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Le cas Enfield : l'histoire de la famille Hodgson

C’est certainement l’histoire qui aura bouleversé l’Angleterre tout entière. L’histoire d’une famille qui semblait soudée et unie, jusqu’à l'arrivée d'un poltergeist venant semer la terreur. Les phénomènes paranormaux s'accentuaient dans la maison, menaçant de mettre en péril la vie tranquille de ses habitants.


Peggy Hodgson était une jeune femme pleine d’entrain, malgré un mariage qui s’est finalisé en divorce, elle était également la mère de quatre beaux enfants ; Margaret l’aînée, Janet, Johnny et Billy. La famille meurtrie par le divorce décida d’aller habiter dans la banlieue nord d’Enfield dans une jolie maison qui leur plaisait. Peggy y éleva seule ses enfants, bien que Johnny soit un petit garçon turbulent, cherchant toujours des problèmes à son frère ou ses sœurs. Il était tellement turbulent que Peggy s'était décidée à l’envoyer dans un internat en espérant que celuici se calme, loin de sa famille. Tout semblait aller pour le mieux. Margaret, studieuse, rendait fière sa mère, et Janet avec son tempérament de folie rendait la maison plus gaie aux yeux de tous. Mais en août 1977, la tournure des choses changea radicalement. Au moment des faits, Margaret avait treize ans, Janet onze, Johnny dix ans et le cadet n’en avait que sept.

Alors que Janet et son frère Johnny dormaient dans la même chambre, un bruit sourd se fit entendre dans celle-ci. Les enfants sursautèrent et Peggy vint dans la chambre en hurlant aux enfants de se calmer, croyant que ce bruit venait de Janet ou de Johnny qui jouaient encore à une heure aussi tardive. Mais la mère n’était pas au bout de ses surprises. Alors qu’elle ordonnait aux enfants de se rendormir, d’autres bruits se firent entendre, suivis du glissement de la commode vers le milieu de la chambre. Tous étaient choqués, ils criaient en s’accrochant à leur mère qui, elle-même, était effrayée par ce qu’il venait de se passer. Malgré tout, Peggy reprit ses esprits et remit la commode à sa place, ne croyant pas un instant que le phénomène était d’origine paranormale. Mais pour la deuxième fois, la commode revint glisser contre le plancher pour se positionner au niveau de la porte de la chambre. Peggy ne se doutant de rien, essayait de remettre la commode à sa place, mais celle-ci semblait tellement lourde qu’il lui était impossible de la déplacer. La peur montait dans le corps de la mère qui ne savait plus quoi penser. Après avoir demandé aux enfants de descendre, elle s’empressa aussitôt d’aller voir ses voisins pour leur demander de l’aide en leur expliquant la situation et ce qu’il venait de se passer. Ceux-ci, un peu septiques face au récit, se décidèrent quand même d'aller voir ce qui avait bien pu arriver et aider la pauvre femme.

En entrant, le couple analysa la maison, sans rien y trouver d’anormal. Mais ce n'est que quelques minutes après que des bruits se firent entendre dans les murs. Où qu’ils aillent, le bruit les suivait. Tous étaient dans l’incompréhension totale. Ils croyaient que quelqu’un était caché, incitant donc Peggy à appeler la police pour qu’ils viennent inspecter la maison. Celle-ci expliqua aux policiers ce qu’il s’était passé depuis le début de la nuit, les policiers eurent alors la même réaction que les voisins. Mais en pénétrant dans la maison, les mêmes bruits et tapements contre le mur recommencèrent. Le fauteuil qui se trouvait dans le salon se déplaçait tout seul, sans aucune raison rationnelle. Les policiers, stupéfaits par ce qu’ils voyaient, partirent en disant que ce qu’il se passait dans la maison était d’ordre spirituel et donc, pas de leur ressort. Les membres de la famille restèrent tous dormir au rez-de-chaussée, blottis les uns contre les autres. Mais plus les jours passaient et plus les phénomènes devenaient récurrents. Des jouets disparaissaient, des billes glissaient seules, les bruits sourds étaient toujours présents et rien n’allait en s’arrangeant pour la famille.

