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Le Golden State Killer: 40 ans à la recherche d'un coupable

Mis à jour : 21 mai 2019

Cette affaire débute dans les années 70 dans l’État de Californie aux États-Unis. La vie paisible des habitants des beaux quartiers est compromise par des cambriolages, des viols et des meurtres dans la stupéfaction générale.



Tout commence le 18 juin 1976 lorsqu'un premier viol est commis. Rapidement , les incidents tragiques s’enchaînent, cambriolages, viols et meurtres viennent troubler la quiétude de la côte ouest.

Problème majeur dans ces enquêtes : aucune trace d'un ou des suspects n’est retrouvée. Les délits semblent commis avec précision et méthodologie, et malgré les nombreux portraits robots diffusés dans la presse, les enquêtes n'aboutissent à rien. Celui qu'on surnomme le Golden State Killer semble s'évaporer une fois ses méfaits accomplis.

La police est en pleine crise, il semblerait que ces séries d'actes criminels soient l’ œuvre de plusieurs personnes: le Golden State Killer, l'East Area Rapist, l'Original Night Stalker et le Diamond Knot Killer ; 4 surnoms désignant 4 individus opérant au même moment et dans la même région. Encore plus surprenant, le modus operandi (ou mode opératoire) ne change pas d'une personne à l'autre.

Les enquêtes laborieuses finissent par mener la police à une certitude: ce n'est qu'un seul et même homme qui opère sous tous ces alias.

En 1986, les meurtres et les viols sont en chute, on envisage une disparition de celui qu’on appelle le Golden State Killer. Les autorités n’arrêtent pas les recherches pour autant.

Pendant plusieurs années on traque le tueur sans résultat. De nombreux suspects sont arrêtés, interrogés puis relâchés par faute de preuves.

Près de 15 ans passent, malheureusement pour les victimes et leurs proches, la police semble faire face à un cold case. Mais en 2001, un nouveau rebondissement, et pas des moindres, change la donne. Des traces ADN sont retrouvées sur différentes scènes de crime, confirmant aux enquêteurs qu'il ne s'agit que d'une seule et même personne.

Le témoignage troublant d'une ancienne victime apporte une nouvelle lumière sur l'affaire. L'homme raconte avoir reçu un appel du criminel lui demandant s'il se souvenait de son agression. Une information déterminante pour la police, cela signifie que le criminel est toujours vivant et non loin de l’État de Californie.

En 2016 le dossier est ré-ouvert et les enquêteurs déterminés parviennent à trouver une nouvelle piste. En recueillant des échantillons ADN sur les lieux du crime, la police réussit à retracer le profil génétique du tueur et en examinant l'arbre généalogique de ce dit tueur, un suspect potentiel est trouvé.

Le 25 avril 2018, cette personne est arrêtée. Contre toute attente, il s'agissait d'un policier Californien à la retraite connu sous le nom de Joseph James DeAngelo. L'homme est un vétéran de la guerre du Vietnam âgé de 72 ans, lors de son arrestation. Il ressemble à tout sauf au coupable idéal. Policier dans les années 70, il est renvoyé de son poste en 1979 après avoir été accusé d’avoir volé du matériel. Il se reconvertit en mécanicien et prend sa retraite en 2017.

Dans le cas de DeAngelo, on parle d'un mode opératoire glaçant. Avant de passer à l'attaque, le tueur procédait méticuleusement. Appelant chez les victimes à plusieurs reprises dans la journée pour analyser les heures de présence de la famille dans la maison. La plupart du temps, il visitait les maisons pour repérer ce qu'il y avait à voler. Parfois même, il prévenait ses victimes en leurs disant : « Je vais te tuer, tu vas mourir ce soir. ».

Michelle McNamara, une écrivaine se passionnant pour cette affaire raconte les visites avant l'attaque : « Il désactivait la lumière sur le porche et déverrouillait les fenêtres. Il retirait les balles des armes à feu. Il cachait des lacets ou des cordes sous les coussins ».

C'est ce qui était le plus troublant, il aimait revenir quand tout le monde était au domicile pour pouvoir ligoter les victimes, dans certains cas violer les femmes, et prendre le temps de fouiller la maison de fond en comble et cela parfois pendant des heures.


Certaines de ses victimes racontent même avoir cru que le cambrioleur était parti, et le surprenait encore en train de fouiller dans la maison jusque tard dans la nuit. Il ne volait aucun objet ayant une réelle valeur monétaire, il prenait surtout des petits objets en « souvenir » tel des trophées.

En plus de l’ADN, ce sont aussi les mouvements de DeAngelo qui l’ont trahis. Dans les années 1976, les crimes se concentraient autour de la ville de Sacramento. Quand DeAngelo fut renvoyé de son poste et fut contraint de déménager pour se rapprocher de son nouveau poste, les crimes suivirent cet exact itinéraire. D'autres détails collaient parfaitement à l’histoire du personnage : les nœuds retrouvés sur les victimes ligotées étaient faits à la façon d'un militaire (rappelons que DeAngelos avait servi dans l'armée).


Lors de son procès, le 27 avril 2018, l'homme parait affaibli, attaché avec des menottes à son fauteuil roulant, il écoute en silence les chefs

d'accusation retenus contre lui. Malheureusement , il plaide coupable seulement pour les meurtres, les viols ayant été commis dans les années 70 la loi du délai de prescription s'applique.

Il sert aujourd'hui sa peine dans la prison du comté de Sacramento en Californie.

C'est un véritable choc pour la famille du coupable, divorcé et père de 3 enfants qui vivait une vie plutôt banale.

Le plus tragique sûrement, est la souffrance des victimes et de leur famille qui aura perduré pendant 40 ans jusqu'à ce que celui qui a détruit tant de vies soit arrêté. La sentence a sonné comme une libération pour eux qui n'attendaient plus que justice soit faite.


Julie. P