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La Franc-maçonnerie et ses mystères

Ce n'est un secret pour personne, notre monde regorge de groupes et de sociétés secrètes en tout genre, mais il semble important de noter que l'une d'elles semble faire l'objet de tant de mystère qu'elle se démarque des autres : la franc-maçonnerie. Parfois effrayante mais le plus souvent sujette a beaucoup d’interrogations, il semble que nos connaissances sur le sujet ne soient issues que de ouï-dires et de rumeurs ; c'est probablement ce qui induit autant de mystère. Aujourd'hui, notre but sera de comprendre l'origine de la franc-maçonnerie et d'essayer, dans la mesure du possible, d'en comprendre les intérêts et fonctionnements. Par ailleurs, sachez qu'il est assez compliqué de trouver un consensus quant à la définition exacte de la franc-maçonnerie, car elle varie selon les croyances et opinions. Néanmoins, et par le biais d'explications, nous tenterons de la définir le plus exactement possible et avec neutralité. C'est par une vue d'ensemble et très générale sur le sujet que nous tenteront de déconstruire certaines idées reçues et de traiter les points que nous estimons les plus intéressants.

Disclaimer : Cet article ne reflète en aucun cas les opinions et idéaux du magweb. Le sujet est traité en toute neutralité et sans a priori. Il n'est état ici que d'informations et de recherches sur les franc-maçons et nous n'encourageons ni ne dénigrons personne. Merci de votre compréhension.


La franc-maçonnerie voit le jour en Écosse vers la fin du XVIIème siècle (1598 semble-t-il). Elle tire son origine d'un groupe composé à l'origine de « bâtisseurs », plus particulièrement des tailleurs de pierre. La diffusion de la franc-maçonnerie en France daterait de la fin du XVIIIème siècle. Stuart (a priori ancien membre des premiers francs maçons) et ses confrères en seraient à l'origine. La diffusion de la franc maçonnerie serait, pour la plupart des loges existantes, le résultats de divers flux migratoires. Nous verrons l'historique en détails plus tard car pour mieux comprendre la francmaçonnerie et en voir les tenants et aboutissants, nous nous devons de définir un certain nombre de termes essentiels à la compréhension du mouvement.


Commençons avec les « Loges ». Une loge maçonnique correspond à une structure dans laquelle se réunissent les adeptes pour pratiquer leurs divers rites (comme par exemple le rite des anciens devoirs ou le rite du mot du maçon). Ces loges s'organisent un peu comme des associations nommées « Obédiences ». Ce mot renvoie directement à un terme religieux qui signifiait obéissance, mais il semble que les franc-maçons en aient fait quelque chose de plus complexe. En réalité, une obédience maçonnique qui, rappelons-le, fonctionne comme une association, obéit à une constitution et celle-ci est propre à chaque obédience. D'ailleurs, elles ont toutes une sorte de blason qui, visuellement, est différent d'une obédience à une autre. Certaines obédiences ne sont composées que d'hommes, d'autres uniquement de femmes tandis que d'autres encore sont mixtes. Dans ces obédiences s’opèrent des rites maçonniques qui correspondent à des cérémonials durant lesquels les franc-maçons agissent selon des comportements propres à leur mouvement. Il peut s’agir de gestes, de langages, et de déplacements. Cet ensemble de comportements est propre à eux, et il est exigé de garder le secret concernant ces rites.


En parlant de garder le secret, les franc-maçons sont soumis à certaines règles qu'ils se doivent de respecter. Elles ne seront pas toutes énumérées car bien trop nombreuses, mais certaines, comme par exemple garder le secret des rites opérés, semble être importante à souligner. Aussi, l'idée reçue selon laquelle le franc-maçon est obligé de garder le secret concernant son appartenance au mouvement n'est qu'à moitié fausse. Il peut en parler librement à qui veut l'écouter. Par contre, il lui est interdit de révéler l'identité de ses confrères car il se doit de respecter leur souhait de garder l'anonymat. Il est tout de même important d'expliquer d'où semble provenir cette idée reçue et pourquoi elle se trouve être « à moitié fausse ». Il faut savoir que les franc-maçons ont longtemps gardé leur anonymat mais cela n'avait aucun rapport avec une soit disant « règle ». En réalité, ils ont été victimes de l’église catholique qui leur faisait subir toutes sortes de persécutions compte tenu de leurs principes foncièrement contradictoires aux leurs. Et c'est d'ailleurs à la suite de ces persécutions qu'ils mettent en place une façon bien à eux de se reconnaître, correspondant à des signes de la main. Ces signes, bien que toujours existant ont aujourd'hui évolué, et il semble qu'il est possible de se reconnaître par le biais d'une façon de se serrer la main bien particulière, propre à eux et dont seuls les membres ont le secret.


