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Le cimetière hanté de Greyfriars

S’il y a bien un lieu qui est souvent associé à des phénomènes paranormaux et énigmatiques, ce sont les cimetières. Ces lieux, si proches de la mort, sont souvent l’objet de mythes, légendes et rumeurs d’apparitions. Même si de ceux-ci sont censés être les lieux du repos éternel après la mort, l’apaisement ne semble pas toujours être la destination finale des âmes. Aujourd'hui, l'histoire mystérieuse et surprenante du cimetière de Greyfriars met en émoi beaucoup de curieux, il s’avère en effet être l’un des lieux les plus hantés d’Écosse.


Greyfriars Kirkyard est un cimetière construit en 1560 à Édimbourg en Écosse, il tient son nom d’un ancien monastère franciscain. En juin 1679 après la bataille de Bothwell Brig, près de mille deux cents prisonniers ont été enfermés dans une section du cimetière qui est aujourd’hui connue comme étant la prison des covenantaires (membres d’un mouvement religieux et politique dissident en Écosse à cette période). Les débuts furent sans difficultés pour les prisonniers mais à l’approche de l’hiver, ces derniers n’ont pu supporter le froid et seuls deux cent cinquante-sept prisonniers survécurent. Certains ont suite à cela été libérés tandis que d’autres ont été déportés à l’étranger, laissant sousentendre que les morts ont été enterrés dans le cimetière de Greyfriars.


À cette époque, George Mackenzie était un ministre du roi Charles II, ce dernier le considérant comme son bras droit, responsable des persécutions contre les convenantaires. Selon les rumeurs, Sir Mackenzie aurait fait un peu moins de vingt mille victimes. Malgré ce macabre passe-temps, George était un mari et un père de famille honorable, mais surtout un avocat très réputé. De par la créativité et la monstruosité de ses actes, il fut renommé le Bloody Mackenzie. C’est en 1691 que Mackenzie meurt et est enterré près des milliers de cadavres de personnes qu’il avait torturées et tuées par le passé.


Au XIXe siècle beaucoup de choses troublèrent le repos de ces âmes perdues. Des pilleurs de tombes exerçaient le vol de cadavres inhumés dans le but de pouvoir les revendre à l’école de médecine. Ceux-ci étaient utilisés à des fins expérimentales. Mais les familles et proches, ainsi que le conseil municipal décidèrent de protéger le cimetière. Des cages furent alors construites afin de garantir la protection des corps, ce qui rendait difficile le travail des pilleurs.


En 1998, alors qu’un jeune homme fuyait une tempête, il s’aperçut en recherchant un endroit où pouvoir se cacher que le cimetière était très certainement le lieu le plus sûr pour lui. Il se réfugia dans une sépulture, s’enfonçant un peu plus dans la pénombre avant de se retrouver nez à nez avec un escalier. Il s’empressa de l’emprunter jusqu’à remarquer des cercueils à terre. Prit d’une certaine forme de curiosité, il s’empressa d’ouvrir un des cercueils, cassant même l’ouverture de celui-ci. Alors qu’il tentait de faire tout son possible pour l’ouvrir, le sol se fissura sous ses pieds l’entraînant vers le bas. Après sa chute, il scruta les alentours avant de s’apercevoir qu’il était tombé dans un ravin rempli de cadavres. Horrifié par ce qu’il venait de voir, il se mit à hurler tout en essayant de sortir de ce trou. Il réussit tant bien que mal et couru vers la sortie en panique. Les hurlements interpellèrent le gardien du cimetière qui s’empressa d’aller voir ce qu’il se passait. Mais dans son élan, une apparition spectrale ensanglantée le stoppa net. Le gardien prit ses jambes à son cou. Le lendemain, le protecteur des lieux s’en alla avertir le propriétaire qui trouva l’histoire beaucoup trop tirée par les cheveux, surtout que jeune homme n’avait pas été retrouvé et ne pouvait pas étayer sa version des faits.


