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JonBenét Ramsey : Le meurtre irrésolu d’une mini-miss

Mis à jour : 15 nov. 2019

Le 25 décembre 1996, la famille Ramsey passe Noël chez des amis. En rentrant de cette soirée, John Ramsey couche sa fille qui s’était endormie sur le chemin du retour. Le lendemain matin, la petite fille est portée disparue.


Cette petite fille, c’est JonBenét Ramsey, elle nait le 6 août 1990 à Atlanta. Ses parents, John et Patsy Ramsey, s’installent en 1991 à Boudler dans le Colorado, avec leurs deux enfants : JonBenét et Burke. Alors qu’elle devient rapidement mini-miss, comme l’était sa mère dans sa jeunesse, la fillette si photogénique intéresse beaucoup les médias, qui la surnomment Little Miss Sunshine. Ainsi, elle participe à de nombreux concours et remporte plusieurs titres tel que l’America’s Royale Miss ou le Little Miss Charlevoix.


JonBenét Ramsey lors d'un concours de mini-miss ©photo_news

Le lendemain de Noël, alors que Patsy se réveille, elle découvre avec horreur une lettre de demande de rançon dans l’escalier menant à la cuisine. Cette rançon correspond au montant d’une promotion que John Ramsey avait reçu pour le travail : 118 000 $. De plus, la lettre semble avoir été écrite avec un feutre et un bloc de papier appartenant aux Ramsey. Après avoir couru dans la chambre de JonBenét pour se rendre compte que sa fillette avait bien disparu, Patsy appelle la police, malgré les instructions du ravisseur précisant bien de ne prévenir personne, sous peine de tuer l’enfant. Pendant cet appel, Patsy semble déboussolée. Elle parle vite, donne son adresse rapidement avant de raccrocher le combiné. Cette réaction semble étrange à son interlocuteur car normalement, dans ce genre de cas, les victimes restent en ligne pour communiquer avec les secours jusqu’à leur arrivée.


La lettre de rançon ©Domaine public

La police arrive sur les lieux peu après l’appel téléphonique pour affirmer qu’il n’y a aucun signe d’effraction apparent : on ne trouve pas de traces dans la neige ou d’empreintes sur les portes de la maison. On conclut donc rapidement à un enlèvement, si bien que seule la chambre de JonBenét est bouclée pour empêcher la contamination des preuves. Pour soutenir les Ramsey dans ce moment difficile et aussi les aider à ranger leur maison, quelques amis et membres de la famille viennent rendre visite à Patsy et John Ramsey. Alors que tout le monde est rassemblé, l’inspectrice chargée de l’enquête décide de créer des équipes pour fouiller la maison. Elle envoie John et un ami au sous-sol pour voir s’ils ne trouvent pas quelque chose d’anormal. Au moment où il entre et appuie sur l’interrupteur, John Ramsey s’écrit « Elle est là ! ».


En effet, il fait face à une scène atroce : le corps de JonBenét est alors recouvert d’une couverture blanche et un cordon en nylon entoure ses poignets et son cou. Non loin d’elle se trouve le manche d’un pinceau cassé qui a pu être utilisé avec le cordon en nylon pour créer un garrot afin d’étrangler la fillette. Devant ce spectacle horrifique, John s’empare du corps de son enfant et l’emmène dans le salon, ce qui contaminera de nombreuses preuves.


Quelques jours plus tard, une autopsie est effectuée sur le corps de l’enfant. La police en déduit que le décès fut causé par une asphyxie et un traumatisme crânien sévère. Cependant, tous les enquêteurs ne partagent pas le même point de vue : pour certains, c’est le choc violent à la tête qui a causé la mort de l’enfant, qui a ensuite été étranglée. Pour d’autre, c’est l’étranglement qui a achevé la fillette et le choc à la tête serait survenu après sa mort. On repère également des marques sur le visage et le dos de la fillette dont on admettra plus tard qu’il s’agit de marques de Taser. Selon certains, le ravisseur aurait alors étourdi l’enfant pour pouvoir la kidnapper dans une valise, car on retrouva également une valise près de la fenêtre du sous-sol. L’heure du décès est ensuite fixée : entre le 25 décembre à 22h et le 26 décembre à 6h.


