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Le vampire : une définition plurielle

Mis à jour : 26 mai 2019



Lorsque l’on parle de vampire, on s’imagine une créature sanguinaire, démoniaque ; au physique avantageux. Une vision notamment liée au célèbre roman « Dracula » et qui est plutôt éloigné de la réalité par bien des aspects. Le mythe du vampire existe depuis plusieurs siècles au sein de plusieurs civilisations. Cette divergence d’opinion fait naître en son sein des croyances très différentes, autant d’un point de vue physique que psychique. Parfois affreuse, parfois magnifique, mangeuse d’âme, de corps ou de sang. Vulgairement parlant, le vampire se caractérise par des crocs acérés mais surtout par sa soif de sang. Son teint blanchâtre et son impossibilité à sortir le jour sont aussi des caractéristiques populaires du vampire.



Si cette description est avant tout cinématographique, certains aspects du mythe du vampire sont bel et bien inspirés de la réalité. Prenons pour exemple l’aversion des vampires pour l’ail. Selon la légende, mettre de l’ail devant la porte serait un répulsif puissant contre ces créatures. Même si cela semble tiré par les cheveux, cette croyance populaire date du temps de l’Antiquité grecque et égyptienne. D’après l’histoire, l’ail était à cette époque utilisé pour éloigner les mauvais esprits. On raconte aussi qu’au Moyen Âge, les villageois portaient des gousses en collier pour se protéger des sorcières.


Les vampires à travers les continents

L’Afrique qui est un véritable hameau de contes et de légendes possède son lot de vampires. En Afrique du sud on croit chez les Zoulous et les Xhosas à l’existence des Impundulus, une version beaucoup plus « animale » du vampire. Il prendrait la forme d’un immense oiseau (de la taille d’un humain). Parfois il prendrait l’apparence d’un jeune homme enjôleur qui séduirait les femmes dans le but de sucer leur sang. Certains prétendent même qu’il serait en réalité le familier d’une sorcière ou encore que ses œufs seraient symbole de guérison.

Toujours en Afrique, remontons plus au nord direction les pays du Maghreb. Dans cette partie du continent connu pour sa culture riche et ses mythes, le vampire le plus célèbre et redouté est Aïsha Kandisha. Retenons que la créature est toujours féminine, plus précisément une danseuse du ventre. La légende raconte qu’elle séduirait les hommes avant d’aspirer le sang et l’âme de leur famille avec sa langue.



Les pays asiatiques ne sont pas en reste quant aux histoires de vampires. En réalité, le continent asiatique compte un nombre improbable de type de vampires, tous différents. Chaque vampire asiatique a une histoire très spécifique et pour certains, très effrayante, ce qui rend le mythe d’autant plus spectaculaire. Prenons la direction du Japon, où vivrait Iso-onna, Iso-joshi, Iso-hime ou bien Umi-hime qui sont des vampires japonaises très semblable a des sirènes maléfiques. Ces vampires ne s’attaqueraient qu’aux pécheurs et vivraient en mer. La légende raconte qu’elles monteraient sur les bateaux dans le but de demander du poisson aux pécheurs. Si, malheureusement, les pauvres marins sont endormis, elles les recouvrent de leurs immondes chevelures afin de « sucer » leur sang avec. Ce qu’il est important de remarquer ici, c’est la fissure de la vision du vampire entre les différentes cultures. Alors que certains sont laids et repoussants, d’autre, comme Iso-onna se trouvent être de belles créatures aussi enjôleuses que terrifiantes.


Des vampires de chair et d'os


Surnommée « la comtesse sanglante » ou « la comtesse Dracula » de par la cruauté de ses actes, Élisabeth Báthory a profondément marquée l’histoire hongroise et slovaque d’où elle se trouvait être originaire. Née le 7 août 1560 et morte 54 ans plus tard le 21 août 1615, cette jeune femme aristocrate aurait pu marquer le pays de par sa beauté luxuriante mais hélas, ses actes ont fait qu’elle est devenue une des plus légendaire criminelle, hommes et femmes confondue, de l’histoire. Elisabeth Báthory a toujours été fascinée par le culte de la beauté. C’était une femme vaniteuse et imbue d’elle-même. Elle était obsédée par la beauté mais elle avait surtout une peur bleue de vieillir.



Un jour alors qu’elle l’aidait à se préparer, une de ses servantes lui tira les cheveux en la peignant. Elizabeth dans une rage folle la gifla tellement fort qu’elle se mit à saigner du nez, quelques gouttes de son sang tombèrent alors sur la main froide de la comtesse. La légende raconte que cet incident aurait été l’élément déclencheur de sa sombre folie meurtrière. A la suite de ça, Elisabeth se serait rendue compte que la zone sur laquelle le sang de la servante avait coulé semblait plus douce, plus pâle et même rajeunie. C’est ainsi qu’Elisabeth se mit en tête que le sang de jeune femmes vierges était magique et qu’il pouvait la faire rajeunir.


