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Amityville, la maison du diable

Le 13 novembre 1974, à exactement trois heures quatorze du matin, le meurtre le plus atroce et le plus sanglant s’abattit sur la petite ville d’Amityville. Six corps y furent retrouvés.


En 1965, les DeFeo décidèrent d’acheter une magnifique demeure à Amityville. Accompagnés de leurs cinq enfants, ils voyaient déjà la vie en rose. Le plus grand de la fratrie avait alors quatorze ans lors de l’achat de la demeure. Il s’agissait de Ronald Jr. DeFeo. Un gentil garçon en apparence, très critiqué par ses camarades de classe du fait que celui-ci était un élève médiocre ; ce qui lui valut l’arrêt de ses études, deux ans après l’emménagement dans la maison. Il enchaina les petits boulots pour gagner de l’argent sans grande conviction, avant que son père ne le fasse travailler avec lui en tant que mécanicien dans la concession où il travaillait. Ronald Jr. avait tout pour lui : il avait un travail, vivait dans une grande maison avec sa famille qui l’aimait, mais celui-ci restait toujours aussi fermé à la discussion, parfois même inapprochable. Très rapidement, il fit connaissance avec les substances illicites qui, à l’époque, coutaient très cher par rapport à ses propres moyens. Pour pouvoir acheter ce dont il avait besoin, il n’hésita pas à voler, voire même escroquer son propre père et la concession où il travaillait. Ce vol était la goutte de trop pour le père, Ronald Sr. C’est ainsi qu’en 1973, alors que Ronald Jr. avait seulement vingt-deux ans, qu’une dispute éclata. Ronald Jr, sous la colère, jura de tuer son père.


C’est alors qu’un an plus tard, le 13 novembre 1974, après que Ronald Jr. ait fini son film à trois heures et quart du matin, prit sa carabine en se dirigeant vers la chambre de ses parents. Il tua d’abord son père de sang-froid, puis sa mère. Il se dirigea finalement vers la chambre de ses frères et sœurs et les tua aussi un par un. Dawn, qui avait alors dix-huit ans, Allison, treize ans, Mark, douze ans ; et le cadet qui était seulement âgé de neuf ans. Le crime était effroyable, de sang-froid, aucune émotion n’avait traversé le jeune homme alors âgé de vingt-trois ans. Ce n’est que dans l’après-midi, après avoir longuement réfléchi à comment il allait expliquer tout cela, que le jeune homme entra dans un bar en s’écriant « Aidez-moi ! Je crois que ma famille a été tuée ! ». Tous ceux qui étaient dans le bar ne tardèrent pas à prendre leur voiture pour aller vers la maison, accompagnés de Ronald Jr. qui prit sa voiture pour les suivre. Une fois arrivés à la maison, les hommes entrèrent dans l’immense demeure qui semblait très calme, beaucoup trop calme. Ils avancèrent tous avec prudence, de peur que l’assassin soit toujours dans la maison ; ne s’imaginant pas que l’auteur du crime était avec eux. C’est alors qu’ils découvrirent les deux cadavres des parents, ensanglantés. Les draps n’étaient plus blancs, mais maculés de rouge. La scène était très difficile à regarder. Ils découvrirent par la suite les cadavres des enfants. Un des hommes décida d’appeler les gardiens de la paix qui arrivèrent en dix minutes, découvrant aussi l’horreur du crime. Il fut décidé que l’auteur du crime n’était autre qu’un tueur à gage nommé Tony Mazzeo. C’est alors que Ronald Jr. DeFeo fut amené au poste, pour pouvoir entendre sa version des faits, et aussi être protégé contre « l’assassin » de sa famille. Mais lorsque celui-ci racontait sa version, beaucoup d’incohérences furent relevées. D’après sa version, Ronald Jr. n’arrivait pas à s’endormir, il aurait quitté la maison vers quatre heures du matin et essaya de joindre sa famille le restant de la journée, mais personne ne lui répondit. Quant à Tony Mazzeo, celui-ci avait un alibi en béton qui le discréditait de ce meurtre.


