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La mystérieuse histoires des Catacombes de Paris

Mis à jour : 22 mai 2019


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Les métropoles occupent une place particulière dans l'imaginaire. Et Paris n'en fait pas exception. Sous sa surface, aussi brillante que majestueuse, se cache une cité des morts, noire et silencieuse, s'étendant à plus de vingt mètres sous les rues et les maisons des vivants, semblable à un miroir peuplé de fantômes. Dans cette ville d'ossements, les rumeurs ont donné naissance à d'étranges personnages : adorateurs du diable, créatures fuyant la lumière du jour... Beaucoup ont réussis à s'aventurer dans les entrailles de la ville. Mais certains, dit-on, n'en sont jamais revenus...



Tout commence le 10 mars 1776

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Sous le règne de Louis XVI, un édit royal ordonne la création d'un ossuaire municipal. La raison n'a rien de religieux et ne répond à aucun rite macabre. Elle est tout simplement hygiéniste car la capitale, qui est débordée par l'ac-cumulation de ses morts risque infections et contagions. L'idée donc de cet édit royal, est de transférer tous les cimetières parisiens extra-muros (hors de la ville), dans une ancienne carrière de la Tombe-Issoire, dont l'aména-gement est confié à l'inspecteur général des carrières Guillaumot.

Le sous-sol parisien a été creusé depuis l'Antiquité et pendant de longs siècles afin de récupérer les pierres qui servirent à la construction de la capitale. C'est donc dans ce réseau de galeries, que l'on choisit d'entreposer les restes de six millions de personnes. Ce grand déménagement commença en 1786 par le cimetière des Saints-Innocents (l'une des plus grandes et des plus vieilles nécropoles de la ville). Cette translation d'ossements se poursuivra jusqu'en 1860, permettant ainsi, de vider tous les cimetières de la ville.

Les carrières souterraines de Paris sont constituées de deux réseaux principaux. Le plus important, appelé grand réseau sud, s'étend sous les 5e, 6e, 14e et 15e arrondissement ; le second, sous le 13e. L'ensemble des galeries ne représente pas moins de 280 kilomètres... Elles portent également les noms des rues qui les surplombent, comme si une ville parallèle reflétait celle de la surface. Cet impressionnant ossuaire sera surnommé « catacombes », en référence aux nécropoles souterraines étrusques et romaines. Très vite, les catacombes sont ouvertes au publique et vont connaître un succès touristique immédiat, jamais démenti depuis. Au point que certains, tentent d'y pénétrer la nuit. N'oublions pas qu'une part de vérité est toujours présente dans une légende.


Les catacombes regorgent de légendes urbaines et de rumeurs. Car pour les habitants de la surface, un lieu aussi proche de l'enfer ne peut rester pur. Ainsi, on raconte que des individus mystérieux se baladeraient dans les galeries, dépouillant les visiteurs imprudents. La rumeur veut aussi que les catacombes soient reliées à certaines tombes du cimetière du Père-Lachaise. Des messes noires et des orgies s'y tiendraient. Malgré le fait qu'aucune preuve n'a pu être apportée, ces rumeurs ne cessent de s'accroître.


N'oublions pas qu'une part de vérité est toujours présente dans une légende.

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Commençons avec la plus célèbre des « victimes » des catacombes, Philibert Aspairt, portier du couvent du Val-de-Grâce.

Le 3 novembre 1793, Philibert se serait aventuré dans les carrières afin de trouver les fameuses caves du couvent des Chartreux (où les moines rangeaient leur célèbre liqueur, la chartreuse). Il ne serait jamais remonté à la surface.


Ce n'est que le 30 avril 1804, soit onze ans plus tard, que son corps fut retrouvé par des ouvriers de l'inspection générale des carrières. Cependant un mystère demeure : à l’époque, quand on retrouvait des ossements ou des corps, ils étaient transférés au cimetière ou dans l’ossuaire municipal. Pourquoi Philibert Aspairt a-t-il été enterré sur place, alors même que sa veuve était encore vivante ? Légende urbaine ou réalité ? Son supposé tombeau érigé à l'endroit de la découverte de sa dépouille, sous l'ancienne rue de l'Enfer (l'actuelle rue Henri-Barbusse), est devenu un lieu de pèlerinage pour la communauté cataphile. Des documents d'époque semblent confirmer les faits, mais nul n'a vérifié si sa tombe possédait bien des ossements.


Au XVIIIe siècle, pendant les travaux d'embellissement de Paris, des ouvriers remontaient les pierres des carrières pour reconstruire la ville. Ils racontent alors qu'ils auraient aperçu un homme vert surgissant des galeries, bondissant avec agilité, se cachant et les narguant, échappant toujours à ses poursuivants et portant malheur dans l'année à celui qui le découvrait. Des traces de pieds nus auraient été vues au sol. Certains cataphiles qui s'aventurent dans les catacombes, disent sentir une présence derrière eux... mais lorsqu'ils se retournent, il n'y a plus rien...


En 1867, lors de la consolidation du boulevard Arago, des ouvriers, pénètrent dans une petite galerie assez basse (à peine 80 centimètres de hauteur) aboutissant à un puits d'eau, découvrirent un squelette humain, sans trace de vêtements. À ses côtés, un squelette de chien. L'homme avait eu la tête coupée ; elle gisait à six mètres environ du corps.

La galerie dans laquelle on trouva ces restes n'avait pas d'issue ; Elle était fermée, d'un côté, par d'ancien comblements de carrière et de l'autre, par la maçonnerie du puits qui avait été refaite dans le but d'emmurer les cadavres. Quel drame s'était-il passé ici ? L'hypothèse d'un crime fut naturellement envisagée et parut la plus cohérente. Quoiqu'il en fût, l'enquête qui n'aboutissait pas, s'estompa. Le commissaire de police qui vint sur place pour s'occuper de l'affaire, n'hésita pas à s'engager en rampant dans la galerie, qu'il remplissait presque entièrement. Il arriva jusqu'aux cadavres, sans grande difficulté, mais quand il voulut revenir sur ses pas, cela lui fut impossible. Il fallut lui prêter secours avec beaucoup de peines.


L'histoire la plus troublante est sans conteste la disparition d'un homme dont seule la caméra fut retrouvée quelques années plus tard. Ce film amateur réalisé dans les catacombes de Paris dans les années 90 a de quoi glacer le sang. Sur cette vidéo en noir et blanc, on peut voir un homme errer seul dans ce réseau de souterrains. La caméra à la main, l'homme semble hésitant, effrayé et totalement perdu. Avant que le film ne se termine et sans que l'on sache pourquoi, celui-ci laisse soudainement tomber sa caméra au sol et se met à courir en s'enfonçant toujours plus loin dans les catacombes comme s'il avait vu ou était poursuivi par quelqu'un ou quelque chose.


Certaines hypothèses parlent d'une mise en scène pour un film américain. Pour beaucoup c'est un explorateur amateur qui aurait perdu son chemin. Néanmoins beaucoup de questions restent en suspend : Pourquoi a-t-il décidé d'y aller seul ? Pourquoi continue-t-il de s'enfoncer dans les souterrains plutôt que de revenir sur ses pas ? Qu'a-t-il vu ou entendu ? Aussi, son corps n'a jamais été retrouvé par la police.


Les catacombes connaissent aujourd'hui un succès planétaire notamment grâce au tourisme. Mais nul n'a encore pût résoudre les nombreux mystères qui entourent ces lieux aussi étranges que fascinant.


Roxanne