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Les médiums et la médiumnité

Vous savez sûrement ce qu’est un médium et vous en voyez sûrement à la télé dans les films, mais savez vous réellement ce qu’est un médium ? Connaissez-vous leurs outils et les différents types de médiums qui existent ?


Qu’est-ce qu’un médium ?

Un médium est une personne qui est capable de voir, entendre ou ressentir des choses que personne d’autre n’est capable de voir, entendre ou ressentir. Il est généralement en mesure d’entrer en contact avec un monde invisible, une dimension spirituelle. Son but principal est d’aider les gens qui ont perdu des proches, faire passer des messages et dans certains cas, faire passer les âmes « de l’autre côté ». Contrairement à ce que l’on nous montre à la télé, les médiums ne voient pas toujours les âmes sous forme humaine mais aussi sous forme d’ombres.


Quels sont les outils que les médiums utilisent ?

Le premier outil le plus connu est le pendule divinatoire qui permet de répondre aux questions par oui, non ou peut-être. Le second est évidement le jeu de cartes de tarot, souvent utilisé dans les films, qui permet de faire des « prédictions ». Les deux peuvent s’acheter sur internet ou dans un magasin spécialisé en spiritisme. N’importe qui souhaitant s’en procurer peut le faire sans problème.


Illustration d’un pendule © Wengo 2020

Quels sont les différents types de médiums ?


Il y a autant de types de médiums que de médiums car chacun a sa spécialisation, cependant il existe tout de même six grandes catégories.


Le médium clairvoyant voit ce que personne d’autre ne peut voir tel que des esprits, des situations, des scènes et peut également percevoir des messages sous forme visuelle. Ses visions peuvent apparaître lors de son état d’éveil ou bien sous forme de rêves prémonitoires.


Le médium auditif entend de façon claire et distincte les entités. Il peut donc faire passer les messages qu’il entend et communiquer avec les esprits.


Le médium parlant prête sa voix aux entités qui ont un message à faire passer. Sa voix peut se transformer et il peut parler dans une langue qui lui est inconnue si c’est la langue de l’entité. Pour prêter sa voix, il entre généralement en transe.


Le médium écrivain prête sa main à l’entité afin de lui permettre de communiquer par écrit. Pour ce faire, il doit obligatoirement entrer en transe (ce qui est une pratique relativement dangereuse car rien n’assure au médium d’être capable de revenir à lui).


Le médium sensitif ressent les choses de façon plus forte que les autres. Il peut capter les énergies des vivants en absorbant leurs émotions par le touché mais également les émotions des esprits. Ils sont d’ailleurs souvent submergés par les émotions des personnes qui les entourent.


Enfin, le médium à table tournante permet aux esprits de se servir de son énergie et de sa sensibilité pour faire du bruit ou bien déplacer des meubles ou des objets. Il n’a pas besoin d’entrer en transe pour le faire.


Témoignage d’une médium de naissance :

« Je vois les morts depuis mon plus jeune âge. Des esprits qui ressemblent à vous et à moi, sauf qu’ils portent parfois des costumes d’époques révolues. Petite, je croyais d’ailleurs qu’à la maison nous vivions plus nombreux que juste mes parents, mes deux sœurs et moi. C’est qu’il y avait toujours du passage : des enfants, des adultes, un couple qui devait être les premiers propriétaires du lieu au XVIIIe siècle...


À mes yeux, il n’y avait là rien d’anormal : ces personnes étaient réelles, elles faisaient partie de notre quotidien et je leur parlais régulièrement. Dans mon entourage, on ne s’en inquiétait pas outre mesure. On mettait ça sur le compte de mon imagination d’enfant. Fervents catholiques, mes parents étaient loin de deviner ce que je vivais.


C’est à l’école que c’est devenu un problème. Comme je continuais à m’adresser aux entités qui m’apparaissaient, j’étais pour mes camarades celle qui joue et discute seule sous le préau. Autrement dit : une folle qui « faisait peur, ». À cet âge-là, ça ne pardonne pas. Harcelée, humiliée, quand ce n’est pas battue, j’ai compris que j’étais différente et que cette différence était malvenue. Je me suis donc tue. Mes parents, qui ignoraient tout de mon calvaire, m’ont vue me transformer en gamine sauvage et renfrognée souffrant de maux multiples chaque fois que je devais quitter le cocon familial. Si le monde des esprits ne m’a jamais fait de mal, le monde réel, lui, me terrifiait. On m’a bien amenée voir un psy, mais il n’a pas su s’y prendre pour que l’adolescente que j’étais se confie...


Quel soulagement quand j’ai terminé ma scolarité ! Affublée d’un look gothique, j’ai entamé des études artistiques. Est-ce lié à l’adolescence ? La période était relativement calme du côté des défunts. Mais je restais hyper-réceptive à tout ce qui m’entourait, avec le sentiment permanent d’être en décalage avec les autres.


