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L'affaire Troppmann

Lorsque l’on découvre plusieurs corps au même endroit, massacrés à coups de couteau, il y a quelque chose qui cloche. En 1869, six corps sont retrouvés dans une même fosse. Une mère et ses cinq enfants. L'enquête intrigue et passionne la France du Second Empire. Cette affaire sonne le début des faits divers et du journalisme d'investigation. Qui a tué la famille Kinck ?


Nous sommes le 20 septembre 1869 dans le Paris du Second Empire. Une rumeur se répand dans la capitale. Un crime mystérieux sans précédent aurait eu lieu vers Pantin. L'histoire fait vite le tour de la ville, tous veulent en savoir plus. Ce lundi matin, sieur Langlois se rend au travail comme à son habitude. Il est encore tôt, entre 7h et 8h du matin, le soleil se lève. Pour se rendre jusqu'à son champ, il passe par un chemin nommé le Chemin-Vert sur le territoire de Pantin. Sieur Langlois voit au loin le champ de luzerne, se situant après la forêt. Les fleurs violettes sont en pleine éclosion. Quelque chose intrigue pourtant. Des traces rouges semblent se diriger vers un endroit où la terre a été fraîchement retournée. En s'approchant, Sieur Langlois frissonne. Les traces de sang sont de plus en plus larges. Des bouts de cervelle sont éparpillés sur le sol. Cet endroit a dû connaître une bien tragique histoire. Sieur Langlois s'approche. Un bout de mouchoir dépasse du sol. Le paysan remue légèrement la terre pour savoir si quelque chose se trouve en dessous. Horreur, il y a bien quelque chose ou plutôt quelqu'un. Une tête humaine est sortie de la terre. Langlois court avertir les autorités.


©NoxFrance

La rumeur court aussi vite que Langlois. À 8 heures, elle est déjà présente dans toute la capitale. Les forces de l'ordre arrivent sur le Chemin-Vert avec Langlois, et déjà des premiers badauds. Un homme se dévoue pour commencer à déterrer le corps. L'enfant doit avoir sept ans. Il est complètement défiguré. On remarque directement les trois trous qu'il a dans le cou, les trois coups de couteau qui ont déchiré sa nuque et le coup de couteau qui a entaillé son oreille droite. En déterrant ce corps, on en trouve un deuxième. C'est un autre enfant qu'on estime aux alentours de quatorze ans. Il a trois plaies derrière la tête qui ont entraîné sa mort. À côté de ce corps, on en découvre encore un autre. C'est une fille d'environ quatre ans. Elle est dans une belle robe. On voit bien quatre ou cinq coups de couteaux sur son visage. En relevant sa robe, le médecin dépêché sur place découvre deux plaies béantes. Les intestins de la jeune fille s'échappent par ces trous, ainsi que du sang. La foule de curieux commence à se sentir mal devant ces corps si jeunes et si mutilés. Des femmes s'évanouissent et les hommes ferment les yeux priant pour le salut de ces enfants.


Dans ce champ, les découvertes ne sont pourtant pas finies. On déterre ensuite une femme d'environ trente-cinq ans. Des coups de couteau ont déchiré son visage, comme son artère carotide. Elle est visiblement enceinte d'environ cinq à six mois. Près d'elle, on découvre un enfant de onze ans. Sa figure est hachée. Son cou, ses oreilles et ses joues sont des plaies ouvertes sanguinolentes. Enfin, on découvre un sixième corps. C'est un jeune homme d'environ seize ans. Il a deux plaies à la tête, qui laissent apercevoir son cerveau. Tous ces corps étaient dans ce qui semble être une même fosse. Longue de trois mètres sur un, elle n'était profonde que de soixante centimètres. Les corps avaient été recouverts de terre, arrangée comme si on l'avait fraîchement retourné. La scène du crime avait été laissé à la va-vite, laissant du sang et des bouts de cerveaux au premier venu. Les corps de ces six victimes sont emmenés à la morgue. Sur le chemin, les Parisiens pleurent leur passage. Cris et lamentations reflètent bien l'état du public face à ce crime sordide. Qui aurait pu s'en prendre avec une telle violence à ce qui semble être une mère et ses cinq enfants ? Pourquoi un tel déchaînement de violence ? Combien de personnes s’en sont pris à eux ? La population vient de découvrir ce que les journaux appelleront les Crimes de Pantin. Le lieu de la découverte des corps est vite envahi de curieux. Le Chemin-Vert devient une attraction.