En parlant d'idées reçues, celles concernant les franc-maçons sont nombreuses et bien souvent issues de rumeurs et d'interprétations personnelles.


Dislcaimer : Attention à ne pas mal interpréter nos propos. L'idée ici n'est en aucun cas d’affirmer que telles ou telles idées sont erronées mais bien d'exposer des ouï-dires et de tenter d'en faire une analyse constructive en prenant en compte le pour et le contre. Nous n'affirmons rien, nous ne justifions rien et nous ne soutenons aucune de ces idées.


Le plus souvent, les gens qualifient la franc-maçonnerie de secte. Il est vrai que sur certains points, et suivant l’idéologie personnelle de la personne, le rapprochement entre les pratiques de la francmaçonnerie et les pratiques sectaires se fait tout naturellement. Mais il semble que la francmaçonnerie soit le contraire d'une secte de part un point bien précis : l'idée de « personnalité collective ».


Par définition, une secte est composée d'un gourou qui « contrôle » les faits, gestes et mentalités de ses sujets à un tel point que son endoctrinement rentre en conflit direct avec le libre arbitre de l'individu. Hors, la franc-maçonnerie a un système de fonctionnement en totale divergence avec celui-ci. En effet, même si les termes portent parfois à confusion, la franc-maçonnerie est une idéologie qui encouragerait ses membres à se découvrir en tant qu'individu de façon personnelle et profonde en les aidant à connaître leur for intérieur. En d'autres termes, ils se soutiennent de façon collective mais développent leur pratique de façon personnelle.


Les façons de pratiquer et de penser peuvent varier d'un individu à un autre et aucun consensus n'est établit à ce niveau là. De plus, les franc-maçons ne vivent pas ensemble. Ils ont tous un mode de vie différent, un travail différent, une vie de famille et des hobbies qui leurs sont propres. En ce sens, la franc-maçonnerie serait à différencier d'une secte.


Ces rumeurs sont colportées et explicitées le plus souvent par les antimaçonniques car d'après eux l'objectif final des franc-maçons serait d'arriver à une abolition totale de la démocratie au profit d'une dictature dictée et contrôlée par leurs dirigeants. Il semble que cet état d'esprit vienne en partie de « scandales » parfois religieux, politiques et même en lien avec les finances autour d'individus prétendus franc-maçons. Rien n'est établit et il n'est pas prouvé que cette théorie soit le but réel du mouvement. Nous ne sommes pas en mesure d'affirmer ni de contredire ce propos.

Abordons désormais une problématique qui semble toujours un peu floue : Le rapport entre la franc-maçonnerie et la religion.


Il semble probable que les franc-maçons soient qualifiés de secte à cause de leurs croyances en GADLU autrement dit l'être suprême, « Grand Maître de l'univers » . Pour comprendre le rapport qu'entretiennent les franc-maçons avec la religion, il faut remonter quelques siècles en arrière.


Tout d'abord, il faut bien comprendre que le Grand Maître de l'univers, malgré son rattachement irrévocable aux franc-maçons dans l'imaginaire collectif moderne, n'a pas été « créé » par les francmaçons. On retrouve cet être suprême dans des textes datant de la Rome Antique mais aussi chez Cicéron. On comprend donc que cette divinité remonte à bien longtemps avant la création de la franc-maçonnerie. En clair, le grand maître de l'univers n'est entré dans la franc-maçonnerie qu'au XIXème siècle mais « existait » déjà depuis bien longtemps.


