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La justice décrédibilise-t-elle le meurtre commis par un enfant ?

Il n’est pas rare de voir des enfants devenir des meurtriers bien avant d’avoir atteint l’âge adulte. Etant mineurs, ceux-ci vont bénéficier d’un traitement différent de celui des adultes. Un tas de questions peuvent apparaître sur le déroulement du procès d’un mineur, pour meurtre par exemple. Cependant, que penser de ce traitement beaucoup plus favorable aux jeunes ? N’a-t-il pas un effet immoral et banalisant envers l’acte de ce dernier ?


En France, lorsqu’un enfant commet un acte illicite, il est pénalement responsable, ce qui signifie qu’il peut être déclaré coupable d’une infraction. En dessous de la majorité pénale fixée à dix-huit ans, un enfant ne peut pas être sanctionné comme un adulte. En France, un mineur de moins de treize ans ne peut pas aller en prison. Seules des mesures et sanctions éducatives sont prises. A partir de treize ans, l’enfant peut, en plus de ces mesures, être placé en centre éducatif mais également aller en prison et payer une amende. Normalement, un mineur ne bénéficie que de la moitié de la peine qu’il aurait dû avoir en étant adulte. Dans certains cas, le tribunal peut contourner cette règle, mais la peine ne peut pas être supérieure à trente ans de prison même si en étant adulte, il aurait été condamné à la perpétuité.

Un enfant, en France, n’a pas de casier judiciaire avant ses dix ans. Que penser de cette décision et des précédentes ? Prenons l’exemple de Mary Bell, au Royaume-Uni, âgée de onze ans ; qui a tué deux jeunes enfants à peine âgés de quatre ans. Ces deux jeunes ont été étranglés, mutilés au rasoir, et leur pénis a été entaillé à l’aide de ciseaux. Si le cas de Mary Bell s’était déroulé en France, étant âgée de dix ans lors des faits et onze lors de son jugement, elle n’aurait écopé que de sanctions et mesures éducatives. Elle ne serait ni allée en prison, ni dans un centre éducatif. De plus, si Mary avait commis ces meurtres un an plus tôt, cela ne serait pas rentré dans son casier judiciaire.

Nous pouvons dès lors constater deux vagues totalement opposées face à la situation. Certains diront que Mary, malgré son âge, était clairement consciente de ses actes : le fait de mutiler le pénis d’un enfant avec un rasoir, puis d’entailler ses parties génitales le prouve expressément. La justice banalise clairement l’acte commis par un enfant. Les plus grands serial killers ont développé leur pulsion dès l’enfance, et certains ont continué à avoir ces mêmes pulsions une fois en prison.

D’autres diront qu’en 2020, la France utilise des moyens très adaptés pour « recadrer » le mineur qui a commis un acte illicite. Un bon traitement et un bon encadrement durant de longues années suffisent pour qu’un enfant retombe dans le droit chemin, tandis que d’autres facteurs peuvent nuire à l’enfant, comme sa famille par exemple. Une fois dans un bon cadre, l’attitude de ce dernier ne peut qu’évoluer de façon positive.

Ainsi, il est possible que le fait d’attribuer des sanctions plus faibles aux mineurs a tendance à décrédibiliser d’une certaine façon le meurtre, l’enfant étant généralement doté de la capacité de discernement. Cependant, dans un pays développé à tous les niveaux comme la France, est-il nécessaire de sanctionner un enfant avec un acte qui le suivra toute sa vie si radicalement, lorsque dans certains cas, un bon encadrement et un bon suivi médical et psychologique suffiraient ?


Emma