L'enquête de police commence dès la découverte des corps. Le public s’empresse de les aider et de leur donner des indices. Très vite, la femme et les enfants découverts ont une identité. Une dame Kinck serait venue de Roubaix avec ces cinq enfants à la capitale. Ils seraient arrivés la veille et seraient passés à l'hôtel du Chemin de fer du Nord. La dame Kinck aurait demandé aux employés de l'hôtel son mari. En effet, un certain Jean Kinck était bien venu dans cet hôtel le 9 septembre, mais n'y était jamais revenu. Elle s'est ensuite retirée sans jamais revenir. Les employés de l'hôtel se rendent à la morgue, c'est bien la famille Kinck. Selon les premières informations, elle serait venue à Paris avec ses enfants après avoir reçu une lettre de son fils aîné. Il aurait voulu que toute sa famille le rejoigne à la capitale. La police tient donc une piste : le père et le fils aîné n'ont pas été vus depuis un moment et ils n'étaient pas dans les corps à la morgue. Tout de suite, les deux hommes sont recherchés. Jean Kinck, le père de famille, était parti en Alsace pour affaires. Son fils, Gustave, l'avait rejoint après que son père le lui ait demandé dans une lettre. Le fils était ensuite allé à Paris pour rejoindre son père. C'est de là que Gustave avait demandé à sa famille de le rejoindre. La famille Kinck était arrivée le 19 septembre, le 20 ils étaient à la morgue. Le fils et le père auraient-ils tué dans la nuit du 19 au 20 septembre 1869 ?


La Famille Kinck, toute la famille n'est pas encore née © Domaine Public

La France entière est aux abois. Tous savent que ce duo père-fils a sûrement tué la famille avant de fuir. Le 24 septembre, une dépêche du Havre arrive à Rouen. On aurait arrêté le père et le fils ! En réalité, on a arrêté une seule personne d'une vingtaine d'année. Mais, ce n'est pas un membre de la famille Kinck. C'est un homme qui est arrivé au Havre le 20 septembre et qui s'est présenté dans les hôtels où il a dormi comme Risch, venant de Roubaix. Dénoncé pour son allure suspecte, le gendarme Ferrand se charge de l'interpeller. Il s'était fait remarquer pour avoir cherché à obtenir de l'argent et des papiers pour s'embarquer pour les États-Unis, mais aussi des propos insolites. Lors de son interpellation, le jeune homme avait une étrange blessure à la main. L'agent décide de l'emmener devant le procureur impérial, c'est toujours un délinquant de moins dans les rues. Le gendarme lui parle sur le chemin de l'affaire des Crimes de Pantin, le suspect ne semble pas bien. Pendant le trajet, le jeune homme s'échappe en sautant dans les eaux du port du Havre. Un marin se jette à l'eau pour le sauver mais une bataille aquatique s'en suit, le délinquant étant déterminé à se noyer. À bout de force, il est finalement ramené sur les quais. On l'emmène d'urgence à l'hôpital, car bien que suspect, il est en train de mourir d'asphyxie.


