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L’île aux poupées "La Isla Muñecas"

Mis à jour : 9 déc. 2019



Il y existe des endroits dans le monde, où l’atmosphère est pesante, nous rendant nerveux. Que ce soit dans des lieux abandonnés ou hantés, leurs histoires refont surface et nous plongent dans une angoisse persistante. Rumeurs, malédictions, légendes, l’île aux poupées possède tous les ingrédients d’un lieu angoissant et pesant. Une île, entièrement dévouée aux poupées...


L’histoire de l’île aux poupées est directement liée à celle de Don Julián Santana Barrera, né à Xochimilco, près de la ville de Mexico. Dans les années 1950, il décida de quitter sa femme et ses enfants, pour aller vivre en marge de la société, sur une petite île du lac Teshuilo, près des canaux de la rivière Xochimilco, dans le sud de la ville de Mexico. Les raisons qui l’ont conduit à cela restent troubles. Nous pouvons supposer que Don Julián n’était pas sain d’esprit. Il se mit à cultiver des légumes et des fleurs et se rendit les vendre en ville.


Peu après son arrivée, il fit une découverte effrayante. Non loin de la cabane qu’il s’était construite, il vit le corps d’une petite fille, sans doute noyée, dériver le long des canaux jusqu’à lui. Il voulut la sauver mais il était déjà trop tard. Cette tragédie le marqua profondément. Les nuits suivantes, il entendit des bruits de pas, des murmures et des gémissements près de sa cabane. Cependant, il était loin de toute civilisation. Il en conclut que seul l’esprit de la fillette qu’il avait aperçue plus tôt, pouvait en être la cause. Peu de temps après, une poupée en plastique dériva le long des canaux à l’endroit exact où le corps de la petite fille était. Pour Julián, c'était un signe. Cette poupée devait lui appartenir et son âme était peut-être enfermée à l’intérieur. Il repêcha la poupée et la suspendit à une branche d’un arbre près de sa cabane, afin d’honorer sa mémoire. Malheureusement, il continua d’être hanté. Pour apaiser son esprit, Julian décida de lui apporter d’autres poupées. Il commença par repêcher celles qui dérivaient le long de la rivière mais au fur et à mesure, il comprit qu’un grand nombre de poupées possédaient les âmes de leurs petits propriétaires et se fit un devoir d’en récupérer un maximum. Durant quinze années, il suspendit aux arbres, toutes les poupées qu’il pouvait récupérer dans les décharges, en faisant du troc avec ses légumes et autres et en les laissant dans l’état qu’il les trouvait. Sa petite île paisible se transforma rapidement en mausolée. Pour ses proches, Julián avait l’air d’être « influencé par une force invisible ».



Dans les années 1990, un programme de nettoyage des canaux de la rivière Xochimilco fut lancé par les autorités, découvrant par hasard cette étrange île. Cette découverte fut annoncée au grand public, entrainant avec elle plusieurs rumeurs dont celle « d’un homme qui accrocherait des centaines de poupées aux arbres ». La Isla Muñecas connut ses premiers visiteurs curieux. Julián, qui avait tout quitté pour aspirer à une vie de tranquillité loin de la population, avait créé d’une certaine façon, une attraction touristique. Il recevait ses visiteurs avec courtoisie, leur présentant l’île ainsi que les poupées. On pouvait ainsi, les voir suspendue par le cou avec une corde ou du fil de fer, poussiéreuses, parfois démembrées. Leurs vêtements étaient usés par le temps, de même que la couleur de leur corps. Les poupées silencieuses et habitées par les insectes, semblaient observer chaque visiteur. Pour Julián, elles étaient les gardiennes de ses tourments. Malgré cet aspect lugubre, l’île possède également une faune impressionnante composée d’oiseaux de toutes sortes ce qui contribue à sa beauté naturelle.


Le 17 avril 2001, Don Julián passa la matinée à pécher avec son neveu Anastasio. En début d’après-midi, Anastasio s’absenta mais à son retour, il découvrit le corps de son oncle, flottant à l’endroit où ce dernier avait découvert la petite fille. Aurait-il eu une attaque cardiaque et serait-il tombé à l’eau ? Julián est décédé à l’âge de quatre-vingt ans.


Témoignages :

Il y a beaucoup de témoignages de touristes, qui affirment avoir entendu des voix près des poupées et d’étranges bruits. Certains disent même que certaines poupées auraient changé de positions afin de mieux les observer. Ils auraient vécu, la même expérience que Julián. On pourrait supposer qu’il s’agit des déplacements des insectes à l’intérieur, mais certains mouvements reportés dans les témoignages de touristes, écartent cette possibilité. Les célèbres enquêteurs du programme « Ghost Adventures » se sont également rendus sur place afin d’éclaircir ces mystérieux phénomènes. Au cours de l’enquête, ils apprennent que pendant la révolution mexicaine au début du XXe siècle, de nombreux corps ont été jeté dans les canaux de la isla muñecas. Ils ont également pu observer comment, certaines canettes pouvaient se déplacer seules sans être poussées par le vent. Un incendie a commencé sans explication où ils avaient été quelques instants auparavant et entendirent au cours de l’enquête, des chuchotements. Ce qui les a le plus impressionné, c’est la façon dont plusieurs poupées ont commencé à rire de manière hystérique. Il n’y avait pas de piles, donc ils ne pouvaient pas expliquer ce phénomène.


Depuis la découverte de cette ile, de nombreux petits bateaux colorés appelés « Trajineras », sont mis à disposition auprès des touristes, pour se rendre sur l’île (il faut compter environ 2h). Certains pensent que Julián aurait tout imaginé, ne découvrant aucun corps à la dérive et serait devenu fou à cause de la solitude. Il aurait accroché en cinquante ans, plus de mille cinq cents poupées. Il était persuadé de la véracité de son histoire, et sa famille semble y croire également. Avec cette notoriété, les touristes ont décidé de venir sur l’île, avec l’offrande d’une poupée. Aujourd’hui, ces hommages sont dédiés à Don Julián mais également à la petite fille. Anastasio vit à présent sur l’île, qu’il exploite comme attraction touristique. D’après lui « l’esprit de la petite fille est toujours là. Il ne faut pas enlever les poupées. La nuit, elles vivent, elles bougent la tête et se chuchotent des choses entre elles. C’est très effrayant, mais je m’y suis habitué. »



Roxanne