En réalité, les franc-maçons étaient à la base chrétiens et protestants et ces croyances étaient inévitables si l'on voulait se joindre au mouvement. Les « athées » n'étaient autrefois pas acceptés chez les franc-maçons. Lorsqu’ils se réunissaient dans les loges pour leurs serments maçonniques, l'orateur se devait de parler avec sa main droite posée sur la bible, et il semble que ce soit toujours le cas pour certaines obédiences.


« Dans la déclaration des principes du convent de Lausanne (1875), un texte lu à tout nouvel initié affirme que la Franc-Maçonnerie est donc ouverte aux hommes de toute nationalité, de toute race, de toute croyances. Elle accueille tout profane quelque soient les opinions politiques et en religion dont elle n’a pas a se préoccuper pourvu qu’il soit libre et de bonne mœurs » (extrait du texte Le grand architecte de l’univers un concept nécessaire par L'EDIFICE)

C'est grâce à la volonté de certaines obédiences de changer les choses que les croyances des francmaçons évoluent. Certaines d'entre elles avaient évoqué l'idée selon laquelle un individu, même s'il n'était ni de confession catholique ni de confession protestante, était à même de croire en un être supérieur et de ce fait, de faire parti de la francmaçonnerie. On remarque donc une profonde évolution des mentalités. Les normes d'acceptation semblaient alors plus souples. C'est plus ou moins toujours le cas aujourd'hui même s'il semble évident qu'il soit compliqué de l'affirmer compte tenu des divergences d’opinion au sein des diverses obédiences (car rappelez-vous, aucun consensus n'est établit, si ce n'est le secret maçonnique et les rîtes. Les obédiences ne fonctionnent pas nécessairement de la même façon. En clair, le fond reste le même mais la forme peut varier). Par contre, nous sommes en mesure d'affirmer que certaines obédiences adulent toujours le Grand maître de l'univers tandis que d'autres, plus libérales, auraient pour devise « Liberté, Égalité, Fraternité » (pour les loges françaises, entendons-nous bien).


© Corbis

Pour conclure sur le sujet « secte et religion », sachez que le Grand maître de l'univers est aujourd'hui davantage un emblème qu'un symbole religieux à proprement parlé. Comme cité précédemment, les franc-maçons encouragent le développement personnel et ne semble pas forcer leurs adeptes à adopter les mêmes idéologies. D'après leurs dires « Chacun est libre de ses opinions ». Leur mantra serait le suivant : « Connais-toi toi-même » ce qui renverrait à l'idée d'une « harmonie personnelle en quête d'un juste milieu ». On comprend donc que, encore une fois, rien n'oblige l'adepte franc-maçon à adopter un certain mode de pensée, ce qui va en contradiction directe avec le mode de fonctionnement des sectes.


Le nouveau point que nous allons aborder concerne l'influence des potentiels recrues et/ou francmaçons confirmés. Sont-ils tous forcément influents, riches ou célèbres ?


Il est impossible de répondre clairement à cette question sans contextualiser. Ces rumeurs concernant ladite influence des membres de la franc-maçonnerie ne sortent pas de nulle part. En effet, il est vrai qu'à l'époque, les franc-maçons étaient pour la plupart de talentueux architectes et plus globalement des élites intellectuelles. De ce fait, ils étaient au sommet socialement et étaient admis à la cour du roi. Mais aujourd'hui, cette tendance, même si toujours en partie existante, ne semble plus si concrète. Effectivement, les personnalités historiques tels que Lafayette, Benjamin Franklin, Mozart et bien d'autres étaient franc-maçons, et cela n'était un secret pour personne ou presque.