À l'hôpital, on découvre caché dans ses vêtements et chaussures de bien drôles de papiers. Des titres de créances, des titres de propriétés, des factures, des quittances mais toutes au nom de Kinck rappelant étrangement la famille que l’on vient de découvrir massacrée. Les policiers font vite le lien : cet homme a-t-il eu un quelconque rôle dans les crimes de Pantin ? On trouve aussi 210 francs dans ses poches, et des montres qui appartenaient à la famille Kinck. L'homme avoue son identité : il s'appelle Jean-Baptiste Troppmann. Il raconte tout aux policiers. Il connaît la famille Kinck, et est ami avec le père Kinck. Jean, le père de famille, voulait s'expatrier aux États-Unis avec son fils aîné, Gustave, car sa femme l'avait trompé à de maintes reprises. Jean avait donc décidé de s'expliquer une dernière fois avec sa femme avant de partir. Troppmann va donc chercher la famille à la gare avant de les amener là où son ami lui avait indiqué. En arrivant sur place, dans ce champ près de Pantin, le père et le fils avaient commencé à tuer toute la famille. Troppmann est paralysé, il ne sait pas quoi faire. Il est profondément choqué, la famille est en train de se faire massacrer sous ses yeux. Jean finit par lui donner des papiers et de l'argent pour que Troppmann aille faire les papiers pour leur départ aux États-Unis. Il part alors après les meurtres pour le Havre. Depuis, il n'a ni revu le père, ni le fils.


Les magistrats sont choqués devant son récit. Les détails sont terrifiants. Mais, très vite, toute cette histoire bien racontée s'écroule. Le 26 septembre, dans le champ où on avait trouvé une partie de la famille Kinck, on découvre un nouveau corps. Couvert de blessures, on découvre en fait Gustave Kinck, le fils aîné de la famille. Le couteau qui a servi à le tuer est encore fiché dans sa poitrine. Il a été enseveli sous terre avec l'arme du crime. Troppmann est troublé : Gustave a dû être tué par son père après les meurtres de la famille. Cependant, les médecins vont établir que Gustave est mort avant ses frères et sœurs. Il n'a donc pas pu participer à leur meurtre. L'histoire de Troppmann s'effondre. Quel a donc été son vrai rôle ? Où est le père de famille ?


Un des portraits de Jean-Baptiste Troppmann alors qu'il est en prison © Domaine Public

Jean-Baptiste Troppmann est un jeune homme de 20 ans en 1869. Il est petit, environ 1m63 et n'est pas particulièrement musclé. Il est même assez osseux selon certaines descriptions. Des cheveux blonds entourent son visage plus large de mâchoire que de front. Ses yeux doux font le bonheur de sa mère, il est le petit dernier de la famille après tout. Il a vécu toute sa vie à Cernay dans le Haut-Rhin. Il a fait son apprentissage dans les ateliers de son père. On le décrit comme intelligent et ambitieux. L'enfant veut avoir une bonne et belle vie. Une part de lui plus sombre est aussi décrite : il est parfois violent et susceptible. Il dévore des récits de crimes et fait des expériences étranges de chimie. Troppmann aurait bien voulu forcer son destin. Il avait dit à plusieurs amis qu'il allait faire quelque chose qui étonnerait le monde entier. Pour lui, tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins. En mai 1869, il est envoyé par son père à Roubaix. Jean-Baptiste doit installer une machine. C'est là qu'il rencontre la famille Kinck.


Jean Kinck est lui aussi un alsacien de naissance. Il est maintenant patron de son entreprise, qui lui rapporte une petite fortune. Sa femme Hortense vient d'une bonne famille de la ville. Ils ont eu six beaux enfants qui sont bien éduqués. Le couple est en parfaite harmonie, ils attendaient même un septième enfant. Jean-Baptiste Troppmann s'immisce dans la vie familiale. Il passe du temps avec le père de famille et vient souvent manger chez lui. Les deux alsaciens deviennent vite amis. Troppmann a donc appris que Jean voulait acheter une maison en Alsace ou en rénover une, pour retourner à ses racines. Jean-Baptiste monte donc un plan pour que les deux amis aillent en Alsace voir une maison qui est à vendre d’après les informations de Troppmann.


Le 18 août 1869, Troppmann part pour Cernay, sa ville natale. Il y arrive le 21 août et écrit directement à son ami Jean Kinck. Il lui demande de le rejoindre, car il a pris les dispositions convenues au préalable. Les deux hommes pourraient être de retour à Roubaix dès le 2 septembre. Kinck quitte alors femme et enfants direction l'Alsace. Il profitera d'être en Alsace pour aller voir sa sœur. Il emporte un peu d'argent et des chèques.