Selon certaines rumeurs, elle consommait la chair mais surtout le sang de ses victimes. Le chiffre exact de victimes reste encore inconnu, ou du moins inexacte à ce jour mais selon les témoins, la comtesse possédait un journal dans lequel elle aurait noté les noms de toutes ses victimes. Ce carnet, toujours d’après les dires des témoins, contenait pas moins de 650 noms. Mais hélas, les autorités n’ont jamais mis la main dessus. Après son procès, Báthory fut condamnée à être emmurée dans son propre château mais avant que les murs ne se referment sur elle, la Comtesse aurait promit de revenir.


Hormis la légende qui entoure cette histoire pour le moins macabre, certains mythes mentionnent le supposé vampirisme de la comtesse. Décrite comme « Dracula au féminin », elle serait donc le vampire originel. Tandis que certains supportent la thèse du vampirisme, d’autre croient qu’en réalité, elle était une sorcière et que ses nombreux sacrifices auraient pu en réalité correspondre à des sabbats et des rituels divers. Tout cela n’est que spéculation et donc théorique. A ce jour, personne n’est capable d’expliquer très clairement la nature, aussi mystique soit-elle, de la folie meurtrière de la comtesse.


Peter Plogojowitz

Peter Plogojowitz de son nom serbe Petar Blagojevich est né à Veliko Gradiste, en Serbie. C’était un simple paysan, vivant une vie simple avec sa femme et son fils. Il mourut en septembre 1725 à l’âge de 62 ans. Il existe deux récits distincts de la suite des événements :


L'un raconte que trois jours après sa mort, Petar serait sorti de sa tombe pour aller chez lui, où il aurait croisé son fils et lui aurait demandé de le nourrir. Après avoir mangé, Petar serait ensuite retourné dans sa tombe. Le lendemain, son fils alerta le village pour l'avertir de la visite son père, pourtant prétendu mort la nuit dernière. Ce jour-là, Petar ne reviendra pas malgré l’attente languissante des villageois et de son fils. Mais la nuit d’après, soit deux jours après sa première apparition, Petar revint et fit la même demande à son fils. Le lendemain matin, le fils de Petar sera retrouvé mort dans son lit, complètement vidé de son sang. Hélas, cette même journée, on raconte que le village aurait été touché par une épidémie fulgurante rendant les malades anémiques avant de les tuer.



L’horreur se situe dans la deuxième version de l’histoire :


Notre macchabée se réveille dix semaines après sa mort pour rendre visite à sa femme pour lui demander des souliers. Sa concubine, tellement horrifiée, aurait brusquement quitté la ville, sans plus jamais donner d’adresse. Après ça, de multiples villageois subissent des agressions décrites comme « vampiriques ». Les témoins assurent avoir vu Petar pénétrer dans les foyers sans y être invité afin d’étouffer ses victimes. En à peine huit jours, neuf morts sont dénombrés. Une enquête est alors ouverte et on décide d’exhumer le corps. Et là, stupeur ! Après plus de dix semaines sous terre, le corps ne présentait aucun signe apparent de décomposition. Sa peau tombait en lambeau, laissant en apparaître une neuve, comme la mue d'un serpent. Son corps était tellement bien conservé que certains pensaient qu’il était toujours vivant. D’ailleurs, ses cheveux, sa barbe et ses ongles avaient poussés. Du sang, frais, coulait de sa bouche. A la suite de cette découverte, les commérages fusèrent, signifiant que ce sang appartenait aux neuf victimes. Les habitants se réunirent autour du cadavre et commencèrent à le mutiler, lui plantant même un pieu en plein cœur.


Atlanta Vampire Alliance

Un certain Merticus lui-même convaincu d’être un vampire, aurait créé un site dans le but d’aider et de conseiller les dits « vrais vampires ». Ce site, toujours actif aujourd’hui, regroupe un grand nombre d’individus, tous persuadés d’être des vampires. Les membres de cette communauté ont des règles très strictes et insiste sur le respect entre chaque membre. Aussi nébuleux soit-il, il semble prôner l’ouverture d’esprit et le respect d’autrui. En parlant de respect, sachez que nous ne sommes pas là pour juger ou même critiquer les croyances de chacun. Nos croyances nous sont propres, et les individus faisant parler de L’Atlanta Vampire Alliance ont probablement de bonnes raisons de croire qu’ils sont de vrais vampires. Leur meneur, qui est aussi le fondateur du site, se trouve être très renseigné sur le sujet. Sur son site personnel, il exprime son investissement à travers des interviews mais aussi des articles, universitaires ou non, sur le vampirisme. Il contribue activement à la crédibilité de sa communauté en travaillant avec des auteurs comme Joseph Laycock sur son ouvrage Vampires Today : La vérité sur le vampirisme moderne, 2009 ou Brad Steiger avec son livre Real Vampires 2009.


On observe une réelle fissure entre ce qui semble être la « réalité » et l’imaginaire populaire. Aujourd’hui, nos croyances concernant le vampirisme sont très vagues, très superficielles et très inspirées des séries et films. En réalité, le vampire est beaucoup plus complexe que ce qu’il n’y paraît. Chaque culture possède sa propre légende et sa propre définition du vampire. Il est d’usage de penser que ces histoires tiennent plus de contes pour enfant que de la réalité.


Ju_Lie