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Lam Kor Wan ou le tueur aux bocaux

Lam Kor-Wan est l'un des personnages du milieu criminel les plus connus de la Chine. Son modus operandi et sa discrétion auraient pu l’amener à faire des choses encore plus terribles. Heureusement, la justice chinoise aura réussi à remonter la trace de celui qu'on surnomme le tueur aux bocaux.


Lam Kor-Wan est un garçon né le 22 mai 1955 à Hong-Kong. Celui-ci a toujours vécu dans une petite province de Hong-Kong et ce même après le divorce de ses parents Lam Wai Lok et Lam Cheung Kim-Ping. Il vit donc dans une petite maison de la colonie britannique avec son père et son petit frère avec qui il partage une minuscule chambre. On entend souvent dire que le jeune Lam Kor-Wan a eu une enfance ternie par les excès de violence de son père. C’est de cette façon que le jeune garçon grandit de façon solitaire. Il ne se liait d’amitié avec personne et ne cherchait pas à créer des liens avec qui que ce soit, même pas sa famille.


Dans les années 70, à l’apogée de ses dix-huit ans, le jeune homme finit par commettre sa première agression sur une jeune femme. Il l’aurait menacée d’un couteau et se serait permis de la toucher sans sont consentement. Celle-ci porta plainte et Lam Kor-Wan fut traîné en justice. Compte tenu de son état mental qui semblait être instable, il fut jugé comme non-responsable de cet acte et sera envoyé aussitôt en hôpital psychiatrique afin d’être suivi de plus près. Son internement dura cependant moins de temps que prévu. En effet, trois mois plus tard il fut libéré et commença une carrière de chauffeur de taxi.

Le 11 février 1982 Chan Fung-Lan, une jeune femme de vingt-et-un ans sortait d'une discothèque fortement alcoolisée. Cette nuit-là, elle était accompagnée de sa sœur qui lui aurait proposé de la ramener chez elle en voiture, mais Fung-Lan refusa catégoriquement et prit un taxi. Au début, aucun taxi ne voulut la prendre du fait de son état alcoolisé, mais finalement un chauffeur l’accepta : Lam Kor-Wan. Au début, tout se passa très bien, mais Fung-Lan commença à crier sous le coup de l’alcool, et vomit dans le véhicule de Lam kor-Wan qui fut alors excédé par la situation. C’était tellement enrageant pour lui qu’il emmena le véhicule à l'abri des regards, se stationna et assassina la femme en l’étranglant avec un câble électrique. Il était déjà très tard cette nuit-là, et il profita du fait que tout le monde dormait pour ramener le corps chez lui et le cacher derrière le sofa. Le lendemain matin, alors que tout le monde était déjà parti au travail, Lam Kor-Wan se leva directement pour ramener le corps dans sa chambre et s’y enfermer pour pouvoir mener les expériences qu’il souhaitait. Il coupa les membres du corps avec une tronçonneuse et plaça les seins de Fung-Lan dans des bocaux remplis de liqueur. Il se débarrassa ensuite du corps dans la rivière.

Sa deuxième victime fut Chen Yunjie, une caissière de trente-et-un ans, le 29 mai 1982 soit 3 mois après sa première victime. Celle-ci n’était pas alcoolisée mais le plaisir qu’il avait ressenti lors de son premier meurtre se transforma en addiction, et il assassina Yunjie de la même façon que FungLan. Pareillement qu’avec sa première victime, il la ramena chez lui et la démembra. Plaçant aussi les seins et les organes sexuels de sa victime dans des bocaux remplis de liqueur. Il ira cacher le corps dans un endroit non loin d’un quartier résidentiel, mais les restes du corps ne seront retrouvés que lorsque Kor-Wan aura indiqué l’emplacement exact.

La troisième victime, Liang Xiuyun, âgée de vint-neuf ans, fut tuée le 17 juin 1982. Elle subit exactement le même sort que les deux autres victimes. La quatrième victime n’était autre que Liang Lin Hui, une mineure à peine âgée de dix-sept ans. Tuée entre le 2 et le 3 juillet 1982. Elle sortait d’un banquet pour la fête de fin d’étude. Kor-Wan remarqua très bien que cette victime était bien plus jeune que les autres, et habillée d’une façon plus sobre, c’est certainement cela qui l’aurait fait douter. Effectivement, il n’emprunta pas la bonne route pour emmener la fille chez elle et lorsqu’elle s’en aperçût, il la menotta très rapidement. Celle-ci se mit à le supplier de la relâcher. Il conduit pendant de longues heures, parlant avec la jeune femme des études, de sa famille et même de religion. Il s’attacha un peu à cette jeune fille et ils s’endormirent même dans la voiture tous les deux. Mais lorsqu’il se réveilla, il finit par l’assassiner comme toutes les autres. Il ramena son corps chez lui, et la viola. Il expliquera par la suite que c’était la seule victime pour qui il avait éprouvé des remords face à son assassinat.