Après plusieurs heures d’interrogatoire et de pression, Ronald Jr. avoua le meurtre de sa famille. Il expliqua qu’après avoir regardé la télé, il se serait emparé de son arme, l’aurait rechargée et aurait tué sa famille sans pouvoir s’arrêter. Par la suite, il aurait pris une douche, détruit toutes les preuves qui aurait pu mener vers lui ; et serait parti au travail comme si de rien n’était. En 1975, lors de son audition préliminaire, l’avocat de Ronald Jr. plaida la folie. Effectivement, celui-ci disait que des voix lui répétaient chaque nuit de tuer sa famille, le rendant fou à lier. Ces dires furent même approuvés par un psychiatre, mais celui de l’accusation répliqua que cette théorie n’était pas valable, et que le jeune homme était tout à fait conscient de ses actes. Le 21 novembre 1975, Ronald Jr. DeFeo fut reconnu coupable, et il fut condamné à six peines d’emprisonnement de vingt-cinq ans. La théorie de la possession et des voix fut classée sans suite, et la maison fut remise sur le marché au prix de quatre-vingt mille dollars. Malgré son prix très alléchant, elle resta vide pendant plusieurs mois.


Les Lutz

Alors que George et Kathleen Lutz cherchaient une maison sans trouver la perle rare, un agent immobilier leur montra l’immense demeure d’Amityville. C’est après le coup de cœur et la visite de la maison que l’agent leur annonça que la tuerie des DeFeo avait eu lieu. Ils n’avaient pas eu vent de cette histoire et c’est alors qu’on leur raconta l’histoire en leur expliquant ce qu’il s’était passé dans la demeure. Intrigués et sceptiques face à cette histoire, ils en parlèrent avec leurs enfants pour avoir leurs avis. Finalement, ils se décidèrent à acheter la maison, et c’est en décembre 1975 que la famille emménagea dans la maison que l’on surnommait « la maison du diable ». Ils ne l’avaient pas payée cher, les meubles étant compris dans le prix, ils y voyaient un tout nouveau commencement dans une grande maison. Il y avait tout ce dont ils rêvaient. George pouvait même pêcher, leur chien avait un grand terrain pour jouer avec les enfants, de quoi en faire rêver plus d’un.


Ils ne savaient également pas qu’ils y resteraient seulement vingt-huit jours. Alors que tout se passait bien, un ami de George supplia celui-ci de faire bénir la maison et n’étant pas croyants, ils entreprirent les démarches avec un prêtre que la famille connaissait. Le Père Ralph J. Pecoraro commençait à bénir les lieux, débutant par le rez-de-chaussée pour finir à l’étage. Mais alors qu’il bénissait la chambre des deux frères DeFeo, il entendit une voix qui l’ordonnait de s’en aller. Une goutte froide parcourut son visage, mais il continua tout de même la bénédiction malgré la force dangereuse qui régnait dans cette chambre. Après avoir fini la bénédiction, le Père s’empressa de dire au jeune couple qu’il avait ressenti quelque chose de dangereux dans l’ancienne chambre de Mark et John DeFeo. Pour rassurer le Père, George lui dit que cette chambre ne servirait pas de chambre à coucher, mais seulement de bureau. Suite à la bénédiction, quelques jours plus tard, le Père Pecoraro se vit pris d’une forte fièvre et des tâches recouvrirent ses mains. Dès l’installation de la famille dans la maison, des phénomènes très étranges survinrent. Il y avait souvent des odeurs très fortes qui les répugnaient, la famille disant même que certaines parties de la maison étaient très froides d’un seul coup. Dans la nuit, ils pouvaient entendre des bruits qu’ils ne savaient comment qualifier. Et petit à petit, le comportement de la famille changea. Le père, George, était très distant et devenait solitaire. Il ne décrochait pas de la cheminée, qu’il accusait de ne pas chauffer. La cadette disait voir un ange dans sa chambre jouer avec elle, un ange qui s’appelait Jodie.


