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American Horror Story : entre fiction et réalité


Créée par Ryan Murphy et Brad Falchuk, la série American Horror Story a été diffusée la première fois au Canada le 5 octobre 2011. Cette série, composée de huit saisons (dont une en cours de réalisation) n’était pourtant pas destinée à un si grand succès, mais après la diffusion de la saison 1, elle est devenue virale. Cette fulgurante ascension viendrait de son originalité mais aussi de sa modernité. Il n’est pas compliqué de s’identifier aux personnages qui ont, pour certains, une personnalité bien particulière. D’ailleurs, bon nombre de personnages présents dans la série sont inspirés de faits réels ou d’individus ayant déjà existé, rendant ainsi l’horreur plus vraie. Aujourd’hui, à travers une description de chaque saison, nous parlerons de ces nombreux faits réels dont se sont inspirés les réalisateurs afin de mieux comprendre l’origine du succès d’American Horror Story.


Saison 1: Murder House

Cette saison, qui débute par le meurtre mystérieux de jumeaux infernaux, doit son succès à notre mystérieuse « Murder House » mais aussi aux divers faits réels qui lui sont liés. Pour résumer, la famille Harmon y emménage au début de la saison dans le but d’oublier son passé. Le père (Ben Harmon), la mère (Vivian Harmon) et le fille (Violet). Cette famille, au passé dramatique, ne s’attendait probablement pas à vivre autant d’expériences aussi paranormales qu’angoissantes dans notre magnifique Murder House. Pas de spoiler mais sachez d’ores et déjà que toute l’intrigue de la série ne tourne qu’autour de cette maison, qui semble hantée par beaucoup trop de fantômes. Il est intéressant de souligner que chaque fantôme a une histoire bien particulière, parfois macabre, parfois triste, mais souvent angoissante et hélas bel et bien vraie. Chaque épisode conte une nouvelle histoire, un nouveau but et plus on avance dans la série, plus on pense comprendre l’origine de tout ce qu’il se passe à l’intérieur de la Murder House. Mais alors : quels personnages ont été inspirés de faits réels ? D’ailleurs, parlons un peu plus en détail de cette maison. Existe-t-elle réellement ? Est-elle hantée ? Peut-on la visiter ?


ATTENTION LA SUITE CONTIENT UN SPOILER.


Si vous avez vu la série, vous n’êtes probablement pas passés à côté du charme de notre chouchou Tate Langdon (Evan Peters) qui vit une idylle avec Violet Harmon (Taissa Farmiga). Avis aux fans de la série, Tate Langdon a bel et bien existé ! Façon de parler bien évidemment. En réalité, seul les actes et le psychisme de Tate sont inspirés de faits réels. Le 20 avril 1999, la ville de Denver, située au Colorado, va être victime d’une tuerie de masse effroyable. Le lycée de Columbine, pourtant d’apparence si paisible, va être le théâtre de la folie meurtrière de Dylan Klebold et Eric Harris âgés à l’époque de 17 ans. Certains témoignages affirment que l’un des assaillants aurait demandé à une élève si elle croyait en Dieu et après sa réponse, il l’aurait abattue (exactement comme Tate dans la série). Ils sont donc entrés avec des armes tels que des fusils, le visage cagoulé et ont tiré sur les adolescents présents ainsi que certains professeurs. Bilan : 13 morts et presque le double de blessés.


FIN DU SPOIL.


Mais Tate n’est pas le seul personnage de la première saison qui a été créé grâce à une base existante. Parlons désormais du Dahlia Noire ou plutôt Elisabeth Short. Cette histoire est très bien scénarisée dans la série, au détail près. Physiquement, Elisabeth était très semblable à l’actrice de la série. C’était une belle femme avec un teint de porcelaine et des cheveux noir ébène. Le surnom « Dahlia noire » lui viendrait de son habitude à sans cesse agrémenter ses tenues de fleurs dans les cheveux. Des fleurs contrastant avec la couleur de ses cheveux. Elisabeth était une jeune femme qui rêvait d’être actrice, c’est pour cela qu’elle avait déménagé de Boston pour s’installer en Californie. Exactement comme dans la série, son cadavre a été trouvé par une femme et sa petite fille de 3 ans le 15 janvier 1947 sur un terrain vague. Son corps était coupé en deux et un sourire lui avait été gravé sur le visage. Ce meurtre n’a hélas jamais été entièrement résolu. Ce qu’il est intéressant de souligner dans cette histoire c’est la façon qu’ont eu les réalisateurs pour imaginer et inventer l’origine de la mort d’Elisabeth. En concordance presque parfaite avec les faits. Cette histoire colle parfaitement avec la saison et y apporte une petite touche réaliste et poétique.


