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April Tinsley et le Monstre de Fort Wayne

Le 1er avril 1988, April Marie Tinsley, une fillette de huit ans, disparaissait près de son domicile à Fort Wayne, dans l’état de l’Indiana.


Alors qu’elle s’amusait chez l’une de ses amies, elle décida d’aller chercher son parapluie qu’elle avait oublié chez une autre amie et disparu sans laisser de traces, en milieu d’après-midi. Sa mère alerta la police le soir-même, quand elle ne vit pas sa fille rentrer à la maison à l’heure du dîner. Malgré les recherches effectuées par près de trois cent personnes, le corps de l’enfant ne fut retrouvé que trois jours plus tard dans un fossé, à une trentaine de kilomètres au nord de Fort Wayne. Non loin de là, la police retrouva également l’une des chaussures qu’April portait au moment de son enlèvement ainsi qu’un sex-toy dans un sac plastique.


L’enquête révèlera qu’April aurait été violée puis étranglée deux jours avant la découverte de son corps qui, lui, n’avait pu être déposé à cet endroit que dans les quatre heures précédant sa découverte.


Les enquêteurs menèrent leur enquête en prenant en compte deux témoignages distincts : celui d’un résident du quartier de la famille Tinsley, ayant vu une petite fille ressemblant à April monter dans le pick-up bleu d’un homme caucasien d’une trentaine d’années environ, ainsi que celui d’un motard ayant aperçu le même type de véhicule proche de l’endroit où la dépouille de la fillette fût retrouvée.


Plus de six ans après les faits, un graffiti apparut sur le mur d’une grange dans la banlieue nord de Fort Wayne, disant dans un anglais très rudimentaire « J’ai tué April M. Tinsley, âgée de huit ans. » ainsi que « Avez-vous trouvé l’autre chaussure ? Ahah, je tuerai de nouveau. »


Plus de quatorze ans après cette découverte, soit en 2004, plusieurs messages furent découverts, dont trois d’entre eux accrochés à des vélos de fillettes. Emballés dans du plastique, ils contenaient des préservatifs usagés, une photo polaroïd de l’entrejambe d’un homme ainsi qu’un message disant « Coucou chérie… Je te surveille… Je suis la même personne qui a kidnappé, violé et tué April Tinsley… Tu es ma prochaine victime… Si tu ne préviens pas la police et que je ne lis pas ça dans les journaux demain, je ferai exploser ta maison. »


Des tests ADN confirment rapidement que l’auteur de ces messages n’est autre que le meurtrier d’April Tinsley. Si en 1984, les analyses ADN n’en étaient qu’à leur balbutiement, la situation était bien différente en 2018. L’officier de police chargé de l’enquête, entendit parler de sites procédant à des tests ADN afin que des particuliers puissent retrouver des membres de leur famille leur étant inconnus. Il prit donc l’initiative d’envoyer un échantillon d’ADN restant à l’un des laboratoires travaillant pour le site GEDmatch, un site comparant les banques de données de nombreux sites d’analyses d’ADN, afin de retrouver une trace familiale du tueur. Par chance, ils obtinrent un résultat les menant sur les traces de deux frères résidant dans l’état de l’Indiana, non loin de Fort Wayne. Les enquêteurs les firent surveiller, et finirent par fouiller dans les poubelles de John D. Miller, une pratique légale aux États-Unis, les ordures ménagèrent étant considérées comme appartenant à l’espace public une fois en dehors du domicile de leurs propriétaires. Ils y trouvèrent des préservatifs usagés, contenant le même ADN que celui retrouvé sur le corps d’April et dans les messages laissés aux fillettes en 1988.


Lors de son arrestation, en réponse à la question des enquêteurs lui demandant s’il savait pourquoi il était arrêté, John D. Miller répondit « April Tinsley ». Après avoir plaidé coupable lors de son procès, ayant admis avoir violé puis tué la fillette, il fut condamné à quatre-vingt années de prison. Le monstre de Fort Wayne purge aujourd’hui sa peine dans la prison de New Castle, dans l’Indiana.


Lucile