Pendant tout ce temps, les phénomènes paranormaux ne s’arrêtèrent pas. Effectivement, le couple retrouva des traces noirâtres sur les poignées de porte. Un jour enneigé, la famille fit la découverte de traces de sabots dans la neige, qui menaient à la porte du garage extérieure. Celleci avait été arrachée par une force supérieure à celle d’un homme. Les signes continuèrent, Kat était prise de violents cauchemars retraçant le meurtre des DeFeo, lévitant aussi au-dessus de son lit, devant son époux bouche-bée face à la scène effroyable. Également, toutes les nuits, George se réveillait à trois heures et quart précise (l’heure à laquelle Ronald Jr. tua sa famille) en se dirigeant vers le hangar à bateaux sans aucune explication. Il entendait souvent des bruits venant de l’étage en-dessous, sans jamais savoir à quoi ces bruits correspondaient et d’où ils venaient. Puis un jour, en descendant dans la cave, George fit la découverte d’une pièce cachée derrière des étagères. Les murs de cette pièce suintaient et dégageaient une aura très sombre. Le chien, après avoir vu l’entrée de la pièce, se recroquevilla en pleurant, il refusa de faire un pas de plus dans la pièce. Début janvier 1976, la famille voulait de nouveau bénir la maison, mais alors qu’ils bénissaient les lieux, ils entendirent des voix les menaçant d’arrêter. C’est alors qu’en janvier 1976, George et Kathleen vécurent la pire nuit de leur vie. George sentait quelque chose dans leur lit et était dans l’impossibilité de bouger, il pouvait même entendre le lit de ses enfants bouger. Le lendemain, il prit ses enfants et sa femme pour aller se réfugier chez la mère de Kathleen. La famille fit appel à Ed et Lorraine Warren pour examiner la maison. Lorraine, avant même d’entrer dans celle-ci, fut prise d’une effroyable sensation de peur. Elle ressentit beaucoup de mauvaises ondes, notamment dans la chambre de Melissa et la chambre du couple, anciennement la chambre de Ronald Sr. et sa femme. Quant à Ed qui était au sous-sol, il sentit une présence menaçante qui le mit au sol, il luttait sans relâche demandant à ce qu’on le laisse tranquille. Il savait très bien que cette maison était l’incarnation du mal. En parallèle, Lorraine vit Ronald Sr. face à elle. L’ambiance était tendue, et elle se demandait même comment faire pour aider ces âmes à sortir de la maison. En descendant au rez-de-chaussée, elle était consciente qu’il fallait qu’elle invoque les esprits qui se trouvaient dans la maison pour communiquer avec eux. Les accompagnants qui étaient aussi présents étaient tous tendus, un avait dû sortir car il avait beaucoup trop peur et d’autres tentaient par tous les moyens de calmer les palpitations qui les remuaient. Il en était amplement suffisant pour le couple Warren et tous les autres, qui quittèrent la demeure en se jurant de ne plus jamais y mettre les pieds. Mais c’est en mars 1976 qu’Ed et Lorraine retournèrent dans l’antre, accompagnés de reporters. Lorraine tenta de rentrer en contact avec les entités, et beaucoup de personnels subirent des malaises lors de cette session. Ed et Lorraine conclurent que la maison était bel et bien habitée d’entités démoniaques, bien que les habitants qui se sont succédés n’aient rien ressenti d’anormal. L’histoire fit tellement parler d’elle que de nombreux livres furent écrits à propos de l’histoire de la maison, comme « The Amityville Horror, a True story » de Jay Anson en 1977, ou bien le film « Amityville, la maison du diable » en 1979, ou encore le film de 2005 produit par Andrew Douglas.


Hana