Et puis il y a eu une rupture amoureuse. J’avais 19 ans, j’étais déjà fragilisée par mon parcours. Alors soudain, seule dans mon petit studio, j’ai chuté : j’ai fait une tentative de suicide. Ratée. Puis suivie d’une longue rémission : des années de médication, dont une hospitalisation pour dépression morbide. Au début, je me mutilais. J’entendais des voix dans ma tête qui m’incitaient à me faire du mal. Rien à voir avec le type de « visites » que je recevais jusque-là. J’étais clairement malade.


À coup de neuroleptiques et d’antidépresseurs, les voix ont disparu. Les contacts avec l’au-delà aussi. Enfin, à force de patience et cette fois de bons thérapeutes, j’ai pu raconter ce que je vivais depuis mon enfance.


Côté corps médical, pendant un moment, il y a eu suspicion de schizophrénie – je l’ai su bien plus tard. On me posait des questions du style : avez-vous l’impression que les gens dans la rue vous veulent du mal ? que la télé s’adresse à vous ?... Au fil du traitement, cette piste a été abandonnée. Côté famille, c’était la première fois que j’en parlais. Mon père a tout rejeté en bloc : pour lui, tout ça, c’était dans ma tête. Ma mère m’a avoué après coup avoir eu peur de moi. Je me suis sentie blessée, bien sûr. La seule à m’avoir comprise, à n’avoir jamais douté, c’est ma petite sœur. Côté amis, enfin, ce fut plus facile. Je m’étais entourée de gens capables de comprendre ma réalité. Même si cela a provoqué des réactions contrastées, pouvoir aborder le sujet a été libérateur.


Et puis j’ai entamé une formation de coiffeuse. En même temps, mes facultés extrasensorielles revenaient à mesure que je recouvrais la santé. Pendant une longue période, j’ai vu sous forme de flash-back des personnes disparues ; je ne les localisais pas, mais je savais si elles étaient encore en vie ou pas. Puis j’ai commencé à ressentir de plus en plus fort la mémoire des lieux. Les entités ont été les dernières à réapparaître. Elles débarquaient à n’importe quel moment, me demandant de l’aide. Dix années se sont écoulées ainsi, au cours desquelles j’ai cherché à comprendre et à me ressourcer via des livres ou via internet. J’y suis allée à l’instinct.


Un jour, lasse de m’épuiser dans un job où je ne m’épanouissais pas, j’ai tout plaqué pour revenir à la peinture. Après un crochet par Berlin où j’ai appris l’allemand, je me suis installée à Paris avec mon compagnon. Là, je me suis fait un nom avec mes tableaux dans les milieux alternatifs. Mais ce monde underground cumulé avec ma vie parallèle d’hypersensitive m’a vite épuisée. Alors je suis rentrée en Suisse, dans l’intention de prendre du recul.


C’est là que ma petite sœur m’a parlé de l’école de médiumnité de Neuchâtel, et m’a poussée à y aller. Malgré ma méfiance, j’ai rencontré son directeur, Hannes Jacob. Il m’a confirmé que j’étais médium et m’a conseillé de suivre les cours : non pas pour les contacts, que j’avais déjà, mais pour apprendre à fermer les portes avec l’au-delà et à me protéger. Méditer, s’enraciner... Avoir toute son énergie dans la tête, cela peut provoquer de graves problèmes de santé chez un médium, s’il n’y prend pas garde. Hannes Jacob l’explique très bien dans son livre Au-delà d’un défunt, où il donne de nombreuses techniques d’ancrage.


C’est ainsi que je me suis lancée. Au fil des mois, j’ai non seulement effectué de belles rencontres – comme celle de Tim Abbott, un médium anglais qui m’a encouragée à être fière de ce que j’étais et à me dépasser – mais j’ai aussi appris à gérer mes contacts avec le monde des défunts. Comment expliquer ? Avant, j’avais mes petits outils en bois ; l’école m’a fourni des instruments en acier chirurgical d’une grande précision qui me permettent de choisir les moments où les entités entrent en relation avec moi et, partant, de mener enfin une vie normale.


Ce tournant a eu des répercussions sur tous les plans. Mes parents ont compris d’un coup ce que j’ « avais » et se sont remis en question – nous avons aujourd’hui une relation formidable. J’ai recouvré en partie la santé. Je vis en couple et, parallèlement à la peinture, je pratique occasionnellement comme médium. J’y vais lentement. Le chemin n’est pas terminé. C’est un travail de tous les jours. Mais ça m’a permis d’ouvrir mes ailes. La vilaine petite chenille que j’étais devenue papillon. »


En conclusion, les médiums ne sont pas exactement ce que vous voyez à la télévision. C'est un métier, souvent critiqué et décrédibilisé à cause des émissions mais, ce n'est pas parce que vous ne croyez au surnaturel que forcément cela n'existe pas.


Estelle