Située à Los Angeles, notre chère Murder House (baptisée en réalité manoir Rosenheim) a été vendue en 2015 à un couple. En effet, Ernst Von Schwarz et Angela Oakenfold en ont fait l’acquisition pour pas moins de 3,2 millions de dollars. Un rêve pour les fans de la série. Mais hélas vivre dans la Murder House est, comme dans la série, un véritable enfer. Déjà, à cause de son succès, les fans sont tout bonnement fascinés par la demeure. D’après les nouveaux propriétaires, ils tenteraient sans cesse d’entrer par effraction dans la maison. D’ailleurs, certains se seraient même permis de briser des vitres pour y pénétrer. Sans parler des gens qui prennent la maison en photo et des regroupements de fans devant la maison. Vous le comprendrez donc : oubliez l’intimité ! Les propriétaires ont sans cesse l’impression d’être épiés et observés et ce sentiment désagréable se ressent également dans la maison. Comme ils l’ont expliqué dans une interview à CBS, Ernst et Angela auraient été témoins de phénomènes paranormaux dans leur maison. Ils seraient d’ailleurs en procès avec l’ancien propriétaire pour ces raisons. Toujours d’après eux, le succès de la série leur aurait été caché jusqu’à la vente, d’où leur surprise lorsque certains fans tentent d’entrer chez eux par la force. Ils qualifiaient d’ailleurs la maison « d’attraction touristique macabre. ». En plus de cela, personne ne leur aurait précisé que la maison était hantée. Argument en plus, les propriétaires auraient été contraints d’effectuer diverses rénovations afin de rendre le manoir plus habitable. Résultat, il vaut mieux vivre dans une maison basique, que dans une maison ayant servi au tournage d’une série d’horreur. Ce qui reste sûr, c’est qu’à choisir, il serait plus agréable de vivre dans la Murder House qu’a Briarcliff, l’asile psychiatrique de la saison 2.


Saison 2 : Asylum

C’est un fait universel : les asiles psychiatriques sont terriblement angoissants et notre peur à tous est d’y être injustement enfermés. C’est hélas ce qui arrive à nos personnages principaux Kit Walker (Evan Peters) soupçonné d’être un tueur en série et Lana Winters (Sarah Paulson) une journaliste en quête de scoop. Entre des méthodes de correction douteuses (dûes à l’époque à laquelle se déroule la saison, soit 1962), des cas de possessions, des aliens, des nazis et des drames, tout est mis en œuvre pour que le téléspectateur soit complètement tenu en haleine. Cette saison a d’ailleurs été élue (sur de nombreux sites destinés aux fans de la série) la meilleure saison toutes les saisons confondues, probablement grâce à ses nombreuses histoires terrifiantes. De ce fait, nous nous focaliserons seulement sur l’une d’entre elle : celle de Bloody face.


ATTENTION LA SUITE CONTIENT UN SPOILER.


Notre faussement sympathique docteur Oliver Thredson (Zachary Quinto) alias Bloody face, est bel et bien inspiré d’un vrai tueur en série. Nous sommes dans les années cinquante, aux États-Unis, à l’époque où le taux de criminalité était bien plus bas qu’aujourd’hui. Ed Gein ou « le boucher de Plainfield » (connu comme l’un des premiers tueurs en série aussi médiatisé de l’époque) était reconnu comme étant un psychopathe, un nécrophile mais aussi un effroyable pilleur de tombe. Comme notre charmant Bloody face, Ed fabriquait des objets avec des restes humains qu’il dépeçait allègrement sur des cadavres. Comme dans la série, Ed avait, lui aussi, un masque fait de restes humains. Les actes et le psychisme d’Ed correspondent à Bloody face par bien des aspects ; et aussi macabre l’histoire soitelle, les réalisateurs ont une nouvelle fois fait un travail fantastique en incluant ces faits dans la série, la rendant ainsi plus attrayante. Changeons maintenant de registre et attaquons notre prochaine saison, celle qui traite des sorcières de Salem.