Le 25 août, à 11h, le train de Jean Kinck arrive en Alsace. Il est attendu par son ami Jean-Baptiste Troppmann. Les deux hommes mangent ensemble, Jean Kinck offre le déjeuner à son jeune ami. Après ce déjeuner, plus personne ne reverra Jean Kinck. Cependant, Hortense Kinck va recevoir une lettre de son mari. Il lui demande de lui envoyer un chèque de 5.500 francs à encaisser en Alsace. C'est son ami Jean-Baptiste qui écrit la lettre, car lui est blessé à la main. Hortense envoie le chèque à son mari. Jean-Baptiste le réceptionne, mais malgré plusieurs tentatives, il n'arrive pas à obtenir l'argent du chèque. Le guichetier ne pense pas qu'il est Jean Kinck, il paraît bien trop jeune. Troppmann décide de retourner à Roubaix, quand Jean déciderait de rester à Paris. De retour à Roubaix, il donne une lettre de son mari à Hortense. Il lui est demandé d'envoyer le plus âgé de ses enfants, Gustave, retirer le chèque en espèces en Alsace. Gustave part aussitôt !


Troppmann se dirige après Roubaix vers Paris. Il s'enregistre à l’Hôtel du chemin de Fer comme Jean Kinck. Il indique ensuite à sa femme et son fils qu'il est dans cet hôtel. Gustave est lui en Alsace, mais il n'arrive pas non plus à encaisser le chèque. Le fils Kinck envoie alors un télégramme à son père. Il va venir le rejoindre à Paris. Le 17 septembre, Gustave arrive à Paris, il est accueilli par Troppmann, l'ami de son père. Les deux jeunes hommes vont à l'hôtel. Gustave écrit alors une lettre demandant à sa famille de le rejoindre à Paris. Gustave disparaît à son tour après être sorti de l'hôtel avec Troppmann. Après la lettre de son fils aîné, Hortense et ses cinq enfants sont en route pour Paris. Ils arrivent tous en train, accueillis par Troppmann. La famille se laisse guider à l’Hôtel du chemin de Fer. Par la suite, tous se laissent guider vers Pantin, là où leur père aurait en réalité acheté une maison. La famille est vue pour la dernière fois par le cocher qui les conduit jusqu'au Chemin-Vert. La mère et les deux plus jeunes sont descendus en compagnie de Troppmann, puis il est revenu vingt minutes plus tard seul chercher les autres enfants et payer le cocher.


Acculé par les nombreuses preuves, Troppmann avoue son crime. Il a bien tué toute la famille Kinck. Jean Kinck est mort en Alsace, on le retrouvera le 26 novembre sous les directions données par Troppmann. Son corps était caché sous des branches et une grosse pierre près des ruines d'un château. Il avait été empoisonné à l'acide prussique, mélangé à son vin. Les deux hommes sont ensuite partis en balade en forêt où Jean Kinck a succombé. Troppmann voulait le voler aussitôt, mais Kinck n'avait pas d'argent sur lui ! En l'espace de deux mois, l'enquête est bouclée. Les forces de l'ordre ont trouvé le coupable et les corps de toute la famille Kinck. Jean-Baptiste Troppmann va donc être jugé aussitôt. Le Second Empire est en pleine perdition, il faut très vite faire justice pour contenter le peuple qui gronde. L'affaire qui avait connu un retentissement national a en effet passionné les foules. Les journaux se sont emparés de l'affaire des crimes de Pantin dès la découverte des corps. Les Français apprennent dès le lendemain dans les journaux, le nom des six victimes retrouvées. Les journaux couvrent l'affaire et leurs journalistes enquêtent en parallèle de la police. C'est un journaliste du Figaro qui découvre que Troppmann a essayé de retirer le chèque de Kinck en Alsace.


