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Le massacre de Jonestown.

Mis à jour : 22 mai 2019

Le 13 mai 1931 marque le début d'une terrible tragédie, la naissance d'un des plus grands gourous et manipulateurs de l'histoire : Jim Jones. Voici l'histoire d'une des sectes les plus dangereuses au monde, utilisant le suicide collectif comme échappatoire.



Un cercle familial bancal


Lynetta Putnam était une femme pleine d’histoires et de contradictions. Elle mentait beaucoup inventait des anecdotes extravagantes parmi lesquelles la réincarnation, sa plus grande croyance, dominait. Dans l’Indiana Rural à cette époque elle était vue comme excentrique. Elle disait venir d’une famille aisée qui avait eu des soucis financiers et avait ainsi décidé qu’elle épouserait un homme riche pour ne plus jamais avoir de problèmes d’argent.

En épousant James Jones, Lynetta pensait arriver à son objectif.

La famille Jones était assez connue dans le comté de Randolph en Indiana. Ils étaient religieux et travailleurs, ce qui leur permettait de vivre assez confortablement. Seule ombre au tableau : James, le mouton noir de la famille. Trop peu motivé pour suivre le chemin de ses parents, il finit par travailler dans une entreprise de réparation de routes.

Quand la 1ère guerre mondiale éclata, il fut envoyé en Europe. Pris dans une attaque au gaz moutarde il en revenu avec les poumons et l’esprit endommagé.

Son mariage avec Lynetta était improbable, ils avaient deux personnalités bien opposées et 16 ans de différence d’âge. Néanmoins en 1978, James et Lynnetta eurent un petit garçon qu’ils nommèrent James Warren Jones.

Avant sa naissance, Lynetta disait avoir eu une vision de sa mère décédée qui lui disait qu’elle allait accoucher d’un enfant qui deviendrait un grand homme, chose qu’elle n’a cessé de répéter au petit Jim devenu un adorable bambin.


Malgré les grandes aspirations qu’elle avait pour lui, ni Lynetta ni James n’accordaient de temps à leur fils.

Les Jones formaient une famille bien étrange. On ne les voyait pas dans les rassemblements quotidiens, ils n’allaient pas au cinéma ni à l’Église chose improbable dans cette petite ville du Midwest. James passait son temps dans les bars locaux à jouer aux cartes pour noyer son désespoir, Lynetta quant à elle était trop occupée à poursuivre ses rêves.

Une enfance difficile


La famille paternelle du petit Jim était dispersée dans toute la ville il ne manquait donc pas de compagnie mais était un enfant assez solitaire, il lui arrivait de traîner le soir après l’école suivi par une horde de chiens errants qu’il nourrissait. Lynetta avait en effet établi une règle stricte et quelque peu étonnante : interdit de rentrer dans la maison avant qu’elle ne rentre du travail.

Les femmes du voisinage invitaient souvent l’enfant à prendre un goûter et s’étonnaient toujours de son charisme naturel : il cherchait des moyens de se rapprocher de ces femmes, les complimentait sur leur nourriture et les faisaient se sentir privilégiées. Mais, en dehors de sa propre mère, il y avait une femme parmi toutes les autres qui était pour lui très spéciale : Myrtle Kennedy. Une voisine qui s’était prise d’affection pour lui.

Les Kennedy étaient très religieux et emmenaient souvent Jim à l’église avec eux le dimanche. Myrtle lui racontait des histoires tirées de la Bible et il adorait ça. C’est sûrement là que son obsession pour la religion est née : N’ayant pas eu beaucoup d’attention familiale, il voyait sûrement Dieu comme une ancre bienveillante.


Cependant, Jim avait une part sombre. Il collectait des animaux morts et leur organisait des funérailles ce qui lui permettait de prêcher à ses camarades. Quand la guerre a éclaté, alors que tous les garçons de son âge voulaient devenir soldats ou pilotes, Jim s’identifiait à Hitler, qu’il admirait beaucoup. Il n’était pas forcément attiré par ses intentions mais par son charisme et la manière dont il arrivait à captiver la foule. Pendant son adolescence et au début de sa vie d’adulte, il se rendait dans des églises où il exposait ses idées, affirmant être le « Karl Marx » des temps modernes.


La naissances des « Ailes de la délivrance »

C’est en 1953 que tout commence. Il fonde cette année-là sa propre communauté les « Ailes de la délivrance ». Ce qui allait devenir une grande secte n’était qu’au départ un petit rassemblement d’adeptes. Sa rencontre avec le « Father Divine » durant l'été 1959 sera un tournant pour Jim. Inspiré par ce maître spirituel il va inciter des Afro-américains à rejoindre son groupe.