Saison 3 : Coven

Les sorcières de Salem dans toute leur splendeur ! Bien inspirées de la réalité avec, par exemple les noms et historiques familiaux des personnages. Les sept merveilles, les chasseurs ou encore les sorcières vaudou. Pour tous les amateurs d’occulte et de magie, cette saison est faite pour vous. Nous ne nous attarderons pas sur les sorcières de Salem (Lien vers l’article de Roxanne : notre collègue a introduit avec perfection le cas des sorcières de Salem.) Dans cette partie de l’article nous nous pencherons plus en détail sur l’histoire de l’abjecte Madame Delphine Lalaurie.


Dans ce passage, nous verrons que notre Madame Lalaurie fictive a beaucoup de similitude avec la vraie Madame Lalaurie. Parlons dans un premier temps de l'authentique. De son vrai nom Marie Delphine Lalaurie, elle naît en 1775 et meurt le 7 décembre 1842 à Paris (où elle avait fuit avec sa famille après la découverte de son immonde passion pour la torture d’esclave.). Sa sombre demeure a été la tombe d’une centaine d’esclaves noirs, car en plus de les torturer, il arrivait qu’elle en tue certains. Elle faisait ensuite disparaître le corps puis en embauchait de nouveaux. C’est d’ailleurs en partie à cause de cette affluence d’esclaves quotidienne que ses amis et voisins ont commencé à s’interroger. D’un point de vue psychologique, les deux Madame Lalaurie sont identiques en tout point ! Elles sont sadiques et aiment voir leurs esclaves souffrir, elles y prennent un plaisir malsain et sont aussi barbares l’une que l’autre. En réalité, leur psychisme et leurs meurtres racistes sont tout ce qu’elles ont en commun. Mis à part ça, et c’est d’ailleurs ce que l’on remarque dans la série, l’immortalité de Madame Lalaurie est une invention, la mort de ses filles aussi et elle n’a bien évidemment pas été enterrée dans un parc.


Sachez que la maison de Madame Lalaurie existe encore mais qu’elle n’a plus aucun rapport avec elle, à l’exception d’une petite chose. Après leur fuite pour Paris, la maison de Madame Lalaurie est restée longtemps inoccupée. Mais malgré cela, tout le quartier français de la Nouvelle-Orléans (dans lequel elle se trouvait) insistait pour dire que la demeure était hantée : et pour cause ! Les voisins entendaient des hurlements, des pleurs et des gémissements venir de la maison. Aujourd’hui, après avoir été vendue plus d’une dizaine de fois, la maison appartient à l’acteur Nicolas Cage et celle-ci le terrifie tellement qu’il n’y vit plus et qu’il interdit les visites.


Saison 4 : Freak show

La saison du cirque des monstres. En résumé, Elsa Mars, une magnifique femme avec un lourd passé, crée un cirque de monstres. Mais à force de voir les même monstres, les gens se lassent et plus personne ne visite le cirque. La seule manière d’attirer du monde : trouver une nouvelle égérie. Fort heureusement pour elle, elle tombe sur des jumelles siamoises nommées Bet et Dot qui partagent un même corps mais deux têtes avec deux cerveaux bien distincts. C’est du pain béni pour Elsa, qui voit en elles, le seul moyen de sauver son cirque. Cette fois-ci, pas de spoiler, il faudra regarder la saison. La particularité de cette saison est qu’énormément de personnages sont inspirés de personnes ayant existé. Nous ferons donc une petite description de chaque personnage avec son équivalent réel.


Comme dit précédemment, chaque personnage est partiellement inspiré d’individus ayant déjà existé. Premièrement, le prénom Jimmy Darling (Evan Peters) ou Lobster Boy (homme homard en français) aurait été inspiré de Grady Stiles Jr. Tout comme Jimmy Darling, Grady possédait des mains semblables à des pinces de homard et exactement comme dans la série, cette maladie (nommée ectrodactylie) était également génétique. Psychologiquement parlant, les deux hommes sont différents dans le sens où Grady était un criminel tristement connu, en partie à cause de ses pinces de homard.


