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La maison de Saint-Quentin : un mystère sanglant

Dernière mise à jour : 26 mars 2020

Des bruits étranges les réveillant au milieu de la nuit, des tâches de sang apparaissant sur les murs de leur maison et une cave dont la porte s’ouvre toute seule… Tel fut le quotidien de Lucie et Jean-Marc Belmer après leur emménagement dans une maison de Saint-Quentin dans les Hauts-De-France. Un mystère qui, malgré l’intervention de la police et d’un prêtre, reste de nos jours, inexpliqué.


Septembre 1986, un couple de jeunes mariés s’installent dans une maison située à Saint-Quentin en Picardie. Lucie et Jean-Marc Belmer souhaitent ainsi démarrer une nouvelle vie en emménageant dans le quartier tranquille de Rémicourt, abritant moins de soixante-mille habitants. Le pari semble être réussi : le couple, ainsi que leur chien, s’adaptent de plus en plus à leur logement ainsi qu’à leur voisinage.



Comme tous les matins, alors que Jean-Marc part travailler, Lucie reste seule dans la maison. Un jour, elle remarque une tâche rouge sur la table de la cuisine mais également sur ses draps. Ne se posant pas plus de questions, elle les nettoie et continue sa journée en oubliant cet incident. Mais le soir même, alors que le couple dort, des bruits étranges venant du rez-de-chaussée réveillent la jeune femme. Des bruits de casseroles et de vaisselles qui tombent, mais également de portes qui claquent. Lucie en informe son mari qui la rassure en lui affirmant qu’il doit s’agir des voisins.


Ainsi, le couple continue de mener une vie calme, jusqu’à ce que les fameuses tâches rouges commencent soudainement à apparaître sur les murs de la maison. Jean-Marc affirme d’abord que c’est la peinture blanche qui doit être d’une mauvaise qualité, et qui doit laisser transparaître la peinture de couleur en dessous. On pense également que c’est le chien du couple qui, étant peut-être blessé à la queue, pourrait arroser les murs de son sang. Mais en observant l’animal, on se rend compte qu’il n’a aucune blessure.



Un soir, en rentrant chez elle, Lucie découvre la porte de sa cave grande ouverte alors qu’elle se rappelait l’avoir fermée en sortant. La jeune femme affirme qu’une fois engagée dans la cave, la porte s’est brusquement refermée derrière elle. Face à ces mystères, l’inquiétude gagne de plus en plus Lucie qui n’ose plus rester seule chez elle. Elle entend chaque jour de nouveaux bruits et se rend compte en discutant avec ses voisins qu’ils n’ont rien à voir avec cela ; pire : ils affirment ne rien avoir entendu de tel.

L’angoisse s’installe chez le couple, d’autant plus que de nombreux curieux s’approchent de la maison pour appeler les esprits et visiter la demeure qui, maintenant, a la réputation d’être hantée. Jean-Marc décide alors d’appeler la police afin de rassurer sa femme et de comprendre d’où viennent ces phénomènes. Après avoir fait le tour de la maison sans trouver d’indice, les policiers affirment que, pour eux, c’est certainement une personne qui tente de faire peur aux Belmer. Afin d’enquêter sur cette mystérieuse affaire, ils mettent en place un étrange dispositif. Les agents recouvrent le sol de farine dans l’espoir de découvrir des traces de semelles si quelqu’un visite la maison, et demandent ensuite aux Belmer de passer la nuit à l’hôtel. Le lendemain matin, alors qu’aucune empreinte de pas n’apparaît sur le sol de la maison, on trouve de nouvelles traces rouges sur les murs de la cuisine et sur les draps de Lucie et Jean-Marc. La police récupère des échantillons et découvre alors qu’il s’agit de sang humain.


N’ayant plus aucun recours et estimant leur demeure maudite, le couple Belmer fait appel à un médium. Celui-ci affirme que la source de leurs problèmes se trouve dans la cave. Une fois dans cette partie de la maison, il détermine un endroit où creuser pour découvrir l’origine du mystère. Hélas, ces fouilles ne donneront aucun indice et s’avéreront inutiles.


Lucie et Jean-Marc contactent ensuite un prêtre pour bénir les lieux et éloigner les mauvais esprits dans l’espoir que tout rentre dans l’ordre. Malgré de nombreuses prières, le couple continue d’entendre des bruits étranges et de voir des tâches de sang apparaître sur les murs de leur maison. Effrayés, les Belmer décident de quitter l’endroit.


Alors que cette histoire représente aujourd’hui encore un grand mystère, de nombreux témoignages nous prouvent que la maison de Saint-Quentin n’est plus hantée de nos jours. En effet, après le départ des Belmer, un nouveau couple achètera la demeure et affirmera ne rien avoir vécu d’inhabituel. La maison est ensuite revendue une nouvelle fois en 2012, après de nombreux travaux entrepris en 2009. « Elle était habitable mais il fallait un bon coup de peinture. Et ce n’était pas pour cacher de quelconques traces de sang. Juste des travaux d’entretien. », affirme le nouveau propriétaire en expliquant n’avoir jamais vécu de phénomènes paranormaux. Ce qui le gêne le plus, ce sont les nombreux curieux qui viennent le visiter pour savoir si sa maison est bien « la fameuse maison qui saigne ».


En effet, l’histoire de la maison de Saint-Quentin avait été rendue visible dans les médias en juillet 1992, dans un épisode de l’émission Mystères. Il s’agissait davantage d’un programme spectaculaire, s’appuyant sur de nombreux témoignages effrayants dans le but d’intéresser ses téléspectateurs, que d’une émission d’investigation. Ainsi, lorsque l’on sait cela et en estimant qu’aucun des propriétaires suivants n’a connu de phénomènes identiques, on peut se questionner sur cette histoire.


Est-ce Lucie qui possédait un pouvoir la rendant capable de voir les phénomènes paranormaux, sachant que c’est souvent elle qui découvrait les tâches et entendait les bruits ? Ou bien serait-ce une histoire inventée dans le but d’effrayer la population ? Ce qui est sûr, c’est que nous n’avons pas encore percé tous les mystères de cette maison sanglante.


Constance