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La célèbre demeure hantée de Toulouse.

Toulouse, surnommée la ville rose, aux habitants à l'accent chantant et aux monuments s’inspirant de l'époque néolithique, n'a pas toujours été qualifiée comme une ville tranquille. Entre l'histoire de la fameuse balançoire hantée, du cinéma transformé en maison de l'horreur et une maison anciennement siège de la Gestapo, on pourrait qualifier cette ville comme étant plus surprenante et effrayante qu'on ne le pense. Découvrez l'histoire qui se cache derrière une célèbre demeure se trouvant en plein cœur de la ville rose.


Immeuble créé par Henri Rachou ©Didier Descouens

La fameuse bâtisse aux murs extérieurs rouges, fût construite au XIXème siècle par un célèbre peintre nommé Henri Rachou. Elle se trouve au 1 allée Paul Feuga, tout près du pont Saint-Michel, surplombant la Garonne. L'inspiration d'Henri Rachou pour cette maison oscille entre une architecture néo-gothique et florentine. Elle paraît plutôt étrange à première vue, de par son allure, la forme des fenêtres et le choix des couleurs.


Qui est Henri Rachou ?

Henri Rachou est né le 16 juin 1855 à Toulouse. Descendant d'une lignée de la haute bourgeoisie, c'est à l'âge de dix-neuf ans qu'il intègre l’École des beaux-arts de Paris. Son rêve ? Devenir un peintre reconnu. En alliance avec d'autres artistes et déménageant sur Paris, il exécutera de nombreuses œuvres connues telles que le « Portrait de Toulouse Lautrec ». Il se spécifie dans la réalisation de portraits, et c'est en 1900 qu'il retourne dans sa ville d'origine pour prendre fonction à la direction du musée des Augustins et enseigne également à l’École des beaux-arts.


Portrait de Toulouse-Lautrec © Henri Rachou 1883

On raconte notamment que la grande bâtisse serait construite sur un ancien gibet. Un gibet ou autrement appelée potence, est une structure utilisée pour les exécutions par pendaison. Cette information expliquerait l'apparition de nombreuses entités, exécutées à l'époque de la guerre et même avant. Pour ne pas nuire à la réputation de l'endroit, cette information a longtemps été gardée secrète.


Une seconde légende fait son apparition, lorsque la silhouette fantomatique d'une femme est aperçue aux fenêtres de la maison. On raconte que le célèbre peintre et créateur de la bâtisse, Henri Rachou, aurait assassiné l'une de ses modèles au cours d'une séance de réalisation d'un portrait. Depuis, la jeune femme hanterait les lieux, en apparaissant de temps en temps, mais restant totalement inoffensive.


Au fil des années, de nombreuses constructions viennent entourer la maison, et lors de la vente de celle-ci, elle est rachetée et divisée en plusieurs appartements. À partir de ce moment-là, les propriétaires ainsi que les habitants refusaient de parler des possibles événements qui secouaient les lieux.


C'est alors que dans les années 80, une personne au nom connu, visite la maison qui est alors en pleine rénovation. Il s'appelle Yves Lignon, il est mathématicien spécialisé dans les statistiques, passionné de parapsychologie et de paranormal. Il raconte que « les pièces étaient décorées à la manière des adeptes du spiritisme et toutes les cheminées étaient rehaussées d'un sarcophage ». Lors de sa visite, il est aussi plutôt étonné d'y trouver un cabinet de spiritisme, dans lequel il supposait que des médiums et autres spiritueux pratiquaient leurs séances.


Ce sont dans les mêmes années que des passants racontent avoir vu, lorsque la bâtisse était encore inhabitée, des lueurs et lumières à travers les fenêtres ainsi que dans la véranda de la maison. Yves Lignon supposa qu'il s'agissait de sans-abris cherchant un toit pour passer l'hiver.


Dans une interview confiée à La Dépêche, Yves Lignon s'exprime sur la raison de son ouvrage sur les bâtisses paranormales : « Simplement parce que c'est le thème est porteur. Et que ce sont de belles histoires. Vraies ou fausses. Je n'y crois pas car le mot croyance n'a pas de sens pour un scientifique. Mais je m'intéresse aux cas inexpliqués. Des cas rares mais qui existent. »


L'un des nombreux livres de ©Yves Lignon

Étant donné que quelques mètres plus loin, une autre maison fait parler d'elle comme étant le manoir du Prince Francazal, on suppose que ce quartier aurait pu être le théâtre d’atrocités pendant la guerre, et que des âmes perdues n’ayant pas trouvé la paix se manifesteraient.


Comme l'explique bien souvent Yves Lignon, beaucoup d'histoires de lieux hantés restent scientifiquement explicables. Dans les cas où la science n'a aucune réponse, on peut alors réellement se pencher sur la possibilité d'un véritable cas paranormal.


Julie