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Le Hollandais Volant : l'histoire d'un navire maudit


Au fils des siècles, les apparitions de navires mystérieux ainsi que leurs disparitions inexplicables ne cessent de se conter au sein des marins et des pêcheurs. Une apparition fantomatique ? Un mirage ? Une malédiction ? Certaines de ces personnes pensent même avoir aperçu l’équipage. C’est notamment le cas avec le célèbre navire, le Hollandais Volant.


L’histoire de ce navire est sans nul doute la plus mystérieuse des légendes marines. Tous les marins la connaissent et redoutent un jour de le croiser. Son histoire remonte au XVIIe siècle à Amsterdam. Tandis que la marine hollandaise connait son âge d’or dans son commerce à travers toute l’Europe, ses habitants sont considérés comme les meilleurs marchands mais également comme les plus agressifs. Les capitaines sont avant tout des explorateurs et ont navigué sur les mers d’Amérique et d’Asie grâce à leur commerce d’épices. Le Cap de Bonne Espérance devient la frontière entre l’Europe et le riche Orient. Ce passage sur la route des Indes est une étape très redoutée des marins. Autrefois appelé Cap des Tempêtes, ce lieu possède en hiver des tempêtes du nord-ouest destructrices. Bon nombre de navires disparaissent au fond des mers, entraînant l’équipage et ses trésors. À cette époque, rare étaient les marins et les pirates qui savaient nager. Ils préféraient ne pas apprendre car selon eux, une fois dans l’eau, la souffrance ne serait que plus grande en raison des menaces qui pourraient les pourchasser. Ils préféraient alors la noyade et périr dans les eaux qu’ils traversaient. La route des Indes donnait cette impression de magie, grâce aux peintures représentant des serpents de mer géants ou autres créatures des abysses mais également aux apparitions de vaisseaux fantômes. Les conditions de vie à bord d’un navire étaient très difficiles. Les marins pouvaient passer plusieurs mois sans mettre pied à terre, la nourriture était de mauvaise qualité, les maladies apparaissaient, la discipline était stricte et dure et il n’y avait pas de femmes à bord. La survie dépendait de la bienveillance du créateur et de la qualité des officiers.


Ainsi, lorsque ces derniers se rafraîchissaient dans les tavernes, ils aimaient rapporter ces événements mystérieux et les pimenter en rajoutant quelques détails afin de captiver l’auditoire. On raconte l’histoire d’un navire avec son capitaine fantôme, contraint de voguer sur les mers pour l’éternité. Avec le temps, la légende se façonne peu à peu. Ce fut les marins anglais qui se chargèrent de conférer une identité au vaisseau fantôme : un bateau hollandais. Au XVIIe et XVIIIe siècle, les hollandais n’étaient guère appréciés, souvent décrit de façon péjorative. On pouvait dès lors, se faire une image du capitaine.


NB : Vasco de Gama est le premier européen à être arrivé aux Indes par voie maritime en contournant le cap de Bonne Espérance. Il aurait donné le nom « cap des tempêtes ».


Pourquoi le nom Hollandais Volant ?

Avril 1690, un bateau suivit un snooper jusqu’à l’entrée du port d’Amsterdam. Le capitaine de ce snooper expliqua au gouverneur qu’il s’agissait de son vaisseau compagnon baptisé Flamant Doré (Vergulde de Flaming). Malheureusement le lendemain, aucune trace du bateau ni de la galiote. Peu à peu, le nom Vergulde se transforma en Vlamingh qui signifie Volant. Les anglais se contentèrent de traduire cette histoire telle quelle mais pour des raisons phonétiques, ils changèrent le mot Flying Fleming en Flying Dutchman et c’est l’adaptation anglaise que les néerlandais ont retraduite dans leur langue. The Flying Dutchman signifie donc le Hollandais Volant.


NB : Le Hollandais Volant était un bateau extrêmement rapide. Un trajet normal pour un navire basique pouvait durer jusqu’à cinq mois, tandis que ce dernier l’effectuait en seulement quelques jours. Pour beaucoup, son histoire aurait été inspirée par le capitaine Bernard Fokk qui accomplissait ses voyages en mer avec une très grande rapidité, comme le Hollandais Volant.



Légendes :

Deux légendes existent. La première raconte que le navire serait bien parti du port d’Amsterdam avec à son bord, une énorme cargaison d’or. Cette richesse poussa l’équipage à une mutinerie et à jeter le capitaine par-dessus bord qui les maudira eux et le navire. Quelques temps après, ces derniers manquèrent d’eau et de provisions. Il fallait donc regagner le port le plus proche. S’ensuivit une épidémie qui toucha l’équipage et le navire. Aucune ville ne voulant être victime de cette contagion, refusa l’accès au Hollandais Volant qui sera alors condamné à errer sur les océans.


La seconde serait la plus plausible : le capitaine, qui était un homme borné et cruel, se fixa comme objectif de franchir la tempête du cap de Bonne Espérance afin de rattraper son retard. Mais malgré les supplices de l’équipage pour faire demi-tour, le capitaine Van Der Decken, garda son cap sur les eaux. Les marins qui étaient très croyants, pensaient que la tempête était un signe de Dieu et que par conséquent, il ne fallait pas aller à l’encontre des éléments. C’est alors que le capitaine maudit le Divin en s’écriant : « Je réussirai, même si Dieu veut m’en empêcher ! » la punition divine éclata alors et l’équipage du Hollandais Volant ainsi que son capitaine se voient condamnés pour l’éternité à voguer entre chaque océan du globe.


Témoignages :

Les journaux de bords des navires, gardés dans les archives nationales de Londres, permettent d’apporter une preuve écrite sur l’apparition de vaisseaux fantômes. Le 11 juillet 1881 et alors âgé de seize ans, le jeune duc d’York, futur roi Georges V, navigue comme cadet, au large de l’Australie. Il explique qu’il aurait croisé ce fameux Hollandais Volant, suivit d’une étrange lueur rouge avant de disparaître dans la pénombre. S’il était seul, son témoignage aurait été prit avec beaucoup de recul mais treize personnes à bord ont été témoins de cette apparition. Serait-ce le phénomène Fata Morgana (mirage) ou une réelle présence du navire sur ces eaux ? À six reprises entre 1860 et 1861, souvent autour du cap de Bonne Espérance, des apparitions du bateau sont consignés dans les journaux de bords. Durant la Seconde Guerre Mondiale, la marine allemande vit également ce mystérieux navire. En 1939 des dizaines de baigneurs auraient aperçu le Hollandais Volant se diriger vers la plage et disparaître subitement sous leurs yeux. Le même incident se répéta quarante ans plus tard au même endroit. On pense à des mirages ou à des hallucinations mais les précisions de chaque témoin ne font que renforcer le doute.



Cette légende avait déjà une certaine notoriété mais c’est grâce à l’opéra de Richard Wagner qu’elle connaîtra une expansion mondiale. Le hollandais devient un personnage romantique qui cherche la rédemption. Des poètes dont Victor Hugo s’en emparent. Le film Pirates des Caraïbes s’est également inspiré ainsi que le dessin animé Bob l’éponge. Le Hollandais Volant serait-il le vaisseau disparu, le Flamant Doré ? Pour beaucoup, la mer est le domaine des morts (corps jetés à la mer) et le vaisseau fantôme incarne la peur de mourir en mer.


Roxanne