C’est le 4 septembre, après la rentrée des enfants, que Peggy se décida à contacter les journaux pour leur expliquer ce qu’il lui arrivait, à elle ainsi qu’à sa famille. Dès le lendemain, toute une équipe arriva sur les lieux, munie d’appareils photos et de caméras, prête à capturer tout ce qui pouvait être exaltant pour son journal. Les enfants, quant à eux, étaient épuisés, ils ne dormaient pas la nuit ou très peu. Les journalistes, dès leur arrivée se rendirent compte des phénomènes paranormaux qui se passaient dans la maison, les encourageant à contacter la SPR : une société spécialisée dans les phénomènes paranormaux.

C’est alors que Maurice Goose vint enquêter sur ce qu’il se passait dans la maison. C’était un père de famille ayant décidé de rejoindre cette société peu de temps après la mort de sa fille Janet, fauchée en moto avec son petit-ami. Un souvenir qui le hantait. Il estimait qu’il n’avait pas été un bon père avec sa fille, qu’il n’avait pas fait le nécessaire pour elle et que s’il avait été bon dans son rôle de père, il lui aurait évité une fin aussi tragique. La relation entre lui et sa femme était tout aussi médiocre depuis la mort de leur enfant. Après avoir rejoint la maison des Hodgson, il voyait en Janet sa propre fille et se jura de l’aider. Les phénomènes paranormaux continuèrent très longtemps ainsi, s’aggravant de jour en jour. Si bien qu'en septembre, les esprits semblaient plus menaçants que jamais. Des chaises pivotaient sur elles-mêmes, des billes volaient contre les murs d’une violence extrême pouvant même causer la mort de celui qui croiserait son chemin. Les jours passaient et l’affaire des Hodgson faisait la une des journaux, attirant un collègue de Goose : Guy Playfair, qui vint prêter main forte. Celui-ci pensait que ce n’était qu’une mise en scène et que rien ne se passait, remettait même en cause les compétences de Goose et lui pria de se retirer de l’affaire. C’est ce qu'il fit, laissant Playfair se charger de l’affaire, les éléments inexpliqués ayant cessé depuis l’arrivée de celui-ci. Un soir, alors que des caméras étaient installées dans toute la maison, Janet était dans sa chambre, pleurant le départ de Goose qui était son confident et comme un deuxième père. Le rideau de sa fenêtre vint s’enrouler autour du cou de celle-ci, l’étranglant violemment. Playfair en voyant la scène depuis la télé du salon s’en alla rapidement dans la chambre du premier étage pour aider la fille qui, face à la violence de l’étranglement, avait les vaisseaux de ses yeux qui commençaient à rompre. Face aux preuves évidentes, Playfair rappela donc Goose pour avouer qu’il avait bien raison et qu’il fallait trouver un médium pour découvrir ce qui se cachait derrière ce poltergeist. Ils invitèrent Annie Shaw et son mari afin de faire une séance de spiritisme. Son mari commença à réciter une prière et Annie prit la parole en hurlant de s’en aller. Sa voix ayant totalement changé, elle riait au nez de manière effrayante. George, son mari décida de faire un arrêt sur la séance en tendant un miroir à Annie pour qu’elle regarde son visage et retrouve ses esprits. Le poltergeist cracha au visage de George avant qu’Annie ne reprenne le contrôle de son corps. Elle avoue par la suite que plusieurs esprits sont présents dans la maison et qu’ils sont tous centrés vers Janet. Après le départ des Shaw, les phénomènes se calmèrent peu à peu, mais continuaient à tourmenter la petite Janet, manquant presque de la tuer en l’étouffant.

Les Hodgson décidèrent donc de faire une pause en allant en vacances au bord de la mer, espérant que ces vacances les aideraient à souffler un peu. Effectivement, ces vacances étaient très reposantes pour toute la famille mais après être revenu à Enfield, les habitudes reprirent très rapidement. Le 10 novembre, jour de l’anniversaire de Janet, Goose vit la petite fille se faire propulser dans les airs.