Ethel Darling (Katie Bates) qui se trouve être la mère de Jimmy, mais aussi la légendaire femme à barbe a été inspirée d’Annie Jones (surnommée Dame Esaü). L’histoire d’Annie est elle aussi plutôt triste. À sa naissance, on raconte qu’elle avait déjà quelques poils sur le menton. À la vue de leur enfant, ses parents ont été quelque peu dégoûtés et horrifiés. Mais aussi fermés d’esprit soient-ils, ils étaient malins et à peine un an après la naissance de leur fille, ils s’en sont servis à des fins financières. La particularité de leur fille était reconnue et elle fut exposée dans des musées. Cette célébrité a permis à Annie de vivre de son physique. Durant une trentaine d’années, Annie a enchaîné les musées, les spectacles et les représentations. Elle rend son dernier souffle a 37 ans, le 22 octobre 1902.


Notre dernier exemple sera Meep, ou le petit-homme oiseau de la série. Meep a lui aussi été inspiré d’un artiste. On la surnommait Koo-koo the bird girl. C’était une petite femme qui se prenait pour un oiseau. De son vrai nom Minnie Woosley, on racontait qu’elle était atteinte du syndrome de VirchowSeckel (ou nanise à tête d’oiseau). C’est une nouvelle fois grâce à son physique qu’elle s’est fait connaître. Durant quatre-vingt années de célébrité, Minnie aurait joué dans plusieurs films et enchaîné les représentations. Aujourd’hui, son personnage reste immortalisé dans la série.


Saison 5 : Hotel

Cette saison n’a clairement pas été la favorite des fans mais elle n’en reste pas moins intéressante, bien au contraire. Pour résumer la saison, sans spoiler, disons qu’elle tourne autour d’une sombre affaire de tueur en série plutôt macabre. Une nouvelle fois, nous nous retrouvons au cœur de l’horreur dans un hôtel possédant une sombre réputation. Et croyez-le ou non, mais l’hôtel Cortez est une nouvelle fois une repique similaire à l’hôtel Cecil qui, comme celui de la série, est tristement connu de par sa réputation.


Avis aux fans de notre légendaire Liv Mvz ! Cet hôtel ne vous dit rien ? Réfléchissez. Il ne vous rappelle pas l’affaire Elisa Lam ? Rappelons-le, Elisa Lam était une étudiante d’une vingtaine d’années, originaire du Canada. Pour ceux n’ayant pas visionné la vidéo de Liv à ce sujet, la voici -> https://www.youtube.com/watch?v=i4eU-MJK3BE


Concernant les similitudes flagrantes entre l’hôtel Cortez et l’hôtel Cecil (surnommé L’hôtel maudit ou « Stay on main »), sachez que l’hôtel Cecil (situé lui aussi a Los Angeles) a accueilli en son sein certains tueurs en série tels que Jack Unterweger et Richard Ramirez. Si l’hôtel est dit « maudit » c’est parce que, en plus d’être la dernière demeure d’individus suicidaires, il se trouve qu’il s’y passe des choses plutôt bizarres. Prenez Jack Unterweger qui était un tueur de prostituées. Il aurait passé seize ans de sa vie en prison avant d’être libéré pour bonne conduite. On raconte qu’il serait resté innocent durant vingt ans avant de déraper et de recommencer à assassiner des prostituées. Devinez où Jack a été arrêté ? La réponse est simple : à l’hôtel Cecil ! On raconte aussi que l’hôtel Cecil aurait été, d’après les témoins, le dernier endroit où l’on aurait aperçu notre pauvre Dahlia noire en vie. Drôle de coïncidence n’est-ce pas ?


Nous n’avons désormais aucun doute sur les causes du succès de la série. Les réalisateurs mais aussi les acteurs ont fait et font encore aujourd’hui un travail absolument fantastique autant au niveau de l’inspiration que du jeu d’acteur. D’ailleurs, le fait de reprendre sans cesse les mêmes acteurs et de les faire jouer des personnages différents en tout point permet de montrer le talent et le potentiel des acteurs choisis par la production. Relater de vraies histoires en les accouplant et en inventant certains faits, semble être un véritable talent et ce dont nous sommes sûrs c’est que Murphy et Falchuk sont des maîtres dans l’art de la mise en scène. Ce que l’on retient de cette série c’est son originalité, son style macabre et cet engouement qu’elle a provoqué chez plusieurs générations.


Ju_Lie