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LE CHUPACABRA N’EST-IL QU’UNE SIMPLE LEGENDE ?

Dernière mise à jour : 18 mai 2020

Simple légende locale née à Porto Rico, le mystère du Chupacabra, « suceur de chèvres » en français, s’étend ensuite dans toute l’Amérique latine, jusqu’à traverser les frontières étatsuniennes, pour finalement devenir l’une des créatures suscitant le plus de doutes et d’interrogations sur sa véritable nature. Cet animal, qui fait l’objet de nombreux témoignages, est tantôt décrit comme une gigantesque chauve-souris, tantôt comme un coyote géant. Certains affirment même qu’il aurait l’apparence d’un extraterrestre. Les indigènes, eux, pensent qu’il s’agit de l’homme-moustique, autre légende répandue en Amérique du Sud. Néanmoins, nombreux s’accordent à dire qu’il s’agirait d’une créature bipède, aux yeux rouges, qui posséderait des crocs saillants ainsi que des pointes dans le dos.


C’est en 1975, dans une petite ville de l’île de Porto Rico, que l’on entend parler pour la première fois de cet animal mystérieux. Le 27 mars 1975, le journal local de la ville de Moca titre « Un vampire attaque des ouvriers » : ce jour-là, les autorités découvrent plusieurs cadavres d’animaux vidés de leur sang. Les ouvriers, eux, affirment avoir été attaqués par un oiseau gigantesque. Baptisé le « vampire de Moca » par les médias, il pourrait être en réalité la première apparition d’El Chupacabra. En effet, une vingtaine d’années plus tard, une nouvelle vague d’attaques s’abat sur l’île de Porto Rico. Les autorités, qui suspectaient d’abord une secte satanique, vont donner de plus en plus de crédit aux témoignages qu’elles recueillent. De nombreux fermiers affirment avoir vu une bête géante attaquer le bétail. Cependant, ils sont certains qu’il ne s’agissait pas d’un simple animal sauvage. Autre détail étrange, les animaux, pour la plupart des chèvres, sont tous retrouvés avec un petit trou circulaire dans le cou, vidés de leur sang. Plus intrigant encore, ces petits trous remontent jusqu’au cervelet : ils témoignent d’une technique précise qui a permis la mise à mort de l’animal sans aucune souffrance.

Néanmoins, il est impossible de savoir si ces informations concernant les cadavres retrouvés sont véridiques, ou s’ils résultent d’extrapolations populaires.


D’autres carcasses d’animaux sont ensuite retrouvées dans plusieurs pays d’Amérique latine, mais c’est surtout au Mexique que la légende du Chupacabra va largement s’implanter. Ayant traversé tout le continent américain, le mystère « El Chupacabra » n’attend que d’être élucidé. Et, à partir des années 2000, les apparitions de la bête se multiplient notamment aux États-Unis : en 2004, au Texas, un homme affirme avoir abattu une bête inconnue alors qu’elle s’apprêtait à attaquer son bétail. Malgré l’examen médico-légal, les scientifiques n’arrivent pas à s’accorder sur la véritable nature de l’animal. Il sera connu sous le nom de la « créature d’Elmendorf », puisque retrouvé dans cette ville du sud du Texas. Mais le doute plane sur sa véritable origine : serait-ce un coyote, un chien ou encore un loup ? Certains sont persuadés qu’il s’agirait en réalité d’un chupacabra. En 2015, un corps étrange est retrouvé à Carmen de Panama : à première vue, les autorités pensent qu’il s’agit d’un chien ; mais sa peau est jaunâtre et il possède des doigts humains. Assez de détails étranges pour affoler la population, persuadée qu’il s’agit d’un chupacabra. En 2016, une vidéo où l’on apercevrait un chupacabra est relayée en masse sur les réseaux sociaux. Une créature bipède marche lentement dans un paysage désertique jusqu’à disparaître derrière un buisson sans jamais réapparaître. Ce sont des milliers d’autres vidéos et photos de chupacabras qui sont partagées sur la toile, les internautes entendant prouver l’existence de la créature.


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Mais la véracité de cette légende va rapidement être mise à mal : un chercheur de l’Université de Michigan, Barry O’Connor, a une explication toute simple au phénomène « El Chupacabra ». Spécialiste en entomologie, l’étude des insectes, il voit dans les descriptions faites des chupacabras une étrange ressemblance avec les coyotes atteints de la gale. En effet, ce parasite, bénin chez l’homme, est responsable d’une perte des poils importante et de la contraction des vaisseaux sanguins chez certains animaux, dont le coyote. Il est également à l’origine d’une extrême fatigue : selon Barry’O Connor : « Les animaux atteints de gale sont souvent très affaiblis. Et s'ils ont du mal à attraper leurs proies normales, ils pourraient choisir le bétail, car c'est plus facile. ». L’explication proposée par ce scientifique est tout à fait convaincante et plausible. Cependant, les différents cadavres de supposés chupacabras retrouvés notamment aux Etats-Unis n’ont révélé en aucun cas la présence de ce parasite. Le mystère reste donc tout entier…


Salomé