Le Father Divine appelé aussi George Baker était un acteur important de la réhabilitation des droits des Afro-Américains, il a d’ailleurs créé son propre mouvement appelé « International Peace Mission Movement » ou en français, Mouvement de la Mission Internationale pour la Paix.

Il commence donc une sorte de mission à travers les États-Unis pour propager ses idées, de l’Indiana à la Californie pour finalement déposer ses valises en Amérique du sud. Un endroit où d’après lui il serait bien moins jugé qu’en Amérique du nord.

Pour autant, la vie n’est pas simple pour l’homme qui a de nombreux problèmes avec le fisc, la justice et la police. Il développe une vraie paranoïa à tel point qu’il ne se déplace jamais sans garde du corps. Sa paranoïa s’étend aussi à sa communauté, comme par peur de l’abandon, il punit sévèrement tout ceux qui tenteraient de partir. Il justifie cela par sa crainte du monde extérieur.

En 2010 la secte compte 900 adeptes, (75 % d’Afro-Américains) qui travaillent pour Jim Jones et maintiennent le camp établi au Guyana « Jonestown ».


C'est cette année-là que des clichés pris à Jonestown ont été rendu publics. On peut voir sur ces photos, des enfants et des adultes sourire et vivre leur vie paisiblement. Cependant derrière toute cette mise en scène se cache une tout autre réalité. En effet, les détenus de Jonestown sont manipulés, soumis à des sévices corporels, levés aux aurores pour écouter leur gourou parler dans un micro, forcés au travail 7 jours sur 7 sous la chaleur ou la pluie battante.

Les occupants du camp étant coupés du monde, on leur rabâchait un discours qui n’avait que pour but de les effrayer. Les sévices corporels et les humiliations publiques étaient monnaie courantes pour les membres qui osaient enfreindre les règles fixées par Jones. Jim Jones étaient maintenant craint par ses sujets, de guide aimant il passa à « gourou » manipulateur et sans cœur.


Jim Jones souffrait sans aucun doute de paranoïa et de « folie destructrice ». Les adeptes connurent de nombreux traumatismes, mais personne n’aurait pu envisager que la chute de la secte serait aussi violente.


Le massacre


Cela faisait déjà quelques années que la secte Jonestown, appelée aussi Temple du Peuple, était traquée par la presse et la police. En effet le « monde extérieur » avait prit connaissance des méthodes peu communes de Jim Jones, l'accusant de réduire ses adeptes en esclavage.

Leo Ryan, un membre du congrès Américain est alors envoyé au Guyana pour prendre connaissance de la vie au sein de la communauté et ainsi vérifier les allégations d'abus. À son arrivée, le 18 novembre 1978, le journaliste est chaleureusement accueilli, et avec ses cameramen ils commencent à filmer la vie au sein de la secte. Une fois le tour du camp fait, le journaliste et son équipe se dirigent vers l'avion qui les a emmenés jusque-là.

Malheureusement, juste avant d'embarquer ils furent abattus par des hommes armés, des adeptes envoyés par Jim Jones qui avait trop peur que les vidéos et les photos prises soient diffusées.

La paranoïa du gourou était croissante, si bien qu'il ne voyait qu'une seule issue : le suicide de la totalité des personnes présentes sur le camp.

Il rassembla alors tous les adeptes et ordonna, par enregistrement audio diffusé par hauts parleurs que chacun boive le mélange de jus de fruits et de cyanure préparé par ses soins.

« Nous sommes fatigués, par ce suicide nous prenons par à un suicide révolutionnaire protestant contre les conditions de vie d'un monde inhumains. »

Malgré les cris et l'inquiétude, la plupart des adeptes burent le mélange, avant de s'étendre sur le sol pour mourir. Les quelques membres réfractaires furent abattus par balle.

Dans de nombreux documents il est dit que Jim Jones considérait le suicide collectif comme un acte de bravoure et d'amour. La découverte reste néanmoins macabre et marqua toute une génération mais surtout les 87 survivants qui ont réussi à s'échapper par la forêt proche de Jonestown. Jim Jones sera retrouvé lui aussi mort d'une balle dans la tête.


Plus de 900 personnes auront été endoctrinées puis poussées au suicide sous la tutelle d'un des plus grands gourous de l'histoire.

Quand l'Homme veut jouer à Dieu il se brûle les ailes et dans le cas de Jim Jones, il a réussit à emporter tous ses adeptes dans sa folie.




Julie. P