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Le diamant Hope

Mis à jour : 11 juil. 2019


©DanePenland/Smithsonian Institution via AP

Les Malédictions sont des malheurs annoncés à l’encontre d’une personne, parfois devant elle, parfois à son insu. C’est ce qu’on appelle le mauvais oeil ou dans certaines régions, l’oeil du diable. Il peut être envoyé de plusieurs façons : des pensées envieuses, des énergies négatives ou encore, par la magie noire. Pour se protéger du mauvais oeil, des amulettes ou des pierres précieuses peuvent aider. Mais parfois, certaines malédictions sont beaucoup plus difficiles à contrer…



Depuis toujours, le diamant est la pierre précieuse par excellence ; fascinant les Hommes et particulièrement les souverains et les grands de ce monde, qui n’hésitent pas à dépenser une fortune pour acquérir ce joyau d’exception. Certaines de ces pierres sont aujourd’hui devenues célèbres grâce à leurs propriétaires ou tout simplement de par leurs légendes. L'histoire des diamants commence en Inde, il y a plus de 4 000 ans. Par leur brillance et leur beauté, ils ornaient des objets religieux mais on leur attribuait également des pouvoirs protecteurs contre le mal. Jusqu'au début du xviiie siècle, l'Inde constituait la seule source de diamants au monde, à l'exception de quelques gisements mineurs découverts à Bornéo (île du sud-est asiatique). Les diamants les plus réputés de l’Histoire (tel que le Koh-i-Noor, le diamant Hope…), proviennent des mines de Golconde (région de Telangana au sud de l’Inde) et seraient les plus fins et les plus purs de toutes les gemmes. Une malédiction pèserait cependant sur l’un d’eux : le fabuleux diamant Hope.


Sa légendaire malédiction


L’histoire débute lorsqu’un soir, un voleur se laisse volontairement enfermer dans un temple en Inde afin de dérober le diamant qui ornait le front de la statue du dieu Vishnu (parfois appelé Sita). La pierre était d’un bleu et d’une brillance inégalable. Selon la légende, il aurait été foudroyé au seuil du temple alors qu’il s’apprêtait à le quitter. C’est ainsi que s’est abattue la malédiction du Dieu Vishnu, qui punirait quiconque posséderait ce diamant dérobé.


Le diamant bleu




Jean Baptiste Tavernier était un aventurier-négociant issu d’une famille de géographes. Parlant la plupart des langues d’Europe, il décida d’élargir ses horizons en se rendant en Asie. À cet instant, il tissa tout un réseau des relations commerciales et devint ami avec le Shah de Perse (Souverain des Moghols) qui lui offrit de précieux diamants de Golconde. De retour en France en 1668, il présente au Roi Louis XIV (résidant au Louvres et surnommé le Roi Soleil), sa précieuse collection de pierres (plus de 1 000 diamants de toutes tailles). Louis XIV, fasciné par cette trouvaille, achète les plus gros diamants. Parmi eux, le plus gros de tous et d’une couleur encore discrète mais magnifique : Le diamant bleu. Pour Tavernier, cet échange lui valut un titre de noblesse. Le Roi confie son diamant au joaillier Jean Pittan qui le retailla et passa ainsi de 112 carats à 69 carats. Quatre années auront été nécessaires pour qu’il ait la forme que nous lui connaissons aujourd’hui. À cet instant, une lumière d’un bleu magnifique jaillit du diamant et sera ainsi transmit aux futurs Rois de France. Il devient alors le Bleu de France et Louis XV l’intégrera également dans l’insigne de l’Ordre de la Toison d’Or, un bijou français, réunissant les plus beaux diamants du monde.

La légende voudrait que Tavernier soit mort dévoré par des chiens sauvages, mais en réalité, il serait mort de vieillesse à Moscou, tandis que Louis XIV serait mort d’épuisement en 1715, après un règne de soixante-douze ans. Le pouvoir politique en fut affaiblit.


La casse du siècle !

Alors que la monarchie s’est effondrée le 10 août 1792, sous le règne de Louis XVI, cette année de grande Révolution française va connaître quelques mois plus tard un cambriolage d’une grande envergure. La cible ? Le Trésor de la Couronne, dont le diamant bleu incrusté dans la Toison d’Or fait partie.

NB : Les plus beaux joyaux furent, pendant un temps, exposés au public avant d’être enfermés et surveillés au Garde Meuble.

Cette affaire qui éclata au grand jour avec de multiples accusations parvint à récupérer un grand nombre de joyaux, excepté la Toison d’Or, toujours portée disparue. L’année suivante, Louis XVI et sa femme Marie-Antoinette seront guillotinés. Ce funeste destin aurait-il déclenché le début de cette malédiction ?


