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La dame blanche de Puymartin

Dernière mise à jour : 18 sept. 2019

Dans la vallée des Beunes, en Périgord Noir, trône une magnifique construction du xiiie siècle, classée monument historique. En plein milieu d'une grande forêt, le château de Puymartin ayant traversé de nombreuses guerres, cache quelque chose d'étrange : des sensations d’oppressions et des courants d'airs froids se font souvent ressentir par les visiteurs...



Château de Puymartin ©Lotte pour Nox

L'édification du château de Puymartin a débuté au xiiie siècle. Il a servit de délimitation entre la France et l'Angleterre durant la guerre de Cent Ans (1337-1453) et appartenait alors aux Anglais. À cette époque, les moindres faits et gestes des Français étaient contrôlés par l'ennemi qui avait de ce fait une position stratégique. Puymartin leur permettait ainsi d'avoir le contrôle sur la Vézère, la rivière qui passe non loin de là. À force de persévérance, les Français gagnaient du terrain et le consulat de Sarlat, qui gouvernait le territoire, racheta le château et le laissa à l'abandon. Celui-ci tomba en ruine, principalement à cause des pillages. C'est en 1450 que le Comte Radulphe de Saint-Clar sauve le château en le rachetant. Il le reconstruit entièrement et, jusqu'à aujourd’hui, le château est resté dans la même famille, hérité de père en fils ou d'oncle en neveu. Le petit fils de Radulphe, Raymond de Saint-Clar hérite naturellement du château au xvie siècle. En pleine guerre de religion, il devient le chef des Catholiques du Périgord Noir, en opposition aux Protestants, les Huguenots. Est-ce que Puymartin lui porte chance ? Il arrive à repousser les Protestants de la ville de Sarlat qui devient alors catholique. Suite à cette victoire, il se fait appeler « Capitaine de Puymartin ». À la mort de Raymond de Saint-Clar, ses enfants, Suzanne et Jean se disputent le château. Pendant quarante ans, le frère et la sœur vont batailler jusqu'à ce que Suzanne devienne finalement propriétaire du château. À son décès, dix ans après, Jean prend possession de celui-ci. Sa femme, Thérèse de Saint-Clar, beaucoup plus jeune que lui, passe la plupart de son temps à l'attendre dans cette grande bâtisse. En plein xvie siècle, Jean part souvent faire la guerre. À force d’ennui et de solitude, son épouse tombe amoureuse d'un jeune homme. Souvent, les deux amants se retrouvent dans la petite chambre de la tour nord pour consommer leur amour. Thérèse en oublie son mari.


Chambre de la tour nord ©Lotte pour Nox

Un jour, alors que Jean rentre d'une de ses nombreuses batailles, il trouve sa femme et son amant dans une fâcheuse posture. Jean de Saint-Clar devient furieux et tue violemment le jeune homme en le découpant de la tête aux pieds avec son épée. Quant à sa femme, il l’enferme dans la chambre de la tour nord, et emmure la porte pour qu’ainsi elle ne puisse plus sortir, ni être au contact d'autrui.



Trou par lequel Thérèse recevait ses vivres ©Lotte pour Nox

Dans cette chambre, qui est à présent son cachot, la malheureuse reçoit de la nourriture par une trappe, située au plafond. Son unique contact avec l’extérieur est un panier qui descend avec des vivres. En dessous de cette trappe, une cheminée lui permet de se chauffer et de cuisiner ses repas. Une couchette et une fenêtre sont ses seules distractions. Pendant quinze ans, la jeune femme va vivre ainsi, au rythme des ouvertures de trappe et des nuits qui s’enchaînent. Quinze années dans la solitude la plus totale.

À sa mort, son mari ne voulant lui donner une sépulture digne de ce nom préféra l'emmurer dans la pièce. Depuis, les témoignages des propriétaires et de certains visiteurs raconte qu'une silhouette erre sur le chemin de ronde et dans le château. Beaucoup pensent que c'est Thérèse de Saint-Clar qui se balade. Une silhouette noire a aussi été aperçue dans les caves du château par un des anciens châtelains. Serait-ce le jeune homme tué par Jean de Saint-Clar ? Ou peut-être est-ce Jean lui-même ?



C'est derrière cette vitre que serait emmurée Thérèse de Saint-Clar ©Lotte pour Nox

L'ancien propriétaire, le comte Henri de Montbron, qui aurait souvent vu la dame blanche de Puymartin et croyait en la véracité de cette histoire, n'a jamais voulu entreprendre d'investigations pour savoir si un corps était vraiment emmuré dans la chambre de la tour nord. Actuellement, aucune recherche n'est prévue dans le château, comme le souhaitait l'ancien châtelain. Cependant, de nombreux médiums et chasseurs de fantômes viennent passer des soirées pour tenter de communiquer avec l’au-delà.


Coup de publicité pour attirer les touristes ou vrais fantômes ? À vous d'en juger. Le lieu se visite de dix heures à dix-huit heures, d'avril à novembre. Pour les plus téméraires, des visites nocturnes sont proposées.

Lotte