur automobile. Jacques Gonzales et Jacques Conan (un médecin radié) viennent de fonder une fondation humanitaire : la Blue Light Foundation. C'est sur le compte de cette fondation que va atterrir la majorité de l'argent des De Védrines. Tilly n'a donc pas menti, l'argent est bien sur un compte de fondation humanitaire.


Cependant, la Blue Light Foundation ne mène aucune action. Rien n'est construit, envoyé ou donné à d'autres associations. L'argent du compte est dépensé par le président de la fondation, Jacques Gonzales. Ainsi, il va recevoir directement plus d'un million cinq cent mille euros. Alors qu'il se consacre à plein temps au lancement de cette fondation, Jacques Gonzales s'emploie surtout à dépenser cet argent. Il achète des montres de grandes marques, une luxueuse voiture allemande ou encore des tailleurs faits sur mesure.


Jacques Gonzales a donc crée une fondation fantôme. Il a pleinement eu son rôle à jouer dans l'affaire des reclus. Il était au courant de ce qui se tramait à Monflanquin. Un moment en particulier le prouve. En 2009, la famille est déjà à sec et Jacques Gonzales s'en plaint auprès de son collaborateur au téléphone : « J'en ai plein le c… de ces gens-là, il faut que l'argent rentre, moi, je vais lâcher les chiens ! ». Jacques Gonzales a en fait besoin de toujours plus d'argent pour sa fondation fantôme afin de subvenir à ses propres besoins.


Une question se pose alors : Jacques Gonzales est-il le donneur d'ordres de Tilly ? Plus grave encore, a-t-il manipulé le manipulateur ? Tilly ne deviendrait qu'un pion supplémentaire dans cette tragique affaire. En attendant le procès, Jacques Conan et Jacques Gonzales ont eux aussi été interpellés.


Le procès justement, nous y arrivons. Après trois ans d'attente, soit en 2012, les De Védrines se retrouvent en face de celui qui les a manipulés. Celui qui a créé sa propre légende : la légende Tilly. La famille l'accuse de les avoir coupés du monde pendant neuf ans avant de leur avoir soutiré près de cinq millions d'euros.


Pendant deux semaines, le tribunal découvre l'étendue de l'affaire. La presse découvre, médusée, ce qu'a vécu cette famille pendant des années. Ceux qui étaient sous son emprise témoignent. Tilly semble agité dans son box : il nie toute escroquerie. S'il a récupéré leur argent, c'est que les De Védrines lui auraient acheté des biens. Tilly en profite pour ajouter qu'il travaillait sous les ordres de Jacques Gonzales, accusé de complicité.


Quelques membres de la famille De Védrines au procès. On aperçoit Jean Marchand et Ghislaine De Védrines, ainsi que leur fils François et leur fille Guillemette. © Photo Pierre Sauvey

Certains finissent même par émettre des doutes sur la santé mentale de Tilly. L'homme tient en effet des propos assez étonnants. Thierry Tilly soutient parler huit langues, sans en donner la preuve. Pendant les deux semaines du procès, Thierry Tilly détaille une histoire familiale bien fournie. Sa grand-mère était la cousine de Vaclav Havel, un président de la République tchèque. Une de ses grands-mères tenait salon avec François Mitterrand. Un de ses grands-pères était résistant. À ses obsèques, Liliane Bettencourt aurait glissé à Thierry que s'il avait besoin d'elle, il pouvait la contacter. De plus, la cour a appris que Thierry avait du sang impérial de par son héritage Habsbourg. Thierry Tilly n'a cependant pas été déclaré irresponsable pénalement.


En 2012, Tilly est condamné à huit ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Bordeaux. Il a été reconnu coupable d'abus de faiblesse de personnes en état de sujétion psychologique. Comprenez qu'il a abusé des De Védrines alors sous emprise mentale et ayant donc perdu leur libre arbitre.


Après avoir fait appel, Thierry Tilly a été condamné à dix ans de réclusion, cette fois sous le chef de séquestration avec actes de tortures, abus de faiblesse et escroquerie. Il doit aussi verser des dommages et intérêts à la famille De Védrines, comme 80.000 euros à Christine De Védrines ou 60.000 euros à Amaury, le fils de Christine séquestré plusieurs mois par le gourou. En 2018, Thierry Tilly est sorti de prison après avoir purgé sa peine, pour être admis quelques semaines plus tard dans une unité de malades difficiles en hôpital psychiatrique. Il en serait aujourd'hui ressorti.


Le combat ne s'arrête pas là pour la famille. Sous l'emprise du gourou, la famille avait vendu le château de Monflanquin. La propriété a été vendue une première fois en 2008, quand la famille n'avait plus son libre-arbitre. Cette vente a donc été annulée pour ce motif en 2015. Mais, le château avait été revendu à une autre personne en 2009. L'acheteuse n'était pas en mesure de connaître l'état des précédents propriétaires. L'actuel propriétaire est donc considéré comme un tiers de bonne foi, et peut garder son bien. Les De Védrines ne peuvent ainsi pas récupérer le château qui les a accueillis dans les bons et les mauvais moments de leur vie.


Aujourd'hui, les membres de la famille se remettent chacun à leur manière de ces événements. Certains membres ont réussi à garder une partie de leurs biens, d'autres vivent en HLM. La plupart ont réussi à reprendre une activité professionnelle, et une vie plus normale. Jean Marchand a enfin pu retrouver sa femme Ghislaine, dont il avait été séparé dix longues années. Le couple aide maintenant des familles touchées par l'emprise mentale.


Cette longue et tortueuse histoire est tragique. Une famille entière en a subi les conséquences, tout cela parce que des êtres mal intentionnés ont su appuyer au bon endroit au bon moment. Comme le résume Jean Marchand, : « Vous voyez, il y en a qui ont des accidents de voiture, de santé, nous, c’est un accident de gourou. ».


- Emilie

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