Plus que les journalistes, c'est tout le Second Empire qui s'y intéresse. On trouve aujourd'hui des traces de chanson racontant « les aventures » de Troppmann depuis plusieurs points de vue. Elles présentent même Troppmann comme un anti-héros. Des références aux meurtres peuvent aussi être retrouvées dans les œuvres de Rimbaud ou encore de Lautréamont. Des célébrités du Second Empire se passionnent aussi pour cette affaire. Nous savons qu'Alexandre Dumas ou Arsène Houssage, un des auteurs les plus prolifiques de son époque, sont allés au procès de Troppmann.


Pour nos contemporains, cette affaire a signé le début du règne des faits divers dans les journaux. C'est aussi l'occasion de lancer un journalisme d'enquête criminel, autrement dit des journalistes qui mènent des enquêtes. Cette affaire a aussi été une aubaine pour les journaux. Tous ont augmenté leur nombre de tirages avec cette affaire, parfois même en le doublant.


Le 28 décembre 1869, tout Paris est devant la cour d'assise de la Seine. Les Parisiens veulent voir le visage du mal, celui qui a tué toute une famille. La foule est presque déçue en voyant Troppmann. petit et anguleux, il ne ressemble pas au tueur machiavélique qui s'était créé dans les esprits. Devant la cour, Troppmann avoue qu'il a participé au crime. Cependant, il indique qu'il a des complices, avec qui il a tué mais qu'il ne peut pas nommer. Les jurés ne sont pas très convaincus par son explication. Après trois jours de procès, le jury se retire à 20h50. De retour à 21h30, le résultat n’émet aucun doute : Jean-Baptiste Troppmann est bien coupable de meurtre. La motivation de ce crime apparaît comme étant la cupidité, il voulait voler Kinck, mais le plan ne s'est pas déroulé comme prévu. Il décide alors de tuer la famille pour faire disparaître tout témoin. Malgré son pourvoi en cassation, sa condamnation ne change pas. Jean-Baptiste Troppmann est condamné à la peine de mort.


Illustration d'époque montrant les derniers moments de Troppmann © Domaine Public

Le 19 janvier 1870, la guillotine est montée sur la Place de la Roquette à Paris. Pour les journaux de l'époque, ce serait 25.000 personnes qui se seraient déplacées afin de le voir être exécuté. En s'avançant sur l'échafaud, Jean-Baptiste aurait été calme. Avant de mourir, il aurait tout de même mordu le doigt du bourreau. C'est la fin de ce roman-feuilleton digne des plus grands auteurs de l'époque. Jean-Baptiste Troppmann, le tueur de la famille Kinck, est lui aussi mort. Justice a été rendue. L'affaire Troppmann est devenue le crime de l'année. Certains le considèrent comme faisant partie des plus grands criminels du XIXe siècle. Cependant, des parts d'ombres sont à prendre en compte. Troppmann a toujours clamé qu'il avait des complices. Durant le procès, il dit avoir reçu des pressions pour ne pas révéler leurs noms mais la défense a eu du mal à se faire entendre. Le procès a été très unilatéral, ne laissant pas à Troppmann le temps de se défendre. Tous les témoignages dans le sens des complices n'ont pas été pris en compte par les jurés et jurys. Ceux qui ont témoigné ont aussi reçu des pressions, comme des lettres les menaçant de mort. Ces lettres anonymes ont pu dissuader des personnes de prendre la parole et de dire la vérité. Troppmann lui-même avait reçu des lettres le poussant au silence en prison. À posteriori, des documents sont manquants dans le dossier d'instruction. À quoi servaient ces pièces ? Confirmaient-elles la piste des complices ? Aujourd'hui, nous ne saurons pas si cette piste était crédible. Plus personne n'a été condamné pour les Crimes de Pantin, Troppmann en est le seul coupable.


Avec cette événement, le journalisme a commencé à donner plus de place aux faits divers. L'affaire Troppmann était le premier vrai récit criminel dans les médias. Cent cinquante ans après cette histoire, les faits divers passionnent toujours autant les Français.


- Emilie