• Nox

Le champignon zombie

Mis à jour : 26 mars 2020


Dessin de Ju_Lie

Le champignon zombie ou de son nom scientifique « l’Orphiocordyceps Unicateraus » serait capable, selon une étude de David Hughes parue en octobre 2007 dans «  Proceedings of the national academy of science of the USA »,  d’investir le système nerveux d’une fourmi afin d’obtenir le contrôle de son corps. Ce phénomène a été observé récemment et continue d’être étudier. Pour comprendre ce phénomène, il faut étudier chaque étape de la contamination en commençant par l’incubation, jusqu’à la mort de la fourmi.  C’est ainsi que nous serons en mesure de comprendre comment se déroule cette zombification.

Pour commencer, sachez que ce phénomène se produit uniquement sur des fourmis charpentières de l’espèce « compotonus leonordi ». En réalité, ce champignon zombie a été identifié comme étant un parasite (soit une espèce qui se développe au détriment d’une autre) et se développerait donc par le biais de ces fourmis.  


Ladite contamination se fait assez rapidement. Les spores présentes dans le sol se fixent à l’exosquelette (aussi appelé cuticule) de la fourmi et s’immergent dans son système par le biais d’enzymes qui vont petit à petit prendre place dans le corps de la fourmi. Après cette incubation, le champignon commence à germer. C’est au bout d’environ quatorze à vingt-deux jours que le champignon, qui s’est immergé dans la cuticule, provoque le changement de comportement de la fourmi. Plusieurs symptômes vont ainsi apparaître, à savoir : une soudaine indépendance très inhabituelle pour les fourmis, des convulsions ainsi qu’une difficulté à marcher droit montrant que le champignon s’attaque à son système nerveux. 


Résultat ? La fourmi n’est plus maîtresse de son corps car le champignon la contrôle entièrement. 


Mais l’horreur ne fais que commencer car, comme le cite David Hughes « c’est un champignon dans ce costume de fourmi. » Il compare ce phénomène à la manipulation d’un marionnettiste et pour cause ! Même si la fourmi ne contrôle plus ses gestes et mouvements, son cerveau est intact. La fourmi sera donc contrainte d’agir en fonction du champignon parasite pour, au final, mourir afin que ce dernier se propage. Le jour de la fameuse mort, le champignon incitera la fourmi à grimper une sur plante afin qu’elle y insère ses mandibules. On remarque d’ailleurs, après dissection de restes de fourmis charpentières infectées, la présence de composés chimiques sécrétés auparavant par le champignon dans les muscles de la fourmi. C’est ce composé chimique qui permet aux mandibules de rester fixées sur la feuille pendant que le champignon pousse. Une fois fixée, la fourmi meurt laissant ainsi le champignon pousser quelques jours après.



Gurumed.org© Gurumed.fr© GuruMeditation© 2010-2018

Ayant déjà investi l’entièreté du corps de la fourmi, le champignon se met à pousser en dehors de celui-ci en commençant par la base de la tête. Ce phénomène dure trois semaines. C’est grâce à sa tige, aussi appelée sporophore, que le champignon sera en mesure de répandre ses spores dans le but de contaminer d’autres fourmis afin qu’il prolifère. On se rend ainsi compte qu’il s’agit d’un cercle vicieux. 


L’étude de ce phénomène est certes récente mais on s’aperçoit, grâce à une feuille fossile datant d’environ 48 millions d’années qu’il existait déjà à l’époque. D’ailleurs, après plusieurs recherches sur le sujet et des années d’études, des chercheurs se sont aperçus avec effroi que quatre autres types de fourmi serait victimes du même phénomène par quatre autres espèces de champignon. Effrayant n’est-ce pas ? Les chercheurs estiment d’ailleurs que nous n’en sommes qu’au début. Selon eux, il existerait dans le monde plus de mille autres espèces de champignons capables de zombifier des insectes en passant des fourmis aux araignées. Qui voudrait vivre dans un monde ou les araignées zombies existent ?


Ju_Lie