Six mois plus tard, alors que des ouvriers venaient de finir leur travail tout en marchant près de la rivière, ils virent quelque chose flotter à la surface. Ils essayèrent de savoir de quoi il s’agissait pendant que la chose qui semblait être un sac en plastique s’avançait doucement vers la rive. C’est avec horreur que le groupe découvrit, à l'intérieur du sac, la tête d'une femme en décomposition. La


police fut contactée et une longue recherche commença. Plusieurs heures plus tard, la police retrouva les restes du corps échoués à différents endroits de la ville. On retrouva les bras et les jambes, dont un des bras qui était tatoué. Il fut avéré que le corps appartenait à une femme, mais elle était tellement méconnaissable que la police ne savait pas comment retrouver l’identité de cette personne. Le tatouage fut d’une grande aide puisque dans les années 80, une femme avec un tatouage était très rare, et c’est en relayant cette information que la police a retrouvé un nom : Chan Fung-Lan.

Cependant, difficile pour la police d'entamer une enquête ; le crime était parfait, il n’y avait aucune trace, aucun indice. Au même moment, Lam Kor-Wan ramena une pellicule de photo à développer dans un laboratoire KODAK. Alors que l’employé développait les négatifs, il s’aperçut avec horreur que les photos étaient des images de personnes démembrées et de membres. L’employé contacta directement la police qui fit très rapidement le lien entre le corps retrouvé et cette pellicule. L’employé ne se rappelait plus qui était l’homme mais ce dernier n’était toujours pas revenu chercher les photos. La police décida donc de patienter, habillée en civil, jusqu’à ce que le suspect revienne chercher ses photos.

C’est ainsi que Lam Kor-Wan se fit appréhender par la police. Il nia tout d’abord en disant que la pellicule appartenait à son ami et qu’il ne tarderait pas à arriver pour la récupérer. La police lui laissa le bénéfice du doute et attendirent l’ami avec Lam Kor-Wan, sauf que plusieurs heures passèrent et pas l’ombre d’une personne. Il fut finalement embarqué au poste de police et sa maison fut fouillée. C’est avec stupéfaction que la police s’aperçut à quel point la maison était petite, en particulier la chambre des deux garçons. Elle ressemblait plus à un studio de photos qu’à une chambre. Les enquêteurs firent leurs recherches, trouvant une grosse mallette contenant des magazines pornographiques et des photos : dont une photo qui était un tatouage, celui de Chan Fung-Lan. Ils retrouvèrent aussi des vêtements de femmes. Les enquêteurs devinèrent que Lam Kor-Wan n’en était pas à son coup d'essai et qu'il avait tué bon nombre d'autres femmes. En fouillant un peu plus dans la chambre, ils trouvèrent des bocaux scellés par du scotch. Ils ouvrirent les bocaux et une odeur atroce en sortit : l’odeur de l’alcool et de la mort. Ils examinèrent l’intérieur des bocaux pour trouver des parties de corps et plus particulièrement des parties intimes : seins, utérus... Des cassettes vidéo aussi furent retrouvées dans cette chambre et la famille entière fut embarquée au poste.

Le père et le frère clamèrent leur innocence, expliquant ne rien savoir des actes que commettait Lam Kor-Wan. En effet, il fut révélé que le jeune homme n’agissait que lorsque la famille n’était pas à la maison ou quand celle-ci était endormie.

Lors de son arrestation, les policiers le menacèrent de dévoiler au monde entier les photos qu’il avait pris, et c’est ainsi qu’il passa aux aveux et dévoila aux enquêteurs où étaient situés les restes de ses victimes. Il expliqua par la suite qu’il voulait explorer l’anatomie féminine et c’est ce qui aurait motivé ses agissements. Il dira aussi que ce sont des voix qui l’auraient poussé aux meurtres en plus de la pluie. Effectivement, à chaque fois qu’il commettait ses meurtres, il pleuvait sur HongKong.

Le 8 avril 1983, Lam Kor-Wan fut jugé pour ses meurtres, il fut d'abord condamné à la peine de mort, puis lors d'un second procès, le 29 avril 1984, sa sentence fut reconsidérée pour la prison à perpétuité. Il séjourne encore à ce jour au centre pénitencier de Shek Pik à Hong Kong.

Son histoire terrible aura inspiré le film « Hong Kong Butcher » qui retrace les meurtres de Lam Kor-Wan. Si l'homme n’avait pas ramené cette pellicule au laboratoire, les enquêteurs auraient-ils retrouvé sa trace ? C’est une question sans réponse, et les enquêteurs sont soulagés d’avoir pu résoudre cette affaire avant qu’il ne fasse plus de dégâts.


Hana