La rumeur semblait tout de même faire le tour d’Édimbourg. Effectivement, des faits similaires avaient été rapportés par plusieurs personnes qui disaient avoir vu des silhouettes blanchâtres dans la pénombre. Un employé du cimetière disait même avoir l’impression d’être observé lorsqu’il faisait ses rondes. Un jeune garçon, quant à lui, rapportait avoir senti et entendu une respiration forte qui semblait provenir de la crypte où le jeune homme avait trouvé les centaines d’ossements. Mais le plus étrange dans tout cela fut la femme retrouvée inconsciente devant la crypte. Alors que le gardien faisait le tour du cimetière, il aperçut la silhouette d’une jeune femme étendue au sol et qui présentait des traces rouges de strangulation au niveau du cou et de la nuque. Quand elle se réveilla, elle affirmait qu’un esprit avait tenté de l’étrangler. Elle ne l’avait pas vu, elle avait juste senti une force s’enrouler autour de son cou.


Les rumeurs devenaient de plus en plus lourdes à porter pour Édimbourg, et le conseil municipal prit la décision de fermer la crypte en interdisant formellement quiconque de s’en approcher, pensant que tout ceci résoudrait le problème. Mais les nouvelles allaient beaucoup trop vite et un écrivain eu connaissance de tous ces évènements. Il s’empressa de demander l’accord du conseil municipal afin d’organiser des visites guidées de la crypte, qui s’avéra être celle de Mackenzie. De là, les phénomènes étranges prirent une autre tournure. De nouvelles victimes étaient à déplorer. Plusieurs se retrouvaient avec des traces similaires à celles de la jeune femme et d’autres constataient sur eux des coups beaucoup plus violents comme des lacérations ou des griffures très profondes. Quelquesuns témoignèrent de bruits, de respirations, d’odeurs nauséabondes, de certaines zones très froides ou même de coups contre les murs de la crypte. Plus le temps passait et plus les phénomènes s’intensifiaient. Effectivement, les manifestations devenaient plus virulentes avec un champ d’exploitation plus élargi. Parfois, les gardiens retrouvaient des tombeaux fracassés d’une force surhumaine, des animaux morts sans aucune raison apparente. Il était même rapporté que les maisons proches du cimetière étaient victimes de phénomènes paranormaux. Le temps passait et l’Écosse tout entière était au courant et connaissait le nom du cimetière devenu très célèbre. Une cinquantaine de personnes ont même avoué avoir été victimes du poltergeist de Mackenzie.


C’est alors que le prêtre Colin Grant en 1999, soit un an après les faits, décida d’exercer un exorcisme dans le cimetière en compagnie de Clair Gardner, reporter. Avant de commencer la séance, Colin expliquait à Clair que l’esprit était beaucoup trop puissant et qu’il risquait d’y laisser la vie. Doué de talent de médium, le prêtre disait voir beaucoup de choses dans le cimetière. Il pouvait apercevoir des centaines d’âmes perdues, implorant l’aide de Colin. Il était persuadé que libérer toutes ces âmes serait bénéfique pour le bien de tous, mais que cette charge de travail était aussi beaucoup trop importante pour lui. Il refusa aussi de s’approcher de la crypte de Mackenzie, expliquant qu’une force indescriptible en émanait et qu’il ne pourrait pas le supporter. Après avoir effectué l’exorcisme, le prêtre était beaucoup trop faible pour continuer, pensant même que tout cela risquait de le tuer dans les jours à venir. Bien évidemment, deux semaines plus tard, Colin mourut à la suite d’une crise cardiaque.


Le fils de Colin ne renonçant pas à la volonté de son père, entreprit aussi un exorcisme dans le cimetière. Certainement l’exorcisme de trop. En outre, l’esprit de Mackenzie était prêt à tout pour se venger, sa rage s’amplifiait de jour en jour. Ceux qui osaient rentrer ou s’approcher d’un peu trop près de la crypte se voyaient partiellement brûlés, piqués, voire même se brisaient les os. Les bruits devenaient de plus en plus macabres, on pouvait entendre des rires effrayants, sentir des odeurs de souffre et des grognements étranges qui pouvaient se fondre dans le vent.


À l’heure d’aujourd’hui, de nombreux auteurs se seraient inspirés du cimetière de Greyfriars, notamment J.K Rowling qui aurait en partie utilisé des noms inscrits sur les tombes dans sa série très connue, Harry Potter. Malgré tout, aucune explication n’a été donnée à ce jour concernant les apparitions spectrales ou les traces retrouvées sur les victimes. Ce qui est certain, c’est que l’âme de Mackenzie à toujours soif de vengeance et qu’elle ne s’arrêtera pas de sitôt.


Hana