• Nox

La schizophrénie

Stigmatisée, cette maladie subit de nombreux préjugés supposant que les personnes en étant atteintes sont violentes et dangereuses. On la confond souvent avec l’Alzheimer qui pourtant n’a que peu voire pas d’éléments communs. Contrairement à l’Alzheimer qui est un trouble neurologique, la schizophrénie est un trouble psychologique.


Illustration de la schizophrénie © Roche 2020

La schizophrénie, qu’est-ce que c’est ?

Cette maladie deux fois plus répandue que l’Alzheimer est un trouble psychiatrique grave et chronique qui perturbe la façon de penser ainsi que les sensations, les sentiments et les relations avec l'entourage. Une personne atteinte de schizophrénie perd sa capacité à agir correctement et à être lucide. La maladie touche environ un pour cent de la population mondiale (en France, 600 000 personnes sont concernées) et se manifeste souvent vers la fin de l’adolescence ou dans le début de la vingtaine (entre quinze et trente ans). Cependant, il est possible qu’elle se manifeste pour la première fois durant l’enfance bien que ce soit beaucoup plus rare.


Ce trouble peut être progressif ou peut survenir de manière plus brutale. Il touche autant les femmes que les hommes et évolue tout au long de la vie de l’individu. Les signes sont souvent mal compris et suscitent parfois la peur chez les autres. Même si la maladie ne disparaît jamais, elle peut, dans la majorité des cas, être maîtrisée grâce à des soins médicaux adéquats et au soutien des proches. À noter que les personnes atteintes de schizophrénie sont également atteintes de psychose qui est une perte de contact avec la réalité. La psychose est, la plupart du temps, brève, mais dans le cas de la schizophrénie, elle est souvent persistante.


Les causes possibles :

Bien que les causes demeurent inconnues, plusieurs hypothèses ont été émises ; la plus probable est que la maladie résulte de facteurs génétiques. En effet, lorsqu’un membre de notre famille est atteint de schizophrénie, nos chances de l’être sont multipliées. Des recherches ont montré que les personnes en étant atteintes avaient une modification de l’anatomie et du fonctionnement du cerveau. Selon certains spécialistes, le trouble pourrait être causé par les agents stressants de la vie chez les personnes ayant déjà les prédispositions de la maladie.


Les symptômes et les complications :

Chez la plupart des gens, les symptômes sont relativement légers et s’aggravent avec le temps. Les symptômes peuvent varier d’intensité et de fréquence, c’est pourquoi parfois il est difficile de diagnostiquer clairement une personne schizophrène.


Pour les personnes qui commencent avec des symptômes légers, les premiers signes sont les suivants ; repli sur soi-même, mauvais résultats scolaires, négligence de l’apparence personnelle et modification de la perception des choses.


Lorsqu’on parle de la maladie et de ses symptômes, on les catégorise en général en deux grandes catégories. Les symptômes « positifs », car ils viennent « s’ajouter » et les symptômes « négatifs », car ils provoquent une diminution / perte des capacités habituelles à faire des actions.


Les symptômes positifs sont associés à l’excès ou à la distorsion des fonctions normales. Parmi les symptômes, on peut mentionner :

Le délire, qui correspond aux croyances erronées.

– Les hallucinations, qui correspondent au fait d’entendre, de voir, de ressentir ou de goûter des choses qui n’existent pas. Les hallucinations auditives sont les plus courantes (entendre des voix).

– La désorganisation de la pensée, qui peut entraîner un changement de sujet rapide, un manque total de sens dans un discours ou encore des comportements inappropriés.


Les symptômes négatifs sont caractérisés par une diminution ou une perte des fonctions normales. Ce qui peut comprendre l’absence de contact visuel, de réponse émotionnelle, la diminution de l’usage de la parole, du plaisir, de la motivation et de l’intérêt.


Comparaison entre un cerveau normal et celui d'un schizophrène © Pinterest 2020

On note également une déficience intellectuelle qui comprend en général des difficultés à se concentrer ou à résoudre des problèmes, des symptômes émotionnels comme la dépression, la schizophrénie paranoïde qui est associée aux délires et aux hallucinations, la schizophrénie de type désorganisé qui est associée à l’incapacité de penser de façon lucide et à avoir un discours cohérent ou un comportement normal. On peut également compter la schizophrénie catatonique qui est extrêmement rare et qui se manifeste par une mobilité réduite et la schizophrénie non différenciée ou encore la schizophrénie récurrente qui sont respectivement un mélange de symptômes provenant des différents types de la maladie et qui surviennent une fois que les symptômes se sont arrêtés.


Pendant les phases aiguës de la maladie, les symptômes de psychose sont plus graves et empêchent la personne de se comporter de façon normale. Dix pour cent des personnes atteintes de la maladie se suicident. Celles qui représentent un plus haut taux de risque sont celles atteintes de schizophrénie paranoïde.


Comment fait-on le diagnostic ?

Le diagnostic se fait obligatoirement par un psychiatre. Aucun test n’existe pour aider à poser le diagnostic, la maladie se reconnaît plutôt grâce aux symptômes. Le spécialiste pose diverses questions au patient telles que des questions sur sa capacité à travailler, à fonctionner dans la vie de tous les jours et sa capacité à avoir des rapports sociaux. Il peut également interroger les proches du patient au sujet du comportement de ce dernier.


Le traitement de la maladie et sa prévention :

Il est impossible de prévenir la maladie puisque ses causes sont encore inconnues. Cependant, l’utilisation de médicaments antipsychotiques, la psychothérapie, le soutient familial et la réadaptation permettent de traiter les symptômes.


Il est important de suivre rigoureusement le traitement malgré les difficultés du patient à suivre les directives du médecin en raison des hallucinations et nombreux symptômes.


En conclusion, être atteint de schizophrénie peut être handicapant dans la vie de tous les jours mais les personnes en souffrant sont rarement dangereuses et un simple traitement médical ne suffit pas, le soutient des proches compte beaucoup.


Estelle