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Le Covid-19 cause-t-il une psychose internationale ?

Ah, ce bon vieux Covid-19. Tout le monde en parle, alors pourquoi pas nous ? Et puis, c’est vrai qu’il a des conséquences sur notre cher petit cerveau. Bon, ceux qui bossent dans la médecine ou qui s’y intéressent me répondront : « Pauline, t’es complètement givrée, ne parle pas de ce que tu ne connais pas et arrête de dire des sottises. ». En soi, ils n’auraient pas tort, parce que les sciences c’est pas vraiment mon domaine… Malgré tout, je suis certaine de pouvoir démontrer que le Covid-19 a une influence sur notre psychologie.


Comme vous l’aurez sûrement compris, je n’insinue pas que ce virus a des répercussions directes sur notre cerveau. Ce sont les phénomènes qu’il engendre qui, eux, influent sur notre moral. Personne n’a l’impression que son côté hypocondriaque ressort ces derniers temps ? Qu’une légère paranoïa prend place quand on croise des gens en allant faire les courses ? Qu’on ne peut plus lire ou écouter les informations sans se demander si c’est vrai, et sans angoisser ? Que tout le monde se rassure, comme le chantait Michael Jackson : « You are not alone » (« Vous n’êtes pas seuls » pour les non-anglophones). Si les petits microbes ont toujours tendance à rendre un peu à cran, il est logique que les véritables pandémies créent une psychose.


J’avoue que, quand j’ai regardé la définition de « psychose », je me suis demandé si je n’allais pas trop loin. On parle tout de même d’une maladie, qui provoque de sévères troubles mentaux, conduisant l’individu atteint à ne plus pouvoir distinguer ce qui est réel de ce qui ne l'est pas. Au début, je me suis dit « C’est pas un peu abusé pour parler du Covid-19 ? », puis j’ai réalisé que, si on fait abstraction du fait que la psychose est une véritable maladie attaquant le cerveau, on retrouve néanmoins certaines similarités. En effet, ceux qui pillent les magasins comme si nous allions voir nos morts courir dans les rues tel un épisode de The Walking Dead, n’ont-ils pas une certaine perte de contact avec la réalité ? Plus encore, il est question de ne plus savoir ce qui est réel ou non. Pour toute personne ayant accès aux réseaux sociaux, ou plus largement aux informations ; qui n’a pas l’impression de ne pas pouvoir déceler le vrai du faux ?


Alors, s’il n’est pas vraiment question de psychose, puisqu’il s’agit d’une maladie mentale, et que sur Terre, nous ne sommes pas tous psychotiques au sens propre ; il faut néanmoins retenir que le climat instauré par le Covid-19 est anxiogène et peut impacter la psychologie. C’est d’ailleurs en ce sens que Johanna Rozenblum, une psychologue clinicienne, affirme qu’une telle épidémie mondiale « nous confronte directement à la mort », et angoisse donc logiquement. Je ne dis pas que toi, qui lis ces lignes, tu es en train de faire une crise de panique à cause de l’actualité – je ne te le souhaite pas –, j’avance simplement qu’on se sent tous un peu différent. On sait tous que le monde ne fonctionne pas de la même manière. Nous sommes tout de même tous enfermés chez nous, et ce, pour un petit bout de temps. C’est la preuve que le Covid-19 impacte notre psychologie. Puisque, même en étant le roi des casaniers, on est tous un peu touchés mentalement par ce virus, d’une manière ou d’une autre.


Le mal-être psychologique développé à cause de la pandémie a plusieurs sources. Peur de ne pas avoir de quoi subsister, provoquant ainsi des pénuries dans les supermarchés. Paranoïa et hypocondrie, conduisant à ne plus vouloir approcher qui que ce soit, voire à voler des masques pour se protéger. Aux États-Unis, où la possession d’armes est autorisée, certains en achètent pour la première fois, là est bien la preuve de l’anxiété qui règne. Plus largement, les chaînes de télévision, radios et journaux d’informations traitent essentiellement de la pandémie ; les réseaux sociaux, célébrités et notre entourage en font de même : les sujets de discussions sont impactés et jouent sur le moral. Actuellement, le quotidien tourne autour de ce virus, ce qui peut conduire certains à envisager le futur avec appréhension. Comment l’économie se relancera-t-elle ? Comment reprendrons-nous une vie normale ? Pourrons-nous d’ailleurs reprendre une vie normale ? Combien de morts y aura-t-il ? Autant de questions, qui ne peuvent qu’avoir une incidence sur nos esprits.


Je l’ai brièvement mentionné, mais il est certain que les vagues d’informations qui nous submergent à longueur de journée ne font qu’amplifier le phénomène de peur. Qui n’a pas entendu parler du cousin de l’ami du grand-oncle de sa belle-mère, affirmer que dans huit jours, il ne faudrait surtout pas sortir de chez soi parce que la France atteindra le pic de dangerosité ?


Avoir des informations, c’est bien. Savoir ce qu’il se passe, c’est essentiel. Mais ne pas pouvoir faire la distinction entre une fausse nouvelle et une vraie, c’est terrible. Relayer de fausses informations, même sans mauvaise intention, il est certain que cela entretient aussi le climat anxiogène. Si la confusion entre fake-news et véritables actualités perd nombre d’individus, cela semble également perturber les gouvernements.


Effectivement, le 12 mars, une paranoïa internationale a vu le jour. Certains qualifient le virus de théorie complotiste infondée, d’autres de vérité cachée. Le fait est que Robert Redfield, directeur des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), a affirmé devant le Congrès des États-Unis, ce jour-là, que certains cas de grippe étaient peut-être en réalité dus au coronavirus ou au Covid-19, mais que le manque de dépistage n’aurait pas permis de l’établir à l’époque. Ces propos sont alors immédiatement repris dans des tweets, notamment ceux du Global Times, ou encore celui de @BlackHammerOrg, qui écrit : « Les membres du CDC ont admis que plusieurs cas de grippe pouvaient en réalité être dus au Covid-19. L’activité de grippe a commencé en octobre 2019, et l’épidémie de Covid-19 à Wuhan est arrivée en novembre. Il est fortement possible que le Covid-19 existait déjà aux États-Unis avant l’épidémie chinoise. ».


Il n’en faut pas plus pour provoquer une paranoïa, à laquelle Lijian Zhao, ministre des Affaires étrangères en Chine, s’empresse de prendre part. Tout en diffusant la vidéo du directeur du CDC face au Congrès américain, l’homme politique écrit également « À quand remonte le patient zéro aux États-Unis ? Combien de personnes sont infectées ? Quels sont les noms des hôpitaux ? L’armée américaine pourrait avoir amené l’épidémie à Wuhan. Soyez transparents ! Rendez vos données publiques ! Les États-Unis nous doivent une explication ! ». Pour appuyer de tels propos, le ministre se fonde sur la venue de militaires américains en octobre 2019 pour les Jeux mondiaux militaires.


Ainsi, s’il est apparemment certain que le Covid-19 n’a pas été créé en laboratoire, contrairement à ce qu’un internaute français tentait de démontrer il y a encore peu, des doutes apparaissent aujourd’hui quant à la provenance initiale du virus. Et au final, l’idée ici n’est pas de déterminer si cette théorie est vaseuse ou non. Chacun a son opinion là-dessus – n’hésitez pas à nous faire connaître la vôtre en commentaire, ça peut être intéressant – néanmoins ce qui est observable, c’est que le climat instauré par la pandémie conduit même à créer des tensions entre États.

Alors, quand je vous disais que le Covid-19 avait des répercussions sur notre psychologie, j’avais raison ou non ?


Pauline