Plus les jours passaient et plus les pouvoirs du poltergeist grandissaient. Les deux jours suivants, il y eut des déplacements d’objets et le matelas de Janet fut propulsé par terre alors qu'elle se trouvait dessus. Le poltergeist prenait aussi possession du corps de la jeune fille pour pouvoir s’exprimer. Plusieurs jours passèrent comme celui-ci, Janet se faisait propulser à terre, ainsi que sa grande sœur, plus d’une cinquantaine de fois. La mère, impuissante face à tant de violence, décida donc d’appeler des médecins afin d’examiner Janet. Ils en conclurent à de l’hystérie et même de l’automutilation. Les médecins envoyèrent la fille chez un psychiatre, concluant que les chocs électriques étaient la médication la plus sûre pour ce cas-là.

Rien ne semblait aller, la petite fille subissait chaque jour des chocs électriques, elle ne parlait plus, sa joie de vivre avait disparu depuis longtemps déjà, et Goose supplia la mère de tirer Janet de cet enfer en lui promettant de trouver une solution. Peu de temps après avoir sorti Janet de l’hôpital psychiatrique, la jeune fille était toujours victime de projections contre le sol et les murs. Mais un jour en se réveillant, celle-ci se mit à dessiner plusieurs dessins monstrueux. Un dessin retint l’attention de Peggy, celui où l’on voyait une femme, saignant de la gorge et où un nom était inscrit : Watson. Peggy donna les dessins à Goose qui entreprit une enquête afin de savoir qui était ces Watson. Il s’avérait qu’un couple habitait ici avant les Hodgson. La femme avait succombé à une tumeur de la gorge et le mari se serait éteint dans la maison peu de temps après la mort de sa femme.

Un jour, Goose essaya de rentrer en contact avec le poltergeist, qui accepta à condition que la porte soit fermée. La voix se révéla être celle d’un vieil homme très bavard, qui expliqua à l’enquêteur qu’une dizaine d’entités habitaient la maison, et que celui qui parlait se nommait Billy. Billy habitait anciennement dans la maison où il était seul, il avait eu un fils et une fille,

mais étant un alcoolique, ceux-ci se sont vite enfuis de la maison. Il avoua être mort seul sur le fauteuil de son salon et que son corps a été retrouvé plus d’une semaine après, les mouches ayant alerté les voisins, qui auraient appelé la police. Goose se mit à la recherche de cet homme qui n’était autre que Billy Wilkins et qui aurait bien évidemment séjourné auparavant dans la maison.

Les phénomènes se manifestaient même hors de la maison, les voix prenaient possession de la jeune fille même en dehors de la demeure en insultant les passants par exemple. La voiture de Goose qui était comme neuve faisait des siennes, parfois il ne pouvait pas démarrer, parfois elle s’arrêtait brusquement. Les phénomènes affectaient même les voisins ou les membres de la famille qui n’étaient pas avec eux lors des faits.

En 1978, Guy Playfair fit une dernière tentative, en amenant un jeune médium, Dono Gmelig Meyling qui était connu pour avoir déjà résolu des affaires de ce type. Il exerça des prières dans la maison, et directement après, le calme revint. Malgré quelques phénomènes, ceux-ci semblaient beaucoup moins violents et c’est en 1979 qu’un prêtre vint bénir la maison. Ce fut la libération pour les Hodgson, le poltergeist avait enfin disparu.

Cette histoire aura suscité beaucoup d’émotions, elle aura inspiré le livre de Guy Playfair en écrivant « This House is haunted » ainsi que le film The Conjuring. Contre toute attente, le couple Warren aurait bel et bien vu et serait venu sur place pour aider la jeune Janet, mais Playfair les aurait accusés de n’être resté qu’une seule journée sans pour autant faire grandchose, à part confirmer ce qu’il se passait dans la bâtisse. Aujourd’hui, Janet Hodgson vit actuellement avec son mari et plus rien ne l’a approchée depuis, elle aura aussi avoué que quelques temps avant les premières apparitions paranormales, Margaret et elle avaient joué au Ouija pour s’amuser. Vraisemblablement, le jeu aurait presque coûté la vie de Janet.

Hana