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Les fées

Également appelées les faes ou faeries, les fées sont des créatures emblématiques des mythologies celtiques européennes. Si nous trouvons aujourd’hui des traces de fées dans des textes de l’époque médiévale, comme les mythes Arthuriens ou les légendes locales, leur origine est bien plus ancienne. On retrouve en effet des similitudes intéressantes entre les fées médiévales et les Tuatha Dé Danann, les dieux ayant supposément régné sur l’Irlande celtique en 1900 av. J-C, ainsi que les Fomorians, leurs ennemis jurés.


L a D a n s e d e s F é e s © A u g u s t M a l m s t r ö m

Généralement décrits comme des êtres immortels aux connaissances avancées sur leur temps, ils sont capables de voyager entre le monde des morts et le monde des humains à leur guise, en passant par des lieux sacrés considérés comme des portails. Si ces êtres étaient parfois considérés comme des anges tombés du paradis, il valait mieux se méfier d’eux. En effet, leur estime sur la race humaine était moindre et ils n’hésitaient pas à se servir d’eux pour arriver à leurs fins, ne se morfondant pas si l’humain en question venait à mourir.


Le terme de fée a pu désigner à travers les âges les habitants du Petit Peuple, comme les gnomes, les gobelins ou les sprites (plus communément appelés des lutins), et ce particulièrement au Royaume-Uni.


Dans l’Ancien Français, le terme « fée » voulait en réalité dire sorcière, une femme dotée de pouvoirs magiques, savant concocter des potions et lancer des sorts. C’est d’ailleurs l’image qui a perduré jusqu’à nos jours, bien différente des créatures comme les elfes ou les lutins. Ce n’est qu’au XVIIIème siècle, que les fées sont décrites comme ayant des ailes et une baguette magique. Elles sont en général détachées de « l’Autre Monde », préférant s’intéresser aux affaires humaines plutôt qu’à celles de son propre peuple. Facétieuses, certaines de leurs plaisanteries s’avèrent mortelles pour les humains, qu’elles peuvent entrainer dans une danse effrénée jusqu’à la mort. Comme mentionné dans l’article sur les changelins, les fées sont également responsables d’enlèvements d’enfants humains et de leur remplacement par ces créatures. Pour se prémunir d’avoir à faire face à des fées, les bienfaitrices étant difficilement différenciables des malveillantes, les pratiques étaient (et sont encore dans les pratiques néopaïennes) nombreuses. Tout comme l’argent repousse les loups-garous, le fer peut être utilisé contre les fées. Le fait de garder sa maison rangée évite que les fées du logis ne s’en prennent à ses occupants au milieu de la nuit. Sortir de chez soi en ayant du pain dans ses poches, permettait de s’assurer protection contre les fées malveillantes qui pouvaient voir d’un mauvais œil la fabrication d’un tel aliment, nécessitant la destruction de champs entiers de blé afin d’obtenir la farine nécessaire à sa confection. De la même manière, le fait de porter ou d’utiliser certaines plantes comme les trèfles à quatre feuilles, plante emblématique portant chance, généralement laissée dans le sillage de la déesse mère Dana.


L a B e l l e D a m e S a n s M e r c i © F r a n k B e r n a r d D i c k s e e

L’on retrouve plusieurs types de fées dans les folklores français et britannique, dont voici une liste non-exhaustive :


- La Fée Marraine, également appelée la Bonne Fée, est une fée bienveillante qui influe sur le destin des humains, que cela soit à leur naissance en se penchant au-dessus de leur berceau, ou en faisant don au héros d’un conte, d’un objet magique lui permettant d’achever sa quête. La figure de la Fée Marraine est directement inspirée des fées du destin grecques : Les Parkes.


- La Fée Amante est une femme d’une beauté irrésistible, à laquelle les hommes la croisant ne peuvent résister. Cette dernière leur promet d’exaucer leurs souhaits, tout en leur interdisant formellement une chose en particulier. Dans le cas de la fée Mélusine, elle fait de lui un puissant seigneur mais lui interdit de lui rendre visite le samedi. Le seigneur Raymond de Lusignan respecte cette interdiction et le couple met au monde dix fils dont huit d’entre eux sont atteints d’une malformation allant d’une oreille plus grande que l’autre à une défense de sanglier dépassant de leur bouche. Le frère de Raymond, jaloux de son bonheur, lui suggère que sa femme doit très certainement le tromper tous les samedis. Le mari de Mélusine se rend de ce pas s’assurer que sa femme lui est fidèle, mais l’aperçoit en train de se baigner, la moitié inférieure de son corps transformé en corps de serpent. Mélusine, apprenant sa trahison, se jette d’une fenêtre et s’enfuit. La légende veut qu’on l’entende encore aujourd’hui, à chaque fois qu’un membre de la famille de Lusignan ne décède ou qu’une de leurs propriétés est vendue.


Couverture du livre pour enfants La Fée Mélusine © Hervé Le Gall

- La Mauvaise Fée est quant à elle une fée malveillante, comme la fée présente dans le conte de La Belle au Bois Dormant. Cette dernière n’a pris le nom de Carabosse que quand l’histoire a été adaptée en ballet classique, ou Maléfique avec l’adaptation du conte par les studios Disney. Carabosse est, à l’origine, une fée ayant jeté un sort à Obéron, le Roi des Elfes dans un chanson de geste du XIIIème siècle. D’autres mauvaises fées peuvent être retrouvées dans la culture française, comme La Fausserole, par exemple : une fée d’apparence juvénile et très belle, toute de blanc vêtu, faisant donc croire à sa pureté, qui s’amuse à séduire les hommes, les épouser puis les tuer.


- Les Fées du Logis préfèrent vivre en compagnies d’humains au sein de leur foyer, l’entretenant en échange et apportant protection à la famille en question.


- Les Fées des Eaux sont généralement appelées les Ondines : les nymphes protectrices des rivières, fleuves et ruisseaux. Afin que ces cours d’eau ne continuent à être alimentés par les ondines, la tradition veut que l’on y jette des offrandes brillantes pour flatter les Ondines.


- Les Fées des Airs ou les Sylphides sont, tout comme les Ondines, des êtres s’apparentant aux fées ainsi qu’aux elfes. Bien qu’il existe des Sylphes, l’espèce est dite en majorité peuplée de femmes grandes, blondes à la peau très pale et à la beauté incomparable. Dotées d’ailes, elles portent un grand intérêt aux humains jusqu’à ce que ceux-ci ne se montrent grossiers, auquel cas elles coupent tous liens avec ces derniers.


Si par malheur vous veniez à voir une fée, ou pire encore à l’offenser, il ne reste qu’une seule solution pour garder la vie sauve : leur faire des offrandes jusqu’à ce que votre faute ne soit pardonnée. Ces offrandes peuvent aussi bien prendre la forme de petits bouquets de roses, de pensées ou de menthe, que celle de bijoux, de pièces d’or, de cristaux, de clochettes, ou encore de fruits de fin de saison comme les pommes, les pêches ou les prunes.


Lucile