Représentation de la gemme au fil des temps. La 1 er gemme en haut représente le diamant à l’état brut lors de sa découverte. La 2e en partant de la gauche, représente le diamant bleu taillé une 1er fois par Pittan et la 3e à droite, la gemme taillée par Falls. ©Wikipedia


Les voleurs quittèrent la France pour l’Angleterre, et afin de passer inaperçu dans la vente, le diamant fut retaillé en 45 carats par Wilhelm Falls. Malheureusement, le diamant fut volé par son propre fils : Hendricks Falls. En apprenant l’identité du voleur, Wilhelm mourut de chagrin et son fils, rongé par la culpabilité, se suicida. Suite à cela, nous perdons toutes traces du diamant bleu pendant quelques décennies. La malédiction aurait-elle eu raison des Hommes ?


La Malédiction du D.

C’est ainsi qu’on retrouva sa trace en 1812 à Londres, dans la collection d’un riche banquier : Thomas Hope. À sa mort, son frère Henry Philip Hope, héritier des banques Hope & Co, l’acquerra en 1830 et lui donna son nom. Malgré sa transformation, beaucoup pensèrent que ce diamant était le fabuleux Bleu de France, retrouvé après des siècles passés.

NB : En 1856, Charles Barbot (joaillier français) affirmera qu’il s’agirait bien là du fameux Bleu De France, retaillé.

Il restera dans la famille Hope durant quelques années avant d’être vendu en 1901, pour cause de dettes trop importantes et peut-être même pour se débarrasser de cette pierre, qui entraîna mort et faillite dans la famille Hope. Durant des années, le diamant connaîtra différents propriétaires et aura entraîné par la suite, des morts violentes. Jacques Colet, premier acquisiteur, se suicida quelques temps après l’avoir reçu. Puis, se sera au tour d’un prince russe : Ivan Kanitovitch, qui sera assassiné peu de temps après avoir acquis le diamant. Le sultan Turc Abdulhamid II n’était en possession de ce dernier que depuis quelques mois lorsqu’une mutinerie éclata au sein de son pays, réussissant à renverser le Sultan du trône qui sera exilé à Salonique (ville Grecque). Ce fut ensuite au tour de Simon Montharides, joaillier grec d’acquérir le Hope, avant de mourir tragiquement dans un accident de voiture, entraînant avec lui sa femme et sa petite fille. Après divers propriétaires, c’est finalement la maison Cartier qui racheta cette gemme en 1911, avec comme tuteur : Pierre Cartier.


Evalyn Walsh McLean avec le collier Hope Diamond. ©Harris & Ewing

Il vendit aussi vite le joyau à Edward Beale McLean (éditeur et propriétaire du journal The Washington Post). Ce dernier l’offrit à sa femme Evalyn Walsh McLean qui le gardera jusqu’en 1947. La famille ne cessera de vivre dans le malheur. Peu de temps après, leur fils Vinson se tua dans un accident de la route. Leur fille décéda d’une overdose de somnifères et un de leur petit-fils mourut pendant la guerre du Vietnam. Evalyn, dernière propriétaire privée du diamant Hope, mourut d’une pneumonie tandis que son ex-mari Edward, qui était interné dans un hôpital psychiatrique pour problèmes mentaux, mourut d’une crise cardiaque après avoir entraîné la faillite du journal familiale.


Suites à ces événements tragiques, le diamant Hope (pour subvenir aux dettes trop élevées de la famille McLean,) sera vendu au joaillier américain Harry Winston surnommé « le roi des diamants ». En 1958, Winston fait don du joyau au Musée d’Histoire Naturelle, le Smithsonian Institute de Washington. Ne croyant aucunement aux malédictions, il aurait fait parvenir le diamant au musée, dans une simple enveloppe en papier kraft, à la grande inquiétude du personnel. À ce jour, où il repose, la malédiction se serait-elle éteinte ?


Aujourd’hui, le diamant est toujours exposé au Musée Smithsonian où il attirerait des visiteurs du monde entier. Harry Winston, étant le dernier propriétaire joaillier, ne connut à ce jour aucune malédiction de la part du joyau bleu. Il serait aujourd’hui le second objet d’art le plus visité au monde, derrière la Joconde. Par ailleurs, il semblerait que cette pierre aurait inspiré James Cameron pour son film Titanic, avec le fameux collier « cœur de l’océan ». Il est le plus gros et le plus cher diamant du monde. Son histoire est étroitement liée à la malédiction des trois D qui se transmet lors des ventes aux enchères : Death, Debt, Divorce.


Roxanne