Mais pour répondre à la question, il nous est primordial d'expliquer en détails le recrutement d'un franc-maçon. Généralement, le recrutement d'un potentiel nouveau membre n'est pas dû au hasard et passe par un système de cooptation. Pour faire simple, la « cooptation » est un mode de recrutement passant par un membre certifié qui « recommande » un potentiel postulant à l'assemblée. Il s'agit d'une sorte de système de piston sauf qu'ici, rien n'est acquis et le potentiel franc-maçon va évidemment devoir faire ses preuves. Même si ce mode de recrutement est le plus commun (et renvoie donc à l'idée d'élite), il arrive plus rarement que des « candidats spontanés » postulent par le biais d'internet ou de courriers adressés directement à la loge choisie. Tout le monde aurait la possibilité de postuler mais il existe évidemment des critères de recrutement qui diffèrent selon les obédiences. Quand aux critères communs, ils visent des individus de bonne mœurs (et cela s'évalue par un regard sur le casier judiciaire du postulant), libres (c'est-à-dire libres d’éventuels préjugés et adeptes des remises en questions personnelles) et majeurs. Il peut aussi être demandé au postulant d'être chrétien, croyant en dieu ou simplement croyant en un « être suprême » mais cela ne concerne que des obédiences a priori toujours « traditionalistes ». Les obédiences « libérales » n’exigeront aucune croyance particulière.


Après quoi, le postulant sera convié à rencontrer le vénérable maître, autrement dit le « président de la loge » pour un entretien. Il sera ensuite soumis à un vote de la part des trois « dirigeants de la loge » en fonction de ses motivations. Est-il honnête dans sa démarche ? Ses motivations sont-elles louables ? Est-il spirituellement ouvert à la découverte de son « moi » intérieur ? Si le vote se trouve être favorable, le postulant sera amené à auditionner les yeux bandés devant l'entièreté des membres de la loge qui, par le bais d'un vote, statueront sur l'entrée ou non du postulant dans celle-ci tant que « profane ». Dans le cas où le postulant est enfin accepté au sein de la loge, il se devra se procéder à une initiation sous forme de cérémonie visant à une « recherche de soi » comprenant toutes sortes d'épreuves plus ou moins spirituelles et symboliques. Une fois ces épreuves réussies, l'initié passe d'un statut de « profane » à un statut « d’apprenti » et fait donc officiellement partie des membres de la loge.


Pour conclure, la rumeur selon laquelle les membres de la franc-maçonnerie seraient des membres influents n'est pas tout à fait vérifiable. Certes, certains d'entre eux ont du pouvoir, c'est indéniable. Mais compte tenu du fait que les critères pour y postuler ne comportent pas « d'obligation » concernant le statut social, on peut donc en conclure que non, tous les franc-maçons ne sont pas forcément des personnes influentes, de pouvoir ou célèbres.


En conclusion, la franc-maçonnerie s’organise telle une « fraternité » ou plus simplement une association. Les membres se nomment entre eux les « frères » et « sœurs » ce qui renforce d'autant plus cette idée de mouvementent fraternel (certains d'entre eux se définissent avec ces mêmes mots). Leurs codes et habitus (le comportement qu'adopte un individu en rapport avec son groupe social) leurs sont propres, ils ont aussi divers symboles bien à eux comme par exemple l'équerre, le compas ou encore le delta lumineux qui étaient les principaux outils des tailleurs de pierre à l'époque. D'après les recherches, il semble que cette « idéologie » similaire à une « voie initiatique » soit en lien direct avec la spiritualité mais se trouve être personnelle. En d'autres termes, l'individu qui entre dans la franc-maçonnerie aurait pour but ultime de se « rendre meilleur » et cette quête d'amélioration de soi passerait par des remises en question ainsi que beaucoup de questionnement sur son « soi intérieur ». Ils se qualifient aussi « d'association philanthropique » soit une association ayant des principes conducteurs humanistes et progressistes dans le but d’œuvrer pour le bien universel. Il semble même que la franc-maçonnerie ait amorcé beaucoup de progrès sociaux tel que le vote des femmes et les congés payés.


Alors à défaut d'analyser les points négatifs de la franc-maçonnerie (même s'il en existe forcément), il serait, a contrario, intéressant d'analyser comment et par quels moyens ils auraient « œuvré pour le bien universel » car, rappelons-le, c'est comme ça qu'ils définissent eux même leur mouvement. Et vous, qu'en pensez-vous ? À votre avis, la franc-maçonnerie a-t-elle réellement œuvré pour le progrès social ? Pourriez-vous toujours qualifier le mouvement de secte ?


Ju_Lie