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L'Abominable Homme des Neiges existe-t-il vraiment ?

En 1951, Eric Shipton est le premier alpiniste à escalader l'Everest. Lors de son expédition, il photographie une série d'empreintes étranges, ressemblant à des empreintes d'humains en beaucoup plus gros. Shipton apporte alors au monde occidental une preuve potentielle de l'existence du « Yéti ».

Selon la légende qui perdure depuis des millénaires, le Yéti, aussi appelé Abominable Homme des neiges, serait une étrange créature se cachant au sommet des montagnes de l'Himalaya. Il s'agirait d'un primate mesurant plus de deux mètres de haut et étant parfaitement à l'aise dans la neige, pouvant ainsi traverser de nombreuses tempêtes et marcher des jours sans s'arrêter. Les populations vivant dans l'Himalaya croient depuis toujours à cette légende, et les premiers textes asiatiques où ont été recensés les apparitions d' « hommes sauvages » datent du IVe siècle av. J.C. Depuis, de nombreuses expéditions ont été menées pour tenter de prouver la véracité de cette légende...


Ainsi, en mars 1976, le photographe René de Milleville se lance à la conquête du Rolwaling, une montagne en Himalaya du Népal. Il photographie alors une trace de pas dans la neige qui pourrait appartenir au Yéti et continue son expédition en récoltant des poils trouvés près de ces empreintes. Peu après, il mit ces poils à disposition du Musée National d'Histoire naturelle de Paris. Bien que le photographe était persuadé que ces poils appartenaient au Yéti, l'historien qui étudiera ceux-ci affirmera qu'ils pouvaient plutôt appartenir à un primate roux comme l'orang-outan. Milleville en profitera également pour recueillir des témoignages de paysans népalais affirmant avoir déjà vu l'animal.


Alors qu'en Occident, la population était persuadée que le Yéti était une légende inventée par les habitants du Népal, l'alpiniste Reinhold Messner se lança également dans une expédition à la poursuite de celui-ci, vers la fin des années 80. Il racontera ensuite qu'il aurait lui-même croisé l'animal alors qu'il recherchait une habitation pour pouvoir se reposer. À la fin de son expédition, Messner conclut que c'était en réalité l'Ours bleu du Tibet qui était à l'origine de cette légende. En effet, cet animal étant une des sous-espèces de l'ours brun, il était capable de se déplacer sur ses deux pattes arrières et terrorisait ainsi les habitants de la région depuis des générations. Pour la communauté scientifique, cette créature se rapporterait davantage à la légende qu'à des faits réels du fait de l'absence de preuves matérielles de son existence. De plus, certaines preuves comme des témoignages ne seraient pas assez fiables, et les empreintes ou les poils retrouvés ont pu être attribués à d'autres espèces. Ainsi, il existe de nombreuses hypothèses concernant la nature de ce Yéti. Il pourrait alors s'agir d'un grand singe de Chine, d'un orang-outan... La cryptozoologie s'oppose à cette communauté zoologique scientifique en tentant de prouver l'existence duYéti. En effet, la cryptozoologie étudie les cryptides, ces animaux dont l'existence ne peut pas être prouvée de manière irréfutable. Ce sont en effet des animaux qui ne sont pas répertoriés officiellement et dont l'existence n'est connue que par des témoignages, des photographies floues ou contestables. Dans cette optique, Bernard Hauvelmans, célèbre zoologue belge, passera des années à traquer le fameux Abominable Homme des Neiges. Sa manière de procéder était telle qu'il ne se contentait pas de recueillir de simples légendes, mais il faisait appel à des récits plus fiables : de vieux textes parlant de l'animal, des ancêtres du village ayant aperçu le Yéti... Il s'assurait également que ces récits correspondaient à ce que l'on savait de la région en terme de condition de vie, afin d'être sûr qu'une telle créature puisse y survivre. Ce fut en 1968 que son travail s'intensifia. En effet, il apprit qu'un forain du Minnesota exposait un homme-singe emprisonné dans un bloc de glace. Jusqu'à la fin de sa vie, le scientifique passa tout son temps à explorer ce spécimen poilu au nez retroussé. Il en déduit alors que le Yéti était un Homme de Néandertal qui avait survécu à l'écart de la population, à l'abri des hautes montagnes de l'Himalaya.


De nos jours, des tensions persistent toujours entre les cryptozoologues et les scientifiques pour connaître la vérité à propos de cette créature. Une étude a d'ailleurs été réalisée dans les années 2000, après avoir récupéré l'ADN de l'homme-singe enfermé dans la glace. Selon les scientifiques, il s'agirait d'une espèce hybride d'ours, d'un croisement entre une ourse polaire et un ours brun qui serait apparu dans les régions polaires du globe il y a des millions d'années et aurait ensuite migré vers l'Asie. Pour les scientifiques, le Yéti serait donc tout simplement une espèce d'ours qui ne serait pas encore répertoriée.

Même si de nombreuses preuves ont été apportées pour prouver que le Yéti n'existait pas, beaucoup continuent à y croire. L'être humain reste fasciné par ces légendes qui nous poussent à travailler notre imagination et à nous ouvrir au monde autour de nous. Une chose est certaine : le Yéti est une preuve que nous ne connaissons pas encore tous les mystères de notre monde.


Constance