L’autopsie révèle aussi que le corps de la fillette comporte de nombreuses ecchymoses et des écorchures dans la région vaginale qui pourraient être causées par une pénétration avec un objet. On découvre par la même occasion que la petite fille avait mangé un bol d’ananas avant sa mort. En effet, un bol avait été retrouvé sur la table du salon, ainsi qu’une petite cuillère. Le plus étrange, c’est qu’aucun des parents ne se rappelle avoir servi un bol d’ananas à leur enfant le soir du 25 décembre. Ce détail aurait pu apporter de nombreux éléments à l’enquête, mais la police ayant autorisé le nettoyage du salon, il ne restait aucune empreinte sur le bol.


Le bol d'ananas avec du lait ©CBS

L’affaire est de plus en plus médiatisée et beaucoup commencent à se faire une opinion sur l’identité de l’assassin. Les premiers désignés comme coupable sont les membres de la famille Ramsey elle-même. Ainsi John, Patsy et Burke fournissent des échantillons de sang à la police pour pouvoir comparer avec celui retrouvé sur la scène du crime. Ils assistent à plusieurs interrogatoires et se soumettent à des détecteurs de mensonges. John Ramsey a même déclaré : « Nous ne devrions pas avoir à prouver notre innocence ».


Alors que les Ramsey se battent toujours pour prouver leur innocence, c’est vers leur fils Burke que se tournent les accusations. Selon une théorie, le petit garçon, âgé de neuf ans au moment des faits, aurait tué sa sœur suite à une dispute. Il l’aurait alors frappée à la tête avec une lampe torche ce qui aurait causé sa mort. En effet, Burke était un petit garçon colérique et jaloux de l’attention portée sur sa sœur, il l’aurait déjà frappée au visage avec un club de golf. Pour innocenter leur fils, ses parents auraient donc pris la décision de faire croire à un enlèvement et d’écrire eux-mêmes une lettre de rançon avec l’idée de se débarrasser du corps de JonBenét.


Ces théories ont pris fin en 2003, lorsque les experts de la Police Scientifique sont parvenus à extraire l’ADN d’un homme inconnu dans les sous-vêtements de JonBenét. Le juge fédéral et le procureur du comté de Boulder pensent alors qu’il serait d’avantage probable qu’un individu inconnu ait assassiné la fillette. Les charges envers la famille Ramsey sont donc abandonnées, mais l’enquête stagne de plus en plus…


Patsy et John Ramsey ©reuters

En 2006, un enseignant américain du nom de John Mark Karr est arrêté en Thaïlande alors qu’il se rend à la police pour avouer le meurtre de JonBenét. Il dit avoir drogué la jeune fille avant de la violer et de la tuer. Alors que ses affirmations se sont avérées être incohérentes, son ex-femme affirme également que lors du décès de JonBenét, Mark Karr et sa famille étaient en Alabama pour Noël. L’homme est alors innocenté et relâché. Suite à cet incident, l’enquête est abandonnée.


C’est en 2010 que l’enquête est rouverte avec pour objectif d’analyser une nouvelle fois les preuves à l’aide de nouvelles technologies. Quelques années plus tard, en 2016, une nouvelle analyse médico-légale prouve qu’il n’y a pas seulement un, mais deux ADN inconnus sur le sous-vêtement de JonBenét. Cependant, des recherches scientifiques ont montré qu’une culotte neuve sortie de son paquet d’emballage pouvait présenter des traces d’ADN car il pouvait parfois s’en déposer dans l’usine de fabrication ou dans le magasin.


Alors que l’enquête est revenue au point mort, un homme emprisonné pour pédopornographie confesse en 2019 le meurtre de JonBenét. Il s’agit de Gary Oliva, qui avoue le meurtre dans une lettre adressée à un ancien camarade de lycée. Il écrit : « Je n’ai jamais aimé quelqu’un comme j’ai aimé JonBenét et malgré ça, je la tenais et l’ai laissée glisser et sa tête s’est brisée en deux et je l’ai regardée mourir. C’était un accident, crois-moi. Elle n’était pas comme les autres enfants ». Mais la police affirme rapidement que cet homme avait déjà été disculpé plusieurs années auparavant grâce à son ADN qui ne correspondait à aucun de ceux retrouvés sur le sous-vêtement de JonBenét.


Malgré toutes ces recherches, nous ne pouvons toujours pas affirmer avec certitude qui est le meurtrier de JonBenét Ramsey : se peut-il que ce soit son frère ? Ses parents ? Un inconnu ? Un admirateur de la petite fille ? Peut-être ne le saurons-nous jamais… Chacun continue d’élaborer sa théorie en espérant un jour percer ce mystère.


Constance