• Nox

La maison de mon enfance

Je suis une fille, j’ai vingt ans et je vis à Lyon. L’histoire que je vais vous raconter s’est déroulée dans une petite ville en Bretagne.


Il faut savoir que j'ai raconté ce que j'ai vu et vécu à mes frères et sœurs. Ils m'ont révélé tous deux avoir senti le même genre de choses mais n'avaient pas eu envie de m'en parler tant que je n'avais pas vécu la même expérience. On m'a toujours dit dans ma vie que je faisais partie des enfants qui voyaient des choses que les adultes ne voyaient pas. Ma mère m’a raconté qu’une fois, ma grand-mère m’avait emmenée en balade sur une colline de la ville sur laquelle se trouve une cathédrale. Au retour de cette balade, ma grand-mère est revenue toute affolée à la maison. Visiblement, je lui parlais de personnes qui dansaient dans la cathédrale, mais elle était inhabitée depuis des dizaines d'années et il n'y avait personne. Je disais des choses du genre « Elles sont trop jolies leurs robes », « T’as vu le couple là-bas, ils sont trop beaux… ». Après quelques recherches sur cette cathédrale, il s'est avéré que c'était un ancien château et que la pièce dans laquelle je voyais des personnes danser était en réalité la salle de bal. Troublant non ?


J'ai toujours eu, étant jeune, une passion pour les tenues moyenâgeuses, les robes de princesses alors que je n'en avais jamais vues. Pourtant, je savais très bien à quoi cela ressemblait (le type de robes, la coiffe, etc…). Si je vous dis tout cela, c’est pour montrer que j’étais plutôt sensible aux choses que l'on n’explique pas. L’endroit dont je veux réellement parler se trouve être la maison dans laquelle j'ai vécue jusqu'à mes douze ans. J’adorais cette maison autant qu’elle me faisait peur. Je me suis toujours sentie mal à l’aise là-bas lorsque j’étais seule.


La maison se trouvait derrière des immeubles, on ne la voyait pas de la rue. C’est à dire que pour l’atteindre, on devait rentrer dans un petit immeuble, longer le couloir et ouvrir une porte qui continuait sur un petit corridor où il y avait nos vélos et qui débouchait sur une cour où se trouvait la maison. Dès que j’arrivais dans la cour, face à la maison, je ne me sentais pas très bien, une sensation d’être épiée. Je n’avais qu’une hâte, rentrer dans la maison.


©Nox France

Lorsque j’étais dans la maison avec quelqu’un, ça allait plutôt « bien », mais dès que je me retrouvais seule, j'avais toujours cette sensation d’être observée. Alors mon rituel en rentrant du collège, c’était d’allumer la télévision du salon pour avoir la sensation d’être avec quelqu’un. Dans ma chambre, la nuit, dès que je me retrouvais dans le noir, je voyais des silhouettes blanches qui flottaient dans l'air, mais je n'ai jamais su ce que c'était. Dès que j'essayais de dormir, je sentais qu’on me touchait, j’avais la sensation d’une main sur moi, de caresses dans mes cheveux… Je passais mes nuits à faire la technique de « si je me cache sous la couette, rien ne peut m’arriver ».


Une nuit, lorsque j’étais plus jeune, j’étais allée me plaindre que mon grand frère faisait trop de bruit dans sa chambre qui se trouvait à l'étage du dessus. Ma mère m’avait alors confiée que c'était impossible puisqu'il était parti dormir chez mes grands-parents qui vivaient la maison d’à côté. Elle-même avait entendu les bruits et ne trouvait pas d'explication rationnelle. Nous sommes alors allées vérifier s’il n'était pas rentré. En entrant dans la chambre, nous avons constaté qu'il n'y avait personne.


Une autre fois, j’étais avec ma grande sœur et nous voulions prendre quelque chose dans la chambre de mon frère, mais toutes deux avions peur de cet endroit, on ne s’y sentait pas très bien toutes seules. Alors, j’avais juste entre-ouvert la porte, et lorsque j’avais collé mon oreille contre celle-ci, j’avais cru entendre chuchoter. Je repris mes esprits, malgré la peur, essayant de trouver une explication rationnelle « Peut-être que le Velux de sa chambre est ouvert, et que ce sont des personnes à l'extérieur de la maison qui parlent ». Mais en entrant, la fenêtre était fermée et les chuchotements s'étaient arrêtés. Lorsque j’en avais parlé à mon frère, il s’était rapidement refermé, s’énervant, me disant qu’il n’y avait rien. Quand j’ai commencé à en toucher deux mots à ma mère, cette dernière m’avait avoué qu’avant la construction de la maison, c’était une ancienne écurie. Le palefrenier avait été retrouvé mort, suicidé en se pendant pile où se trouvait la chambre de mon frère.


Alors simple coïncidence ou esprits qui rodent dans la maison ? Je n'en aurai jamais la certitude...