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La maison de Raynham Hall abrite-t-elle la dame brune ?

Mis à jour : 7 sept. 2020

Bâtie en 1637 (date à laquelle les travaux ont été officiellement terminés), Raynham Hall est une maison de campagne qui se situe dans le Norfolk en Angleterre. À première vue, on pourrait même la définir comme étant un vrai manoir. La bâtisse à la façade rouge et au style architectural particulier a toujours fasciné en Grande-Bretagne. Découvrons ensemble l'origine de cette maison et pourquoi elle est devenue si célèbre.


Sir Roger Townshend est l'homme qui a construit Raynham Hall avec l'aide de son ami et maçon William Edge de Raynham. Les travaux ont débuté en 1619 et se sont terminés à la même période que la mort de Sir Roger. Certains aiment raconter que le style de la maison a été totalement inspiré d'Inigo Jones, un grand architecte du début des siècles moderne qui a été le premier à utiliser des règles de symétrie et de proportion dans ses constructions. Après la mort du premier propriétaire, c'est le petit-fils de celui-ci qui reprit la maison, Charles Townshend, fils de Sir Horatio Townshend.

En 1713, quelques années après son arrivée à Raynham Fall, Charles Townshend épousa Lady Dorothy Walpole, une aristocrate britannique. Ensemble ils auront quatre enfants ; Mary, Edward, George et Dorothy Townshend.

En 1725, Charles fait appel à un nouvel architecte, William Kent, pour aménager la maison ainsi que construire des extensions pour la rendre encore plus spacieuse. C'est un an après, le 29 mars 1726, que Lady Dorothy Walpole décède de la variole. Cependant une hypothèse vient mettre en doute la mort par maladie de la jeune femme. En effet, Lady Dorothy était la maîtresse de Lord Wharton, et son mari l'ayant découvert, l'aurait enfermée à Raynham Hall en tant que punition et aurait fini par l'assassiner.


La première apparition :


Invités par la famille Townshend à Raynham Hall pour les fêtes de fin d'année en 1835, le colonel Loftus et l'un de ses amis portant le nom d'Hawkins rejoignaient leurs chambres lorsqu'une ombre apparut devant eux. Ils décrivirent une femme d'un âge moyen, portant une longue robe de couleur brune et ayant un visage très particulier. Son teint blanc et très lumineux était tâché par des yeux complètements noirs et effrayants. Le portrait que dressent Loftus et Hawkins effraie tout le monde à Raynham Hall et fait même partir quelques domestiques. À la suite de cela, Loftus fit peindre le portrait de la jeune femme et l'accrocha dans la chambre où elle avait été aperçue.


Une année plus tard, Frederick Marryat un célèbre auteur, passe une nuit dans la fameuse maison de campagne : il cherche à prouver que le mythe de la dame brune n'est que supercherie et qu'il a été inventé pour repousser les éventuels voleurs de la région. Ce n'est qu'en 1891 que le récit de sa nuit passée à Raynham Hall est publié, par sa fille Florence Marryat. Elle explique tout d'abord que les deux premières nuits se sont très bien passées, et que par précaution, son père gardait en dessous de son oreiller un pistolet « au cas où je rencontrerais la dame brune » avait-il dit.

La troisième nuit, alors qu'il s'apprêtait à se coucher, deux hommes présents aussi dans la demeure dérangèrent Frederick pour inspecter un pistolet neuf qu'ils avaient reçus quelques jours auparavant.

Avant de quitter sa chambre, il prit donc soin de se munir de son pistolet et se rendit quelques chambres plus loin. Une fois le pistolet admiré, les deux hommes décidèrent de raccompagner Frederick par gentillesse, jusqu'à sa chambre. Le couloir dans lequel les trois individus marchaient n'était pas éclairé, c'est alors qu'au bout de celui-ci, ils virent la lueur d'une lampe venir vers eux. Ils se cachèrent derrière deux portes, attendant que la personne passe et qu'ils puissent tous regagner leur chambre.

Cependant, dans l'interstice de la porte, Frederick reconnaît une longue robe brune, dont il avait beaucoup entendu parler. Il était face à la défunte Lady Dorothy dit « la dame brune ». Il décida donc, à ce moment-là, de se saisir de son pistolet pour stopper la jeune femme et lui demander de justifier sa présence. C'est alors que le « fantôme » s'arrêta devant eux, sourit en direction des trois hommes d'un air diabolique, avant que Frederick ne le lui tire en plein visage et que l'esprit disparaisse. La photo qui fait tout basculer :


Le 19 septembre 1936, Hubert C. Provand, un célèbre photographe et son assistant Indre Shira, se baladaient dans la maison de Raynham Hall, lorsqu'ils furent victimes d'un événement troublant. Alors qu'ils prenaient des photos dans la demeure, Shira raconte avoir vu « une forme vaporeuse prenant progressivement l'apparence d'une femme » qui descendait l'escalier principal de la maison. Ni une ni deux, Hubert prit son appareil et captura sans le savoir une image qui restera gravée dans le monde du paranormal. Une fois les négatifs développés, la célèbre image de « la dame brune » fut révélée au monde entier. Leur récit fut même publié en décembre 1936 dans le magazine Country Life et un an plus tard dans le magazine Life.


Un journaliste raconte l'une de ses interviews avec Hubert et Shira : « Je dirai tout de suite que j'ai été impressionné. On m'a raconté une histoire parfaitement simple : M. Indre Shira a vu l'apparition descendre les escaliers au moment précis où la tête de Provand était sous le tissu noir. (Tissu qui servait autrefois à mieux voir, les appareils photos n'étaient pas les mêmes qu'aujourd'hui) Un cri - et le capuchon était enlevé et l'ampoule a tiré (ampoule = flash), avec les résultats que nous voyons maintenant. Je ne pouvais pas secouer leur histoire, et je n'avais pas le droit de ne pas les croire. Seule collision entre les deux hommes expliqueraient le fantôme s'il s'agit d'un faux. Le négatif est entièrement innocent de tout faux. ».

Pendant des années, Shira fut accusé d'avoir falsifié la photographie en mettant de la graisse sur l'objectif, ou d'être même la silhouette sur l'image en descendant les marches. Les deux jeunes gens ont donc souvent été dénoncés comme étant auteurs de supercherie, et la photographie a pendant longtemps été soumise à des analyses poussées, sans jamais rien déceler.


Alors, faux témoignages ou réelles apparitions, à vous d'en tirer les conclusions. Ce que l'on sait c'est que depuis, Raynham Hall est l'un des lieux hantés les plus connus du monde entier et qu'il fascine toujours autant les adeptes de paranormal.


Julie